Les préparatifs vont bon train

Shanghai, la métropole du pays, se trouve dans l’est de la Chine et l’Exposition universelle s’y tiendra du 1er mai au 31 octobre 2010. À une année de l’ouverture de cette exposition, les préparatifs avancent bien. Plus de 200 pays et organisations internationales ont confirmé leur participation.

100 stations de métro seront construites

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L’horloge du compte à rebours de l’Expo

Les défis viennent de la circulation, de l’hébergement et des capitaux.

Les travaux de rénovation de l’aéroport sont en cours. Lors de l’Exposition universelle 2010, l’aéroport de Shanghai sera en mesure d’accueillir 83 millions de personnes.

Le réseau de rails sera le principal moyen de transport dans la ville. Pendant l’Exposition universelle, 50 % des touristes entreront dans la zone de l’exposition par des lignes de métro. Cinq lignes traverseront le parc de l’exposition et dix stations de métro seront construites à l’intérieur et autour de ce parc. À l’entrée de toutes les stations de métro de la ville, les touristes devront subir un contrôle de sécurité. « Une centaine de stations de métro sont actuellement en construction », affirme M. Zhu. À la fin de 2008, il y avait 234 km de lignes de métro dans la ville, ce qui plaçait Shanghai au 9e rang mondial. Fin 2009, la longueur totale sera de 400 km et Shanghai occupera la 3e place dans le monde, après New York et Londres.

D’après M. Zhu, malgré la diversité des formes d’hébergement (familles d’accueil comprises), la capacité actuelle d’hébergement de Shanghai ne satisfait pas la demande. Les villes voisines, comme Hangzhou et Suzhou, hébergeront une partie des touristes. La ligne ferroviaire interurbaine Shanghai-Hangzhou est en cours de construction, et lorsqu’elle sera terminée, le trajet ne prendra plus que 38 min.

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Fin 2009 à Shanghai, la longueur totale des rails en service sera de 400 km, de sorte que la ville occupera la 3e place dans le monde, après New York et Londres.

Tout le monde se soucie du rassemblement des fonds. Selon M. Zhu, économiser est la ligne directrice du processus d’organisation de l’exposition universelle. Dans le parc, on tirera parti des bâtiments existants. Par exemple, l’ancien bâtiment de l’usine sidérurgique n°3 de Shanghai sera transformé en centre de spectacles, et trois docks de l’ancien chantier de construction navale Jiangnan formeront les tribunes. L’utilisation de vestiges industriels est très populaire, explique M. Zhu.

« La participation à une exposition universelle requiert sans aucun doute une grosse somme d’argent. Tout pavillon nécessite des dizaines de millions de $US. La crise financière touche tous les pays, qu’ils soient développés ou en voie de développement. Au moment où la Chine a obtenu le droit d’organisation, nous avons promis de créer un fonds d’aide de 100 millions de $US. Les pays qui correspondent aux conditions à remplir peuvent obtenir de l’aide. Parmi les pays en développement, 120 en ont déjà bénéficié. Pour les pays développés, nous faisons tout ce que nous pouvons pour que les coûts soient les plus bas possible. Dans l’ensemble, les coûts seront moins élevés à Shanghai qu’ils l’ont été dans les pays développés », poursuit M. Zhu.

En dépit des difficultés économiques actuelles, tous les pays manifestent de l’intérêt pour l’Exposition universelle de Shanghai. Même en pleine crise, l’Islande a confirmé, en décembre dernier, sa présence en signant son accord de participation. « Nous honorons l’engagement que nous avons pris au moment du dépôt de notre candidature, c’est-à-dire d’avoir 200 pays participants à l’exposition », affirme M. Zhu. Au 17 mars 2009, 232 pays et organisations internationales avaient confirmé leur présence.

Le pavillon de la Chine, un style des Tang

D’après les règlements du Bureau international des expositions (BIE) et de la Convention concernant les expositions internationales, les pavillons des pays participants doivent être démantelés après la clôture de l’exposition. Cette exigence a pour but d’éviter la commercialisation excessive et la surexploitation du terrain dans le pays hôte. Les architectures permanentes occuperont 30 % de l’ensemble des constructions de l’Exposition universelle de Shanghai. Les autres seront des constructions temporaires. On va conserver l’axe de l’Exposition universelle, le pavillon de la Chine, le Pavillon thématique, le Centre de l’Exposition universelle et le Centre des spectacles. En imitant en grande partie le style traditionnel chinois, ces constructions permanentes représentent les caractéristiques architecturales locales.

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Le chantier du pavillon de la Chine à l’Expo Le pavillon de la Chine, ressemble à la fois au bonnet des anciens fonctionnaires, à un dou (un ancien récipient à céréales), et au dougong (un élément de l’architecture chinoise). (Maquette)

« Quand la conception du pavillon de la Chine a été présentée, on a dit que le pavillon ressemblait à une construction japonaise. En fait, il incarne le style typique de la dynastie des Tang (618-907). Les architectures japonaises ont repris beaucoup d’éléments des Tang et les perpétuent. En Chine, la diffusion du style des Tang a été interrompue. Nous l’adoptons de nouveau dans la construction du pavillon de la Chine », nous explique M. Zhu. Haut de 63 m, ce pavillon ressemble à la fois au bonnet des anciens fonctionnaires, à un dou (un ancien récipient à céréales) et au dougong (un élément de l’architecture chinoise); il représente ainsi la prospérité du pays et l’abondance.

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L’axe de l’Expo

La conception du Pavillon thématique reprend des éléments de la linong (ruelle) et des fenêtres sur les toits, typiques de Shanghai. Le Centre des spectacles incarne la modernité technique. Toutes les constructions permanentes utilisent des technologies d’énergie solaire. L’axe de l’Exposition universelle, longue de 1 045 m et large de 99 à 110 m, permettra de diriger la circulation des visiteurs. Après l’Exposition, il se peut que cet endroit soit transformé en centre commercial.

L’originalité des pavillons des pays participants

En général, les pavillons des pays participants seront des constructions temporaires divisées en trois types : les pavillons conçus, construits et aménagés par les pays participants eux-mêmes; ceux qui seront construits par le pays hôte et loués aux pays participants; et les pavillons conjoints. Par exemple, en tant que pays hôte, la Chine a construit un pavillon commun pour 45 pays africains. « Il est magnifique et reflète le style africain. Comme les chants et danses d’Afrique sont très connus, nous leur avons réservé une place de spectacles. »

Certains pays participants investissent beaucoup dans la construction de leur pavillon national et ce dernier fait souvent preuve d’une grande originalité. Une vingtaine de pays ont terminé la conception, et les travaux de construction commencent les uns après les autres.

Le Royaume-Uni a envoyé six groupes d’enquête à Shanghai. Ces groupes ont présenté six projets et ont laissé le choix aux habitants de Shang-hai. Le projet que ces derniers ont sélectionné est ensuite retourné au Royaume-Uni où s’est opéré le choix du projet final.

Le pavillon du Luxembourg est très intéressant. Sachant qu’aux yeux des Chinois, il est un petit pays, ce dernier a construit un château. Sur le mur, on peut lire, en chinois, la phrase suivante: « Petit, c’est beau aussi. »

Le pavillon de l’Espagne a la forme de la jupe flottante d’une danseuse de flamenco. Cette jupe est faite d’osier, une matière recyclable qui peut aider à réguler la température.

Les pavillons temporaires allient les technologies de pointe et les matières recyclables. Le mur extérieur du pavillon de la Suisse est fabriqué de fibres de soja qui peuvent produire de l’électricité.

D’après M. Zhu, l’exploitation future de l’emplacement des pavillons temporaires va donner à Shanghai un nouveau centre de loisirs, de culture et de commerce.

La présentation des meilleures pratiques urbaines

L’aménagement de la zone des meilleures pratiques urbaines constitue un point exceptionnel de l’Expo universelle de Shanghai.

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Le pavillon de la Grande-Bretagne à l’Expo universelle de Shanghai (Maquette) Le pavillon du Luxembourg est un château présentant quatre caractères chinois gravés : Petit, c’est beau aussi. (Maquette)

Selon la coutume des expositions universelles, les principaux participants doivent être les pays ou les organisations internationales, et les villes n’en faisaient pas partie. Cependant, comme le thème de cette édition porte justement sur la ville, on a aménagé une zone de 15 ha réservée aux meilleures pratiques urbaines. Selon Zhu Yonglei, ce ne sont pas à strictement parler les villes elles-mêmes qui seront présentées, mais plutôt leurs meilleures pratiques.

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Benedetta Tagliabue, l’architecte du pavillon de l’Espagne, présente sa maquette.

Pour l’instant, parmi les 108 exemples proposés par 80 villes, 15 exemples d’édifices et une quarantaine d’exemples de pavillons ont été présentés. Tous font preuve d’une bonne façon de faire en gestion urbaine. On peut les répartir en quatre domaines : villes habitables, urbanisation durable, protection et utilisation du patrimoine historique, ainsi qu’innovation technologique dans un environnement aménagé.

Le projet de restauration et d’exploitation de l’édifice Decheng’an de Macao (Chine) a été sélectionné comme exemple de la meilleure pratique de construction d’une zone urbaine. En 2004, cet emplacement a obtenu le Prix de l’Unesco pour la conservation du patrimoine culturel dans la région Asie-Pacifique. Construit en 1917, cet édifice a été, à un moment donné, le plus grand mont-de-piété de Macao. Il était inoccupé dans les années 1990. En 2001, le gouvernement de la région administrative spéciale de Macao a investi 1,4 million de patacas macanais pour sa restauration et son entretien, avant de confier son exploitation à une personne de l’endroit. Après sa restauration, Decheng’an a été ouvert au public comme salle d’exposition du mont-de-piété et maison de la culture. En plus de la conservation des architectures et de la culture d’un mont-de-piété traditionnel, il a également satisfait aux besoins des bénéficiaires concernés.

Un témoignage du concept sous-jacent à l’Expo

Le parc de l’Expo universelle 2010 de Shang-hai se compose d’une zone clôturée (où l’accès est réservé aux détenteurs d’un billet) et de terrains destinés à diverses installations à l’extérieur de cette première zone. Couvrant une superficie de 5,28 km2, l’ensemble du parc se répartit sur les deux rives de la rivière Huangpu. Pour sa construction, il a fallu déménager 18 000 foyers, dont la plupart relevaient de l’ancien chantier de construction navale Jiangnan (ancêtre du Jiangnan Shipyard (Group) Co., Ltd) et de l’ancienne usine sidérurgique no 3 de Shanghai (ancêtre de la SARL sidérurgique de Pudong de Shanghai relevant du groupe sidérurgique de Baoshan). « On peut dire que ces habitants sont les premiers à avoir vécu de façon très concrète la signification du slogan de l’Expo universelle de Shanghai : “Meilleure ville, meilleure vie”», souligne M. Zhu.

L’ancien chantier de construction navale Jiangnan, dont l’ancêtre avait été fondé en 1865, est surnommé le « berceau de l’industrie moderne chinoise ». Ses 440 000 m2 de surface bâtie représentaient 47 % de la zone ouest de Puxi du parc de l’Expo. Quant à l’ancienne usine sidérurgique no 3 de Shanghai, elle était à l’origine la première en son genre en Chine. Sa fondation remontait à 1913, et elle s’étendait sur une superficie de 2,1 millions de mètres carrés. À propos du déplacement de ces deux entreprises, M. Zhu explique : « Au moment de leur création, ces usines se trouvaient en banlieue. À la suite du développement de la ville, elles faisaient désormais partie de ses zones centrales et les usines influençaient l’environnement de ces zones. Le déplacement des usines leur a fourni une nouvelle occasion de développement. »

On a gardé certains édifices historiques de l’ancien chantier de construction navale Jiangnan qui a été déplacé sur l’île Changxing, sise à l’embouchure du Yangtsé. L’envergure de l’emplacement du chantier naval a quintuplé, et en Chine, ce chantier a désormais les installations les plus avancées et le niveau de modernisation le plus élevé. Il est aussi le plus grand chantier naval de Chine. Pour sa part, l’ancienne usine sidérurgique no 3 de Shanghai se trouve aujourd’hui à Luojing. Avec l’introduction de la technique sidérurgique la plus avancée dans le monde, elle ne pollue désormais que très peu.

Manquant pour la plupart d’installations sanitaires, un grand nombre d’anciennes maisons qui abritaient les habitants déplacés avaient été bâties dans les années 1930. Après avoir touché une compensation monétaire, ces habitants ont pu acheter un logement, soit dans les deux shibo jiayuan (berceau de l’Expo universelle) construits spécialement à leur intention, ou ailleurs, s’ils le préféraient. La grande majorité d’entre eux ont choisi la première option, le prix étant inférieur d’environ 1 000 yuans par rapport aux autres logements situés dans le même quartier. « Pour la plupart d’entre eux, l’Expo universelle de Shanghai a permis de profiter d’une bonne occasion pour améliorer leurs conditions d’habitation », affirme M. Zhu.

Malgré cela, il y a eu de 20 à 30 foyers qui se sont montrés insatisfaits du déménagement. Certains d’entre eux appartenaient à une grande famille et ils espéraient que chaque petite famille puisse disposer d’une demeure indépendante. Vu la superficie limitée de leur ancien logement, le gouvernement local a éprouvé des difficultés à trancher cette question. D’autres cas concernaient des résidants ayant logé autrefois dans les dortoirs collectifs de l’ancienne usine sidérurgique no 3 de Shanghai. Ils habitent maintenant dans des dortoirs de même grandeur. Pour leur part, ils espèrent bénéficier du droit de propriété de leur nouveau dortoir. À ce titre, M. Zhu explique avec regret : « Dans le cadre juridique actuel, on n’arrive pas à résoudre ce problème. »