China2 Suite....


                 Les confins de la Chine
 
 
La Mandchourie 
 
La Mandchourie première région industrielle, est depuis le déclin du tourisme politique, la dernière région touristique de Chine.
Trois provinces, Liaoning, Jilin et Heilongjiang, la composent qui furent à la Chine ce que le Far West fut aux Etats-Unis : terres de colonisation récente, elles sont aussi riches en matières premières que pauvres en monuments anciens.

Lorsque les Mandchous envahirent la Chine au XVIIème siècle pour fonder la dynastie Qing, ils découragèrent les colons chinois de venir s'installer sur leurs terres qui restèrent longtemps une vaste steppe en friche, où les empereurs Qing venaient pratiquer leur sport favori : la chasse. Au cours du xiX siècle, la Chine surpeuplée commença à déverser ses flots de colons dans toute l'Asie du Sud-Est, pour la région de Canton, et en Mandchourie pour les provinces du Nord. Mais ce sont les Russes qui, les premiers, au début de ce siècle, s'intéressèrent à l'industrialisation du nord-est de la Chine. Attirés par ses richesses naturelles, les japonais entrèrent en conflit avec eux dès 1905 et finirent par bouter les Russes hors de Chine pour ériger en 1933 le Mandchoukouo, un Etat nominalement indépendant mais dirigé en fait par les japonais, qui installèrent à sa tête Puyi, le dernier empereur Qing réfugié à Changchun.
En 1945, les Russes prirent leur revanche et chassèrent les japonais de Mandchourie. On peut encore voir à l'heure actuelle des monuments érigés à la gloire des héros soviétiques morts à cette époque, dans les trois capitales provinciales de Harbin, Changchun et Shenyang. Ces monuments célèbrent « l'amitié impérissable entre les peuples chinois et soviétique ». Ce n'est qu'en 1960 que toute présence russe disparaîtra totalement de la Mandchourie.
Ces colonisations successives ont donné aux villes du nord-est de la Chine un aspect occidental qu'on ne retrouve qu'à Shanghai. Les larges avenues sont bordées de grands bâtiments dont le charme désuet rappelle une banque londonienne ou le casino de Deauville. Les façades semblent malheureusement n'avoir pas été ravalées depuis 1949. La campagne aussi a un petit air occidental : on y cultive surtout du blé, dans des champs immenses qui s'étendent à perte de vue dans un paysage monotone. La densité de la population étant l'une des plus faibles du pays, les petits villages sont rares. Les maisonnettes en terre battue sont recouvertes d'un toit long en forme de tuile, qu'on ne retrouve pas ailleurs. On peut se faire une idée des capacités de production de la région du Nord Est en visitant l'exposition des réalisations industrielles du Liaoning, exposition permanente située dans un bâtiment de 33 000 m2 à Shenyang. Les hauts lieux de l'industrie lourde en Mandchourie sont Daqing, pour ses puits pétrolifères et Anshan, pour ses mines de charbon.

  Le Liaoning   
                       
liaoning
 
Province méridionale de la Mandchourie, berceau des Mandchous. La partie centrale de la province est occupée par la plaine dela Songliao. 60 % de la surface de la province est occupée par des montagnes. De vastes forêts en font l'une des rares provinces chinoises productrices de bois et de papier.
La capitale provinciale, Shenyang, connut la naissance de la dynastie des Qing, qui commença avec Huangtaiji, fils de Nurhachi, chef d'une tribu mandchoue. Aujourd'hui, sur une population de plus de 4 millions de Mandchous, plus de la moitié vivent à Shenyang.
La province est riche en ressources minérales de toutes sortes : d'importants dépôts de métaux ferreux et non ferreux ont facilité le développement de ce qu'on appelle la « Ruhr chinoise ». Les transports étant relativement bien développés au Liaoning, Shenyang sert de plaque tournante entre le nord de la Chine et les autres régions du pays. Les principales minorités qui vivent au Liaoning sont les Mandchous, les Xibo, les Hui, les Coréens et les Mongols, les Han étant évidemment en majorité. La population globale de la province est de 40 millions d'habitants. 
 
Shenyang   shenyang
 
Shenyang, capitale de la province du Liaoning, est la plus grande ville de Mandchourie. Située à 840 km au nord-est de Pékin, c'est un noeud ferroviaire important, carrefour entre Pékin et la Corée, la péninsule du Liaoning, la Mandchourie et la Sibérie orientale.
Shenyang, grand centre industriel producteur de locomotives, machines-outils, etc., possède également un arsenal : la ville est le siège d'une des plus importantes régions militaires du pays. Shenyang occupe en effet une situation stratégique : la section la plus sensible de la frontière sino-soviétique.
Shenyang est la seule grande ville de Mandchourie à s'enorgueillir de quelques sites historiques. C'est en effet le berceau de la dynastie mandchoue des Qing qui y établit sa première capitale en 1625. Une fois la capitale transférée à Pékin en 1644, Shenyang fut rebaptisée Feng dan, soit Moukden en mandchou.
Moukden tomba entre les mains des Japonais en 1931, fut reprise par les Russes en 1945 avant de passer sous la domination du Guomindang et, en novembre 1948, sous celle du PCC. Shenyang, qui a retrouvé son nom chinois, a aujourd'hui 4,5 millions d'habitants, dont 2,8 millions pour la ville proprement dite.
L'histoire de Shenyang est indissolublement liée à celle d'un peuple très particulier, les Mandchous, qui, après avoir dominé la Chine pendant 300 ans, s'est si bien identifié aux Chinois qu'il a pratiquement disparu. Avant d'envahir la Chine, les Mandchous avaient successivement choisi Xinbin, Liaoyang et Shenyang pour en faire leur capitale. A Xinbin, Nurhachi, le premier grand roi de ce qui était alors connu comme la tribu Jürchen, mit au point en 1615 le système des qi ou bannières, qui allait devenir la clé de voûte de l'armée puis de la noblesse Qing. Les Mandchous étaient divisés en huit bannières. Les bannières « entières » étaient, par ordre hiérarchique, la jaune, la blanche, la rouge et la bleue. Les bannières « bordées » étaient la jaune, la blanche et la rouge bordées de bleu, puis la bleue bordée de blanc. La bannière jaune regroupait les nobles les plus importants et, plus tard, la famille impériale. Au début, les troupes des huit bannières appartenaient aux ethnies mandchoue et mongole. Le nombre de Mongols augmentant, Huangtaiji, fils de Nurhachi, créa les huit bannières mongoles, puis en 1642, il ajouta les huit bannières dans son armée. Tous ceux qui appartenaient à ces corps constitués qu'étaient les bannières s'appelaient les Qiren, « hommes des bannières ». Sous la dynastie des Qing, les Qiren formèrent une classe privilégiée qui n'était astreinte à aucun travail. Si Nurhachi s'était donné tant de peine pour constituer une armée puissante et bien organisée c'était, dit-on, parce qu'il voulait venger la mémoire de son père et de son grand-père assassinés par les dirigeants de la dynastie des Ming. Il se donna le titre de Khan en 1622 et fonda le royaume des Jin postérieurs, avec pour capitale Dongjing (actuelle Liaoyang). En 1625, Nurhachi fut blessé en luttant contre le général Yuan Chonghuan des Ming. Il mourut en août de la même année. Son fils Huangtaiji prit sa succession et, en 1632, après avoir capturé les villes de Fushun et Shenyang, il déplaça sa capitale à Shenyang. Huangtaiji prit sept ans pour construire Shenjing (actuelle
Shenyang) et en faire une véritable place forte. C'est de Shenyang qu'il partit pour franchir la Grande Muraille et conquérir la Chine en 1644. Depuis quelques années, les Mandchous revendiquent à nouveau leur identité. A la chute de l'empire des Qing, en 1911, de violents sentiments anti-mandchous chez les Han poussèrent les Mandchous à cacher leurs origines et à se fondre dans la masse en adoptant des noms han. Le clan des Aisin Gioro, de la famille impériale, a adopté le nom de « Jin », le clan des Gaerjia celui de « Guan ». Les sentiments nationalistes, qui se sont à nouveau exprimés pendant la Révolution culturelle, n'ont pas contribué à faire sortir les Mandchous de leur anonymat. Ce n'est que depuis le début des années 80 que des efforts ont été entrepris in extremis pour sauver la langue, l'écriture et les coutumes des Mandchous, dont le nom signifie littéralement « les perles ».
 
Le Palais Impérial  shenyang_palais_imperial

 
shenyang_palaisIl fut, de 1625 à 1643, la résidence des empereurs Qing avant que ceux-ci ne conquièrent la Chine entière. Construit entre 1625 et 1637, le palais comporte trois ensembles de bâtiments qui rappellent, en plus petit, le Palais impérial de Pékin.
On entre par la porte de l'Est qui donne sur une allée, bordée par les pavillons des dix rois, menant jusqu'à la salle du trône. Ces pavillons abritent une belle collection d'armes des XVIIème et XVIIIème Dans les bâtiments centraux, on visite tout d'abord deux pavillons, rajoutés au XVIIIème siècle, où l'on peut voir exposés de magnifiques instruments traditionnels chinois, comme le sheng (orgue à bouche) ou le gin (cithare à sept cordes), du XVIIIème siècle.
La tour centrale servait de lieu de réception à l'empereur. Derrière elle se trouve la cour du centre : à gauche, les chambres des concubines où sont maintenant exposés des objets précieux en jade et en ivoire ; et à droite, la salle de lecture du fils de l'empereur, où est périodiquement exposée une collection de peintures qui présente d'admirables spécimens des plus grands peintres Ming et Qing. Au centre de la cour se trouve la salle des ancêtres. C'est là que les empereurs Qing se livraient à des sacrifices rituels inspirés du chamanisme pratiqué par les Mandchous. L'objet du sacrifice était un porc dans les oreilles duquel on versait du vin bouillant qui devait le tuer. Les cris que poussait alors le pauvre animal étaient censés attirer l'attention des ancêtres déifiés. On le dépeçait ensuite pour le faire cuire dans le vin avant de l'offrir devant l'autel des ancêtres. Dans le palais de l'Ouest se trouvent la salle de lecture et la chambre à coucher de l'empereur, joliment décorée de peintures exécutées par des ministres de la dynastie Qing.
 
Jinzhou   
 
Jinzhou est connue dans l'histoire de Chine comme un terrain de bataille où de nombreuses armées se sont affrontées. De Jinzhou, on peut rayonner et visiter le district de Yixian, où se trouvent le monastère Fengguo et sept statues gigantesques de Bouddha, qui remontent à la dynastie des Tang. On y visitera aussi les grottes Wanfotang,
qui datent de la dynastie des Wei du Nord (499) et sont les plus anciennes que l'on puisse trouver si loin au nord de la Chine. On visitera ensuite le village de Beizhen, son temple et le mont Lüshan. Yixian et Beizhen se trouvent au Nord de Jinzhou et chaque excursion prend une journée entière. Au sud de Jinzhou, il faut voir la cité de Xingcheng qui fut édifiée sous les Ming. Cette cité est assez bien préservée. Xingcheng se trouve sur la mer de Bohai et offre de nombreuses curiosités
naturelles notamment un pont recouvert par la mer à marée haute et trois énormes rochers au sommet desquels ont été construits des pavillons. Des cars sont prévus pour toutes ces excursions.

Le Jilin   
 
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La province du Jilin se trouve directement au nord du Liaoning. 24 millions d'habitants. Le Jilin possède la plus longue fraction de la frontière sino-coréenne et de nombreuses minorités nationales coréennes y habitent.
 
Changchun   changchunchangchun01

 
changchunCapitale de la province du Jilin, elle a une population de 2,1 millions d'habitants. Son nom que l'on traduit par « éternel printemps » est justifié - tant qu'il ne neige pas ! - et s'explique par les superbes arbres qui bordent les avenues de la ville et la font ressembler à une vaste forêt.
Choisie en 1932 par les Japonais pour être la capitale du Mandchoukouo, l'agencement des rues et des immenses bâtiments administratifs témoigne de l'importance qu'elle connut à l'époque.
 
La réserve des monts Changbai  changbai_montagnes
 
changbaiLa chaîne des monts Changbai « éternellement blancs », se trouve à l'est de la province de Jilin et s'étend jusqu'en Corée du Nord. C'est sur ses flancs que se trouve la plus grande réserve naturelle (215 000 ha) de Chine. Le paysage le plus apprécié de la réserve est aux alentours du lac Tianchi. Ce lac apparaît à 2 194 m d'altitude et fait plus de 13 km de diamètre. Il occupe le fond d'un cratère volcanique de la chaîne des Changbaishan. Ces monts - Paek Tu San, en coréen - ont une importance mythique pour le peuple coréen qui les considère comme protecteurs du nord de la péninsule coréenne. 

Le Heilongjiang   
 
                heilongjiang
 
Le Heilongjiang se trouve tout au nord de l'ensemble des trois provinces qui composent la Mandchourie. C'est la plus vaste des trois, avec une surface de 469 000 km2 pour 35 millions d'habitants ; c'est donc une province à faible densité humaine. Sa longue frontière avec la Communauté des Etats indépendants (CEI) en a fait longtemps une province stratégique, fermée aux touristes étrangers.
La détente dans les relations sinorusses a permis la réouverture de certaines régions du Grand Nord chinois et on peut en profiter pour découvrir quelques beaux paysages de montagne et des lacs isolés.
La province est relativement bien équipée en voies ferrées mais le touriste ne doit pas s'y méprendre : circuler est aussi difficile qu'ailleurs en raison des nombreux changements de train nécessaires pour la traverser transversalement. Il faut aussi constater que les principales villes du Heilongjiang se distinguent par leur laideur et leur saleté. Les campagnes de propreté pour lutter contre les crachats n'y ont pas, jusqu'à présent, donné de résultats visibles !
 
Harbin  harbinharbin

L'église Saint Sophie  harbin_sainte_sophie


 
Capitale du Heilongjiang, Harbin est une belle ville de près de 3 millions d'habitants. Comme les autres capitales du Nord-Est, sa conception a été très influencée par l'Occident et on ne s'y sent pas dépaysé. Les Chinois l'ont surnommée la « ville allemande ». En fait, elle évoque plutôt la Russie avec ses coupoles d'églises orthodoxes en forme de bulbes. Certaines de ces églises continuent à être fréquentées par des Chinois d'origine russe, parés de leurs vêtements traditionnels.
Harbin n'a commencé à se développer qu'à la fin du XIXème siècle, autour d'un carrefour ferroviaire construit par les Russes, et est longtemps restée une ville marquée par la présence russe. Au début du siècle, 100 000 résidents, en majorité des Russes blancs, s'y étaient établis avec leurs familles, installant leurs écoles, églises, clubs de poètes, de musiciens, etc. Ce qui était alors la plus grande ville russe en dehors de l'Union soviétique comptait vingtdeux églises orthodoxes et plusieurs synagogues. La plupart des Russes sont partis entre 1945 et 1960. Pendant la Révolution culturelle, la plus belle église orthodoxe de la ville, la cathédrale Nicolaevski, fut détruite, peintures et icônes firent brûlées et pillées par les gardes rouges. Aujourd'hui, il ne reste à Harbin que quarante résidents russes, éparpillés dans la ville. 
 
Wudalianchi     wudalianchi

 
Wudalianchi se trouve à 415 km au nord de Harbin ; son nom signifie « cinq lacs réunis ». C'est un endroit apprécié des Chinois pour la beauté des paysages et la qualité des eaux minérales, réputées guérir de nombreuses maladies gastriques, dermatologiques, cardiaques ou neurologiques. Ce gros bourg rural assez étendu est au centre d'une plaine parsemée de quatorze cônes volcaniques dont certains étaient encore en activité au XVIIIème siècle. Les coulées de lave qui s'en sont échappées ont obstrué en plusieurs endroits la rivière Baihe entraînant ainsi la formation des cinq lacs. Dans les environs, on effectue l'ascension du volcan Heilongshan ; il faut une bonne demi-heure pour atteindre le bord le plus élevé du cratère. Puis, en route vers un autre volcan, le Huashaoshan, on traverse d'importants champs de lave et on visite une grotte où la température est si basse que des sculptures et des palais de glace s'y conservent même l'été. La vocation thermale de Wudalianchi est donnée à voir par ses tronçons de route cimentée et bordée de fleurs, ses nombreux établissements de cure et ses deux sources. La source du nord est signalée par une porte monumentale et possède un pavillon dédié à la bonne santé. Le goût de l'eau minérale gazeuse tant recherchée des curistes n'est pas particulièrement agréable. Il évoque celui d'une eau ayant longtemps séjournée dans une tuyauterie entartrée !
PouOn est là dans la Mandchourie profonde. Nombreuses sont les maisons de pisé au toit de chaume. Les jardins familiaux sont clos par des palissades de rondins de bois ou des murets de pierres volcaniques. Le blé est cultivé en larges bandes dans la plaine environnante. Les poules, canards, cochons se promènent à leur aise le long des chemins. Ici, les gens ont la peau plus foncée ; ici, on est loin de Harbin et davantage encore de Pékin. La présence d'une mosquée et de quelques restaurants musulmans témoignent aussi de l'existence d'une petite communauté hui.
Le quartier le plus rural du bourg se trouve au pied de la montagne Yaoquanshan, à quinze minutes de l'hôtel. En sortant, il faut prendre à droite, puis au rond-point à droite et, au bout, continuer à droite vers la colline. Au sommet de cette colline apparaît un petit pavillon que l'on atteint par un escalier assez raide. Non loin de là, dans une clairière en contrebas à gauche, une vulgaire maison moderne tout en longueur fait office de temple. Elle se compose d'une salle à manger, de trois cellules et d'une pièce où sont exposées, sur un autel, trois statues dont celle d'Amitâbha. Lors de votre passage, les trois vieux prêtres qui méditent ici ne manqueront pas de vous inviter à partager leur repas frugal en échange d'une petite obole déposée dans une urne au pied de l'autel. 
 
 
La Mongolie Intérieure

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Par sa superficie, 1 118 000 km², la Mongolie est la troisième province de Chine après le Xinjiang et le Tibet. La région autonome de Mongolie intérieure est encore très mal connue des touristes occidentaux. Son climat continental aux hivers excessivement longs et rigoureux en interdit pratiquement l'accès plus de six mois de l'année. Patrie des Huns qui envahirent l'Europe et des redoutables cavaliers Xiongnu qui harcelèrent la Chine pendant des siècles, la Mongolie intérieure reste une région sauvage aux vastes étendues désertiques traversées de loin en loin par un troupeau de chevaux ou de chameaux.
Les Mongols proprement dits apparaissent à la fin du XIIème siècle avec Gengis Khan. Avant cette date, l'immensité des steppes de l'Ordos était occupée par des tribus turques et protomongoles. Au début du XIIème siècle, le redoutable Gengis Khan fit entrer les Mongols dans l'histoire en anéantissant successivement les Tatar, les Taicut, les Naiman et les Merkit, autant de tribus qui se disputaient le pouvoir dans la région. Il fonde en 1206 le premier Etat mongol. De là, Gengis Khan part « à la conquête du monde ». En 1209, Gengis Khan soumet le royaume des Turcs ouïghour à l'ouest, en 1212, les Kitan à l'est puis, au nord, les peuplades de Sibérie. C'est à partir de 1211 que Gengis Khan s'attaque à la Chine et parvient à Pékin (qui s'appelait alors Daxing). Avec son appétit effréné de conquêtes, Gengis Khan réussit, avant sa mort en 1227, à jeter les bases d'un empire colossal, à répandre la culture mongole et à l'enrichir des cultures des pays sédentaires qu'il soumettait. Cet empire s'étendait des rives du Pacifique à celles de la mer Caspienne ! Mais les quatre fils de Gengis Khan ne surent préserver ce bloc unifié et se partagèrent l'empire, dont ils continuèrent cependant à élargir les frontières, chacun pour soi.
En Chine, c'est le petit-fils de Gengis Khan, Kubilai, qui fonda la dynastie des Yuan en 1279. Il régna pendant trente-cinq ans et acheva la conquête du royaume des Song (qui s'étaient réfugiés au sud de la Chine) en 1277.
Pour la première fois, la Chine était entièrement sous domination étrangère. Les lettrés chinois voyaient cela d'un très mauvais oeil et les empereurs Yuan furent obligés de faire appel à des conseillers venus de Perse, du Tibet ou d'ailleurs. Peu à peu, la population se rebella et les Ming expulsèrent les Yuan en 1368.
Le règne des Mongols fut caractérisé par une ouverture exceptionnelle sur le monde : des étrangers (dont Marco Polo) vinrent en grand nombre en Chine et c'est de cette époque que datent les premières descriptions occidentales des Mongols et des Chinois. Du XIVème à la fin du XVIème siècle, les Mongols, renvoyés dans les steppes, tentent de retrouver une cohésion de leur nation divisée. Pendant cette période, les khans se tournent vers le lamaïsme tibétain de la secte Jaune pour appuyer leur pouvoir temporel. C'est ainsi que les khans et les religieux tibétains font cause commune et que le titre mongol de dalaï-lama est pour la première fois décerné vers 1580 au troisième successeur de Tsongkhapa, titre par lequel le chef de la secte jaune sera désormais connu. Les Han avaient réussi à chasser les Mongols de Chine mais ils ne les avaient pas soumis. Ce sont les Mandchous qui, partis des forêts orientales, fondèrent la dynastie des Qing en 1644 et soumirent la Mongolie. Ils surent se faire des Mongols des alliés puissants qui devaient intervenir pour faire régner l'ordre parmi les Han. Favorisant la religion lamaïste des Mongols car elle était alors la religion de la Cour, ils firent construire d'immenses lamaseries
dans la steppe mongole. Pendant la Révolution culturelle, nombreux sont les monastères qui furent détruits ou pillés et il ne faut pas espérer en voir grandchose à l'heure actuelle.
En 1911, la république fut proclamée en Chine et les tribus méridionales de Mongolie restèrent attachées à l'Etat chinois et formèrent la Mongolie intérieure alors que les tribus du Nord s'en détachèrent pour fonder plus tard la république populaire de Mongolie dont l'Union soviétique garantira « l'indépendance ». En 1935, les Japonais, qui avaient déjà envahi la Mandchourie, tentaient de s'imposer en Mongolie. Ils n'y parvinrent qu'à moitié et les Mongols sinisés se rallièrent en 1947 aux communistes sous la direction d'Ulanfu, qui reste aujourd' hui, bien qu'à la retraite, le plus haut dirigeant chinois d'origine non han. Dès lors la Mongolie intérieure devient une région autonome mais les immigrants chinois - ouvriers, agriculteurs, ou prisonniers condamnés à la rééducation par le travail - transforment progressivement la région en une province chinoise où les Mongols ne représentent plus que 10 % de la population.
La Mongolie intérieure est occupée en grande partie par un haut plateau d'une altitude moyenne de 1 000 m. Elle est séparée de la plaine de Mandchourie à l'est par les monts Daxingan et sa partie ouest constitue le plateau des Ordos, bordé au nord par la bouche du fleuve Jaune. C'est une région peu fertile, semi-désertique. La Mongolie est traversée d'est en ouest par le désert de Gobi. Gobi signifie en mongol « graviers et cailloux » mais le désert est également très sablonneux par endroits et, par suite des déforestations perpétrées depuis des siècles, le sable n'a cessé de gagner du terrain. Le désert de Gobi est en fait composé de trois déserts distincts : Ulan Bush, Tengger et Badain Jaran. A l'extrême ouest, au Xinjiang, le désert de Gobi rejoint celui du Taldamakan. De gros efforts sont faits dans le désert de Tengger pour lutter contre l'ensablement. On aperçoit du train un immense damier de paille fixé au sol pour retenir le sable et la végétation.

 
Huhehot   
 
Huhehot (Huhehaote, en transcription chinoise) est la capitale administrative et politique de la région autonome de Mongolie intérieure. La ville proprement dite comprend 890 000 habitants ; la municipalité, 1,4 million. Son nom signifie «ville verte » en mongol, mais elle est maintenant devenue une ville industrielle dont l'activité principale est l'industrie de la laine.
 
La pagode Wutazhao  huhehot_wutashaohuhehot_wutashao
 
C'est le monument le mieux conservé de Huhehot. Il se trouve au sud de la ville et on y accède par le bus ri 1. La pagode, appelée aussi Wutasi, a été construite en 1738. Elle je compose d'une base en briques blanches surmontée d'un socle de 11,30 m sur 10 m orné de sculptures Qing représentant les animaux et les objets symboliques du bouddhisme. Sur ce socle ont été érigées cinq petites pagodes. Celle du centre est haute de 6 m, décorée de tuiles vernissées de couleur, et de niches abritant des statues de Bouddha. On remarquera, derrière la pagode, deux pierres gravées du xvIie siècle. La première représente les cycles de la vie humaine et la seconde une carte du ciel.
 
Le temple Dazhao  huhehot_dazhao
 
C'est le plus grand temple lamaiste de la ville. Sa construction commença en 1579 selon une architecture de style chinois. Au XVIIème siècle, le toit d'origine du temple principal fut remplacé par un toit de tuiles jaunes.
 
Le temple Xilituzhao   Xilituzhao_Temple
 
Situé non loin du temple Dazhao, sa construction remonte à la même époque, 1585. C'est dans ce temple que réside le grand lama, responsable religieux de la ville.
 
Le temple Usutzhao   huhehot_xilituzhao
 
Dans une tout autre direction, à 12 km au nord-ouest de Huhehot, à proximité du village d'Usut, on visite le temple Usutzhao. Il se compose de cinq grands bâtiments centraux dont la construction s'étala sous les dynasties Ming et Qing. Ce temple a la particularité d'être le seul de la région à avoir été construit par un architecte mongol. L'ensemble religieux allie subtilement les styles mongol, chinois et tibétain.
 
La lamaserie Meidai   
 
Il y a 400 ans, la lamaserie fut construite sur le flanc sud des montagnes Daqing. Ce complexe religieux a une superficie de 4 ha.Le nom de cette lamaserie est une déformation de Maidali, le nom d'un lama, réincarnation du Bouddha, qui vient y prêcher en 1606. 
 
La mausolée de Gengis Khan   tombe_gengis_khantombe_gengis_khan01tombe_gengis_khan

 
A 50 km au sud-ouest de Baotou, dans la bannière Ejin Horo (préfecture Ih Ju meng). Il se compose de trois bâtiments reliés entre eux, chacun construit dans le style mongol. Dans le bâtiment central, se dresse la statue de Gengis Khan et sur l'autel sont déposées son épée et sa selle. Les bannières et les cornes de ses neuf généraux sont exposées dans le bâtiment de l'ouest. Des affaires personnelles de son quatrième fils et de l'épouse de ce dernier sont déposées dans celui de l'est. Des services à la mémoire de Gengis Khan ont lieu quatre fois par an dans le mausolée. Le plus solennel se déroule le 17ème jour de la 3ème lune.
 
 
Le Gansu 
 
Province du nord-ouest de la Chine bordée à l'ouest par le Xinjiang et le Qinghai, au sud par le Sichuan, à l'est par le Shaanxi et le Ningxia, au nord par la République de Mongolie.
Superficie : 530 000 km².
Population : 23 millions d'habitants.
Capitale : Lanzhou.
Ressources : pétrole, nickel.

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Le Gansu s'étend en forme de croissant sur 1 600 km d'est en ouest. La route de la soie qui reliait la Chine à l'Inde et au reste du monde traversait cet étroit corridor dont le contrôle a toujours été d'un intérêt primordial pour les Chinois. La Grande Muraille qui part de Shanhaiguan dans le Hebei se termine dans le Gansu à la passe de Jiayuguan où l'on peut encore voir un important dispositif militaire construit sous les Ming. La Grande Muraille marquait les limites de l'Empire, frontière entre le monde civilisé et le monde « barbare ». C'est par le Gansu que s'est opérée la pénétration du bouddhisme ; de nombreuses grottes témoignent de cet âge d'or des échanges avec l'Occident qui connut son apogée sous les Tang. Au XIIIème siècle, le célèbre marchand italien Marco Polo emprunta cette route pour pénétrer en Chine. La découverte des grottes de Dunhuang au début du siècle par deux explorateurs, le Français Pelliot et l'Anglais Stein, révolutionna le monde de la sinologie. Des peintures murales et des manuscrits d'une valeur inestimable furent à l'époque achetés à un moine qui les vendit à vil prix. D'autres grottes nous font découvrir la splendeur de cet art bouddhique : les grottes de Binglingsi dans le district de Yongjing près de Lanzhou, les grottes de Matisi à l'ouest dans les monts Qilian, les grottes de Tianshui à l'est. Des découvertes archéologiques récentes faites dans cette région ne cessent d'enrichir le patrimoine historique de cette vieille civilisation du fleuve Jaune. Le musée de Wuwei, à 270 km à l'ouest de Lanzhou, et le musée de Lanzhou figurent parmi les plus beaux musées de Chine et possèdent des pièces uniques. Cette région, au passé si prestigieux, est tombée dans l'oubli et est aujourd'hui l'une des provinces les plus pauvres de Chine. Elle compte 23 millions d'habitants dont 7,6 % de Hui, Ouïghour, Dongxiang. Le Gansu, au climat aride, est menacé depuis des siècles par l'érosion. Le désert ne cesse d'avancer et occupe actuellement un quart de la province. Tout au long de l'histoire, ,es dunes mouvantes ont enseveli villes et villages. Les tentatives de détournement des cours des rivières meurtrières sont restées sans succès. Depuis 1949, des travaux ont été réalisés pour exploiter les ressources hydrauliques abondantes comme en témoigne le barrage de Liujiaxia, qui est jusqu'à présent le plus puissant barrage du fleuve jaune. Lautre richesse du Gansu réside dans son sous-sol. Le plus grand centre d'exploitation du nickel se trouve dans la ville nouvelle de Jinchang construite en 1981 dans le corridor de Hexi : les réserves de nickel y sont les secondes du monde en importance. Les premiers champs pétroliferes chinois furent découverts dans le Gansu, à Yumen. Le sous-sol renferme également d'abondantes réserves non exploitées de métaux non ferreux.
 
Lanzhou lanzhoulanzhou
 
Capitale du Gansu. Sur les rives du fleuve jaune, à 1 500 m d'altitude.
Lanzhou, capitale du Gansu, était sous l'Empire une importante garnison sur la route de la soie. Sous les Han, elle fut connue sous le nom de "ville d'or".
De 200 000 habitants en 1949 la population de Lanzhou est passée à 2 millions d'habitants. La ville s'étire en longueur sur les rives du fleuve Jaune. Le développement industriel de Lanzhou débuta en 1949 par la construction d'un important réseau de voies ferrées autour de la ville. Dans les années 60, la raffinerie de pétrole de Lanzhou produisait plus que l'ensemble des autres raffineries du pays. factuelle usine d'équipement de forage était sous les Qing un atelier d'armes à feu et de sabres.
Tout en longueur, Lanzhou se trouve dans un corridor du fleuve jaune, entourée de collines dénudées. Sauf au printemps, à l'occasion des vents de sable, l'air y est très pollué par la présence de nombreuses industries, c'est pourquoi les promenades n'y sont guère agréables. La ville est divisée en plusieurs quartiers isolés les uns des autres. Dans le district le plus oriental, Chengquan qu, se trouvent la gare ferroviaire, le siège du gouvernement provincial, l'hôtel Lanzhou, la plupart des instituts d'études supérieures et le parc des Cinq Sources. Les quartiers commerçants se situent sur Dingxi lu et Tianshui lu et, dans la vieille ville, dans Zhongshan lu et Jiuquan lu. Le deuxième district, Qilihe qu, central, comprend l'hôtel de l'Amitié et le musée provincial. Le dernier district, Anning qu, est un quartier d'habitations ouvrières. Sur l'autre rive du fleuve jaune, face au district de Chengquan se trouve la pagode Blanche, symbole de la ville.
 
Les grottes du Binglingsi    grottes_binglingsigrottes_binglingsi01grottes_binglingsi

 
La première étape est le barrage de Liujiaxia. Commencé en 1964, il fut mis en fonction en 1974. Le barrage est haut de 147 m ; le réservoir, d'une superficie de 130 km2, a une capacité de stockage de 5 700 millions de m3 d'eau. La production d'électricité est de 2,5 millions de kW. C'est le plus puissant des barrages du fleuve jaune. Le site fut ouvert au public en 1980. Situées à 35 km au sud-ouest de Yongjing, les grottes furent redécouvertes en 1952. C'est un ensemble de 183 grottes contenant 694 statues de pierre, 82 statues d'argile et 900 m2 de fresques. La plus vieille grotte, la grotte n° 169, date des Qin de l'Ouest (385431) ; elle contient un grand bouddha et deux bodhisattvas : Guanyin et Dashizhi. La grotte la plus impressionnante est la grotte n° 171 avec la grande figure du Bouddha Maitreya assis, sculptée dans la pierre ; la statue est haute de 27 m. Elle fut creusée sous les Tang. La grotte n° 8 est d'époque Sui, les grottes 64, 30 et 10 sont d'époque Tang. Le site de Binglingsi vous plonge dans un univers étonnant de pics déchiquetés par l'érosion.
 
Le Lapulengsi    Labulengsi
 
Le monastère est accolé à la montagne Feng et fait face au mont Long. Entre les deux, coule la rivière Daxia que les Tibétains appellent « le bol aux trésors ». Adossées à la montagne et regardant le fleuve, toutes les lamaseries respectent cette configuration classique. Lapulengsi était autrefois le second centre intellectuel du lamaïsme après Lhassa, et le centre culturel et politique pour le Gansu, le Qinghai et le Sichuan. Le monastère couvre une superficie de 1 234 m2, avec 234 temples et bâtiments pouvant abriter 3 000 moines. Aujourd'hui plus de 300 lamas y résident dont quatre « Bouddhas vivants » (réincarnation du Bouddha) et le septième Jiamuyang (supérieur du monastère) qui est âgé de quarante-cinq ans. Le monastère compte six instituts, les zacang: philosophie (wensi), médecine tibétaine, astronomie, science des successions antérieures et postérieures. Elnstitut de philosophie, wensi xueyuan, est l'édifice central du Lapulengsi : il comprend trois salles. Lautre bâtiment central est la grande salle des Sutras, Dajingtang ; elle peut contenir 4 000 lamas. Toute cette partie centrale a brûlé en avril 1985, entraînant d'énormes dégâts. Lédifice le plus haut du Lapulengsi est le Shouxisi, temple de la Longévité et du Bonheur, qui semble avoir six étages alors qu'il n'en a que quatre ; il s'agit d'un trompe-l'oeil obtenu par des successions de constructions sur des plans différents. A l'intérieur, on peut voir une statue de Maitreya et dix-huit luohan. On remarquera une très belle pagode de bronze et des galeries de manikala (moulins à prière) qui courent autour des bâtiments sur 1,5 km. L'architecture de Lapulengsi révèle une stricte hiérarchie parmi les lamas. Les simples lamas habitent les résidences peintes en blanc et en noir qui se trouvent en bas de la lamaserie. Les « Bouddhas vivants » habitent en général les palais peints en rouge qui se trouvent en haut. L'architecture est dans l'ensemble tibétaine mais amalgame des éléments d'architecture chinoise et hui, comme la forme de certains toits à auvents, les fresques, les sculptures sur bois. Les tapis et les tentures, ainsi que la forme des fenêtres et
des portes, dénotent une musulmane.
La bibliothèque de Lapuleng contient encore plus de 65 000 brochures qui, mis à part les sutras et une encyclopédie de plus de 200 volumes, se rapportent à la langue et à la littérature tibétaine, à l'histoire du Tibet, à la médecine tibétaine, à la musique et aux beaux-arts.
 
Les grottes de Maijishan  grottes_majishan
 
grottes_majishanLes grottes de Maijishan son 45 km au sud-est de Tians . Elles font partie des dix sanctuaires les plus célèbres de la route de la soie et méritent largement le détour. Le mot maiji signifie « gerbier de blé », ou « meule de paille» et maijishan, « montagnes en forme de meules de paille ». On a ainsi appelé ce massif à cause des formes très particulières de son relief érodé. Contrairement aux autres sanctuaires de la route de la soie, celui de Maijishan se trouve dans une région fertile et verdoyante. Les grottes, creusées directement dans la falaise, sont situées à plus de 40 m du sol. L'origine de ces grottes remonte à la fin des Qin de l'Est (384-417) et leur excavation s'est poursuivie durant plus d'un millénaire. Les grottes les plus anciennes furent détruites lors d'un tremblement de terre en 734. Il reste aujourd'hui cent quatre-vingtquatorze grottes et plus de mille statues d'argile qui retracent l'histoire de l'art bouddhique à travers les siècles. On peut se demander comment travaillaient les sculpteurs du ive siècle pour creuser des grottes situées loin du sol. En fait, la technique est simple et a été importée d'Inde : un immense échafaudage courait le long de la paroi, fiché dans la falaise par de gros madriers. Puis on construisait une plateforme à l'emplacement de la grotte qu'on évidait en commençant par le plafond. Le chef-d'oeuvre du sanctuaire de Maijishan est le pavillon des Sept Bouddhas qui se compose de sept grottes communicantes creusées au milieu du vie siècle. Sous ces grottes, à 55 m du pied de la falaise, se trouve un grand bouddha de 15 m de haut, datant des Sui (581-618).
 
Jiayugan   jiayuguan
 
La passe de Jiayu (Jiayuguan) est le point de départ de la Grande Muraille sous les Ming. Jiayuguan est une ville moderne, de construction parfaitement symétrique, en forme de damier. En construisant cette ville nouvelle, on a découvert des tombes du plus haut intérêt. La section de la Grande Muraille que l'on voit à Jiayuguan date de 1372. Sous les Han, la Grande Muraille se prolongeait au-delà de Dunhuang. La muraille Ming marque donc un léger retrait par rapport à la muraille Han. En effet, la Grande Muraille a été construite et reconstruite au cours des dynasties, en fonction de l'étendue du territoire chinois de l'époque et des dangers que représentaient les « Barbares » aux frontières. La forteresse de Jiayuguan marque la limite du territoire chinois sous les Ming. C'est là que s'arrêtait le royaume. On est frappé par l'élégance de la forteresse dans le contexte désolé où elle se trouve : à l'ouest, au-delà de la muraille, ce ne sont que cailloux et désert. A l'est, la civilisation apparaît avec Jiuquan, ses 100 000 habitants et leurs multiples réalisations industrielles. On a découvert en 1972 huit tombes qui datent du iiI et du ive siècle de notre ère, à Dingjiazha. On a trouvé dans ces tombes des peintures murales d'une très grande finesse. Elles sont exposées dans le musée de Jiayuguan. On remarquera la similitude de style entre ces peintures et des peintures de la même époque à Dunhuang. La tombe la plus célèbre fut répertoriée sous le n° 5 ; c'est la tombe d'un haut fonctionnaire de la cour des Liang de l'Ouest (400-421). La tombe n° 6 est également ouverte au public. On y voit trois chambres mortuaires construites en forme de voûte de brique, entièrement décorées de peintures représentant la vie du riche fonctionnaire et de sa femme qui furent ensevelis là au IIIème siècle. On pense que les peintures ont été gardées intactes grâce à une lampe qui avait été laissée allumée dans la tombe lors des funérailles et qui a consommé tout l'oxygène.
 
Dunhuang  dunhuang

dunhuang Le lac du Croissant de Lune
 
A l'extrémité ouest du corridor de Hexi, au pied des hauts plateaux de Mongolie au nord et de la chaîne des monts Qilian au sud. A l'est, le désert de Gobi, à l'ouest le désert de Taklamakan.
Centre religieux dès leIVème siècle, lieu de passage des pèlerins qui l'enrichissaient de leurs dons, Dunhuang devait naturellement devenir un centre artistique capital. Une inscription sur une stèle, datée de 698, relate qu'en 366 un moine pèlerin, Lo Cun, frappé par la vision de dix mille bouddhas dans les cieux, alla vivre en ermite dans la falaise et y aménagea un sanctuaire. Depuis le Vème siècle (quand la dynastie des Liao du Nord y agença les premières grottes peintes et sculptées), après une période de splendeur sous les Tang aux VIIème et VIIIème siècles, et jusqu'au règne des empereurs mongols, les Yuan, le complexe monastique allait être le reflet de l'évolution de l'art bouddhique en Chine, et aussi celui de la situation politique et économique de l'Empire. Sous les Ming, puis sous les Qing, malgré les restaurations massives, la veine artistique s'épuise : l'art de Dunhuang est mort.
Dunhuang, chef-lieu de district et important centre agricole, possède une industrie en voie de développement. La ville, située dans une vallée enchâssée entre les monts Mingsha et Sanwei, compte 12 000 habitants. La Dunhuang d'aujourd'hui fut fondée en 1725 mais on peut encore apercevoir les ruines de l'ancienne Dunhuang (à l'époque de sa splendeur sous les Tang), à l'ouest de la ville actuelle.

 
Les grottes de Mogao  grottes_mogao
 
grottes_mogaoSituées à 25 km au sud-ouest de Dunhuang, en plein désert, les grottes ne sont accessibles que par car ou voiture. Le trajet à vélo, à travers le désert, est à entreprendre à vos risques et périls.On ne peut pas visiter librement. Il faut se faire accompagner par un guide local qui dispose d'un trousseau de clés et ouvre les grottes au fur et à mesure de la visite. Par ailleurs, seules quarante grottes sont ouvertes au public par an. Ces quarante grottes varient tous les ans, donc pour les voir toutes, il faudrait revenir à Dunhuang chaque été pendant cinq ans... On accède aux grottes par une arche triomphale rutilante et dorée (pailou) de date récente, dont l'inscription est due au coup de pinceau du célèbre poète Guo Moruo. Un jardin où serpente une petite rivière mène à la falaise qui barre le paysage. Elle est creusée de trous qui sont les entrées de cent quatre-vingt-douze grottes dénombrées actuellement, disposées sans ordre apparent en deux, trois, cinq registres sur une longueur de 1 600 m. Ces grottes abritent plus de 45 km de fresques et des milliers de sculptures ! Accolés à la falaise au centre, quatre temples de bois charpentés, à toits superposés, ont été élevés vers le xie siècle ; un autre date des Qing. Des restaurations ont été entreprises de 1963 à 1966 alors que la falaise menaçait de s'écrouler. Les grottes les plus anciennes datent des Wei (368-580). Elles se situent dans l'ensemble au milieu de la partie sud de la falaise, à peu près à mi-hauteur et se répartissent sur une distance de quelque 200 m. La dimension des bouddhas est relativement grande et l'influence indienne est très forte. Les peintures murales des Bei Wei sont étonnamment modernes, stylisées au point d'en devenir abstraites (grotte ri 249). Sous les Xi Wei, le coup de pinceau s'affine, les traits des personnages ressortent plus nettement. Les grottes de la dynastie des Sui sont situées au nord des grottes Wei, et s'étalent sur une longueur d'environ 400 m. Les statues des Bouddhas font de 4 à 5 m de haut et l'influence de l'Asie centrale est déjà en régression. Les motifs ornementaux de la peinture Sui sont d'une richesse étonnante : pas un centimètre de plafond ou de robe de bouddha n'est laissé vierge. Partout on admire de grandes fleurs de lotus aux pétales géométriques, des animaux stylisés se poursuivant sur un cercle, des nuages aux volutes régulières. C'est sous la dynastie des Tang (618906) que Dunhuang connut son apogée artistique. Grâce à la sécheresse du climat, les peintures aux couleurs chatoyantes ont gardé toute leur fraîcheur (grotte n° 328). Les statues sont é ement colorées et l'expression des visages, les positions des mains et les mouvements des robes contribuent à donner l'impression que l'on se trouve devant des personnages bien vivants. Les motifs décoratifs sous les Tang sont beaucoup plus marqués par les influences étrangères (Perse et Inde centrale) que ceux des Wei et des Sui (grotte n° 158). Le caractère géométrique des motifs Sui fait place à des motifs floraux et des volutes végétales qui s'enroulent autour des peintures. La forme des grottes, la couleur bleue qui domine par endroit et la lumière indirecte ne sont pas sans rappeler les mosquées d'Ispahan. De 907 à 1206 (époque des Cinq Dynasties et des Song), l'art de Dunhuang périclite. Les expressions se figent et si les sculptures sont gigantesques, elles manquent de coeur et de génie. Il faut tout de même relever l'extraordinaire peinture du Wutaishan au Shaanxi qui date des Song du Nord, dans la grotte n° 61.
Sous les Yuan, les peintures murales sont intéressantes mais les sculptures décevantes. Mais Dunhuang aura tout de même connu dix siècles de réussite en architecture, en sculpture et en peinture. 
 
 
Le Qinghai

                    qinghai
 
Province du nord-ouest de la Chine bordée au sud par le Tibet, le Sichuan, à l'est par le Gansu et au nord par la Xinjiang.
Superficie : 721 000 km².
Population : 4,4 millions d'habitants.
Capitale : Xining.
Climat désertique.
Ressources : l'élevage de yaks et de chèvres.
Minorités nationales : Tibétains, Mongols, Tu.

Qinghai signifie « mer bleue » et fait référence au lac Qinghai qui se trouve au nord-est de la province du même nom. C'est un haut plateau d'une altitude moyenne de 3 000 m avec des sommets de 5 000 m, situé entre le Tibet, le Xinjiang au nord et le Gansu à l'est. Les régions cultivées se trouvent entre le lac et le bassin du Xining et représentent une faible partie du territoire. Le nord-ouest du Qinghai, le bassin de Tsaidam, est couvert de marécages et de lacs salés. C'est une région désertique riche en ressources minérales ; c'est là que se trouvent les plus grosses réserves de potasse, de magnésium et d'amiante ainsi que de pétrole. Le sud du Qinghai est, à 3 500 m, séparé du Tibet par une chaîne de montagnes de 6 500 m où le fleuve Jaune prend sa source. La région, couverte de pâturages, est habitée par les Tibétains. Cette province quasi désertique est peuplée seulement de 4,4 millions d'habitants dont 57 % de Tibétains, de Hui, de Kazakh et de Mongols. Le Qinghai souffre d'une grave pénurie de moyens de communications qui freine sa mise en valeur. Seul un petit tronçon de chemin de fer relie Goldmud à Lanzhou via Xining et un seul aéroport à Xining assure une liaison hebdomadaire avec Pékin et Taiyuan. Le réseau routier reliant Xining au Tibet en passant par Goldmud et reliant Xining au Xinjiang est en très mauvais état, menacé en permanence par les pluies. L'économie repose surtout sur l'élevage : le cheptel local compte 22 millions de yaks et de chèvres dont la laine a une réputation mondiale. Des perspectives de développement agricole existent : les terres de loess sont riches et une irrigation à grande échelle, utilisant l'eau qui provient des monts Kunlun, permettrait la mise en valeur de ce désert. Le barrage de Longyangxia (le plus puissant du fleuve jaune), de construction récente, devrait alimenter en eau le Qinghai, le Gansu, le Ningxia et le Shanxi. Le Qinghai est aussi la « Sibérie chinoise » où sont installés les camps de travail. C'est là que furent envoyés les prisonniers des diverses campagnes politiques les droitiers de 1956, les gardes rouges de la Révolution culturelle, plus récemment les dissidents du Mur de la démocratie de 1979 et ceux de 1989. Les campagnes contre la criminalité envoient des contingents de jeunes délinquants, les liumang. Des camions conduisent les détenus dans ces régions désolées où les conditions climatiques sont difficiles. Parfois, des échos de mutineries se déroulant à l'intérieur des convois parviennent aux oreilles des étrangers. Tout cela est entouré d'un épais mystère et la simple évocation du Qinghai fait frémir les Chinois, qui n'ont guère envie, eux, d'aller y faire du tourisme ! Beaucoup de détenus, après avoir purgé leur peine, restent travailler dans ces camps comme « travailleurs libres », la perte de leur hukou (certificat de résidence qui assigne chaque Chinois à une résidence fixe) les bannissant à vie des villes. Un autre contingent de travailleurs fut fourni par les « jeunes instruits », envoyés dès les années 60. La directrice de 'l'hôtel Huangzhong est arrivée en tant que « jeune instruite » à Taersi en 1965 et y restera très probablement jusqu'à la retraite. Depuis 1980, les autorités font appel aux volontaires en faisant vibrer la fibre patriotique mais en offrant cette fois des salaires plus élevés, une perspective de carrière plus rapide et surtout la possibilité de partir au bout de quelques années.

 
Xining     Xining          
 
A l'est de la province, à 2 300 m au dessus du niveau de la mer. Capitale de la province du Qinghai.
L'origine de la ville remonte à la dynastie Han ; il s'agissait alors d'une garnison militaire. Par la suite elle devint un important centre commercial sur la route de la soie. Ce n'est qu'au xvttie siècle que le Qinghai fut définitivement rattaché à l'Empire. Aujourd'hui Xining est surtout une étape pour les voyageurs en route pour le Tibet. Un jour de visite dans la ville vous permettra de voir la lamaserie de Taersi, un des hauts lieux de la secte Jaune, qui se trouve dans la banlieue de Xining. Visitez aussi la mosquée de Dongguan, l'une des plus grandes du nord-ouest de la Chine. 
 
La mosquée Dongguan  xining
 
La mosquée Dongguan ou Qingzhendasi est située dans Dongguan dajie. xiningC'est la plus grande mosquée de Xining, ses origines remontent aux Ming, mais les bâtiments actuels datent de 1919. La grande salle de prières, dans laquelle il n'est malheureusement pas possible d'entrer, a une superficie de plus de 1 000 m2, trois mille personnes peuvent y tenir. Tous les vendredis, la grande prière rassemble à 13 h un millier de fidèles.
 
Le temple de la Montagne du Nord   
 
Beishansi, le temple de la Montagne du Nord, est aussi appelé temple zen du Nord. Il se trouve au nord de la ville, accolé à la montagne Tulou, surplombant la rivière Huangshui. Lorigine du temple remonte aux Wei du Nord (386534). Lintérieur du temple est formé de dix-huit grottes à l'extérieur desquelles ont été construites des façades en bois. Les fresques datant des Wei et des Tang ainsi que les très beaux plafonds à caissons sont en assez mauvais état.
La pagode Ningshou, d'époque Ming, est derrière le temple au sommet de la montagne, recouverte de tuiles vertes ; elle a été construite en 1915.
 
Le monastère de Kumbum   kumbum
 
Le Taersi (nom chinois) est l'une des six lamaseries importantes de la secte Jaune qui est la secte prédominante du lamaïsme (quatre sont au Tibet et une dans le Gansu). Il est situé à 25 km de Xining, dans le district de Huangzhong qui est aussi le lieu d'origine du fondateur de la secte Jaune, Tsongkhapa. Non loin de là, à 60 km, se trouve le village natal de l'actuel dalaïlama.
Taersi, qui signifie « la pagode qui précéda le temple », fut construit en 1560, mais le premier édifice fut une pagode que la mère de Tsongkhapa fit ériger en 1379 en l'honneur de son fils. A l'origine il ne s'agissait que d'un petit temple où vivaient sept lamas. Les empereurs Qing, convertis à la secte jaune du lamaïsme, en firent un monastère avec plus de 1 000 bâtiments où résidaient 2 000 moines. Aujourd'hui le temple ne compte plus que 600 moines mais il est resté un lieu de pèlerinage des Tibétains. Chaque année, surtout l'hiver au moment de la fête du Printemps, des milliers de pèlerins viennent rendre hommage au premier dalaï-lama, Tsongkhapa. Le voyage dure sept jours. Les pèlerins sont entassés à l'arrière des camions et on leur demande la bagatelle de 300 yuan par personne. Ces camions appartiennent évidemment aux lamas ! La fête la plus importante de l'année se tient au 15' jour du 1er mois lunaire à la fête des Lanternes. C'est à cette occasion que les sculptures sur beurre, qui font depuis des siècles la réputation de Taersi, sont exposées. Une autre fête se tient en plein été au 6' mois lunaire (juillet-âout), mais là, les fêtes perdent de leur caractère sacré et deviennent un spectacle pour touristes.
Traditionnellement, les lamaseries sont accolées à la montagne. A Taersi, les bâtiments sacrés et les résidences des lamas supérieurs sont tous situés à gauche de la rivière, tandis que les demeures des simples lamas se trouvent à droite ; elles sont peintes en blanc et sont d'architecture plus fruste, construites sans ordre, au fur et à mesure que s'accroissait le nombre des moines.
La petite salle au Toit d'or, Xiaojinwadian, se trouve derrière les huit pagodons de l'entrée. Dans la salle de la Protection de la loi, construite en 1692, on peut voir dans la cour, à l'intérieur des galeries, des fresques qui décrivent les supplices de l'Enfer. Au premier étage, des animaux empaillés témoignent de la nature animale de certaines divinités. La légende raconte qu'un cheval blanc aurait amené du Tibet jusque-là, en une journée, le 9ème dalaï-lama.
La salle de la Longévité, Changshoudian, appelée aussi temple des Fleurs (Huasi), se trouve presque en face de l'hôtel. A l'intérieur, se trouve la pierre de la Loi. La tradition veut que la mère de Tsongkhapa s'y soit reposée avec sa charge d'eau.
La grande salle des Sutras, Dajingdian, a été construite en 1612, 168 piliers la soutiennent. A l'intérieur, les statues de Tsongkhapa (reconnaissable à son bonnet) et de Çakyamuni occupent le centre. Sur les côtés, les sièges sont réservés au dalaï-lama et au panchenlama. On remarquera les photos de l'actuel et du précédent panchen-lama et l'absence de celle du dalaï-lama.
C'est là que se réunissent les lamas pour lire à haute voix les sutras. Derrière la grande salle des Sutras, se trouve la grande salle au Toit d'or, Da Jinwadian, qui est le haut lieu sacré du monastère. C'est là que les milliers de pèlerins viennent se prosterner pour rendre hommage au fondateur de la secte Jaune. Le bâtiment a trois étages dont deux sont recouverts de tuiles de bronze. Une pagode de 12 m, dont la construction fut ordonnée par la mère de Tsongkhapa, est l'objet de vénération. A l'intérieur, des fresques relatent l'histoire du bouddhisme. Dans le prolongement, on arrive à la salle de Wenshu (bodhisattva de la Sagesse) appelée aussi la salle des Neuf Chambres. Dans la cour se tient chaque année, au 6` mois lunaire, la fameuse « danse du diable ». A gauche de la salle, des galeries abritent les moulins à prières (manikala).
Le monastère abrite trois Zacang qui sont des sortes d'instituts où l'on enseigne la médecine tibétaine, la doctrine, l'astronomie... Ces Zacang sont sous l'autorité des « Bouddhas vivants ». Factuel « Bouddha vivant » de Taersi est âgé d'environ quarante ans. LInstitut de médecine, le Yiming jingyuan (Yiming signifiant « doctrine de la médecine »), se trouve à droite de la grande salle au Toit d'or ; on y accède par la grande salle des Sutras. L'institut de la roue du temps, Shilun jingyuan, est l'institut où l'on étudie l'astronomie, le calendrier et la divination.
LInstitut de philosophie, le Mizong jingyuan, où l'on étudie la « doctrine du pourquoi », équivalent de la logique.

 
 
Le Ningxia

                       ningxia
 
Province du nord-ouest de la Chine.
Son nom exact est Ningxia huizu zizhiqu, région autonome de la minorité hui du Ningxia.
Elle est située dans le cours moyen du fleuve jaune.
Superficie : 66 000 km².
Population : 4,2 millions d'habitants.

Plus du tiers des 42 millions d'habitants que compte le Guangxi appartient à la plus importante minorité vivant en Chine, les Zhuang, qui occupent 60 de la superficie de la région. La prise en compte de cette composition ethnique a conduit les dirigeants chinois à accorder au Guangxi le statut de région autonome de minorité zhuang. Comme pour les autres provinces du sud-ouest, la sinisation du Guangxi a été tardive, entre le VIIème et le Xème siècle. Le relief difficile et le réseau de communications restreint ont ralenti la pénétration Han et préservé jusqu'à nos jours l'individualité des minorités. Le Xijiang et ses affluents ont constitué au sud-est une voie de pénétration pour les marchands du Guangdong. Province très pauvre, le Guangxi a connu des troubles tout au long de la première moitié du XIXème siècle. Les tensions entre les différents groupes ethniques - populations allogènes établies avant l'arrivée des Han, premiers colons chinois établis sur les meilleures terres, familles chinoises arrivées tardivement et installées sur les plus mauvaises terres - sont à l'origine du mouvement Taiping. Ce mouvement paysan, nationaliste et moderniste, né vers les années 1840, se transforme en une insurrection qui commence en 1850 à Jintan, pour finalement s'étendre en 1852 au-delà des limites provinciales du Guangxi. Dans la deuxième moitié du XIXème siècle, les Anglais étendirent leur influence au Guangxi et s'installèrent à Nanning. La province connut de nombreuses famines au début du XXème siècle. Jusqu'en 1949, le Guangxi, dirigé par des potentats militaires locaux, échappa de fait à l'autorité centrale du Guomindang. La province et sa capitale étaient occupées par les troupes japonaises. En décembre 1949, les troupes commandées par Lin Biao libérèrent le Guangxi.

Situé au sud-ouest, l'ancien royaume de Yelangguo fut le dernier Etat « barbare » du Sud à être rattaché à l'empire. Ce fut l'empereur Qing Qianlong (1736) qui, en venant à bout de la résistance acharnée de ces « hommes du Guizhou », mit fin à la relative indépendance de cette province éloignée et inaccessible. Par la suite, sous le Guomindang, quelques révoltes sporadiques éclatèrent, vite réprimées. Aujourd'hui encore, les noms des villes témoignent de cette longue série de soulèvements : Qingzhen, Zhenyuan, Zhenning contiennent tous le mot répression (zhen), tandis que Anshun ou Pu an signifient « restauration de l'ordre ».
L'occupation Han de cette province peuplée par de nombreuses minorités nationales, dont les plus importantes sont les Miao, les Buyi, les Dong et les Gelao, débute sous la dynastie Han. Au préalable, ces tribus avaient été reléguées vers ces montagnes par les Chinois qui, avançant vers le sud, avaient occupé le bassin du Yangtsé. A l'époque des Trois Royaumes, le célèbre général Zhuge Liang envoya ses armées au Guizhou, mais sut reconnaître l'autorité des chefs de tribus. Curieusement, ce personnage légendaire est passé dans la mémoire populaire des tribus. Un autre conquérant, Kubilai, occupa la région en 1252, mais le Yelangguo résista. C'est à partir des Ming que des garnisons militaires chinoises s'installèrent, formant le premier contingent d'émigrants. Au XIXème siècle, une autre vague d'émigration se fit à partir des provinces surpeuplées du Sichuan et du Hunan, mais la province resta la plus arriérée et la plus pauvre de l'empire, servant de terre d'exil aux fonctionnaires indésirables. Durant l'invasion japonaise, le gouvernement du Guomindang se retrancha à Chongqing. La construction de lignes de chemins de fer et d'usines fit sortir la province de son terrible isolement. Mais la politique d'assimilation de Chang Kaï-chek devint vite impopulaire et les soulèvements de la population furent récupérés au cours de la Longue Marche, par les communistes qui promettaient aux habitants un statut d'autonomie. C'est à Zunyi que se tint en 1935 la réunion décisive du Parti communiste où Mao conquit définitivement la direction du Parti. Après 1949, oubliant ses promesses, le nouveau gouvernement reprit la politique d'intégration. Des efforts furent faits pour implanter des usines et exploiter les nombreuses richesses minières du sous-sol, mais les résultats de cette politique du « centre » restèrent peu probants. Les déboisements massifs ont créé un sérieux problème d'érosion. Le niveau de vie est l'un des plus bas de Chine. Au cours de la Révolution culturelle, les autorités perdirent le contrôle de la situation, la province fut mise à feu et à sang par les factions et les tufei (bandits). Il y a dix ans, on respectait encore le couvre-feu à Guiyang en raison des agressions, tandis que dans le reste de la province des bandes de brigands faisaient dérailler les trains.
 
Guiyang  guiyang
 
guiyangGuiyang signifie « précieux soleil ». La ville, encaissée au milieu des montagnes, sous une chape de nuages, est en effet assez peu privilégiée par le soleil. Les origines de la ville remontent à la dynastie des Han. Sous les Ming, elle devint une ville garnison entourée de remparts, où étaient envoyés les fonctionnaires en disgrâce. L'industrialisation date de la guerre quand le gouvernement nationaliste se retrancha dans le Sud-Ouest remontant pièce par pièce les usines de Shanghai. Après 1949, Mao Zedong essaya de décentraliser l'appareil industriel en implantant des usines stratégiques dans le centre du pays. Cette politique a, jusqu'à présent, été peu concluante à cause de l'insuffisance des infrastructures. Depuis 1990, l'avenir du pays a de nouveau basculé vers les côtes de l'Est et surtout le Sud. Aujourd'hui, l'usine la plus importante de la ville est une usine de traitement d'aluminium, construite avec l'assistance japonaise.
Guiyang a la triste réputation d'être une des villes les plus polluées de Chine et il est vrai que l'impression que l'on a à la sortie de la gare est souvent malheureuse : c'est une ville caserne sur les bords d'une rivière immonde, la Nanming. Mais, derrière la ville caserne se cache le vieux Guizhou, épargné par les bombardements japonais, où l'on retrouve avec plaisir les ruelles aux rangées de maisons à un étage, en bois, ouvertes sur la rue. L'été, les soirées se prolongent autour des marchés de nuit, dans les petits restaurants aux étals de fortune, dans les salles de bal qui diffusent généreusement leurs flonflons. 
 
Les Chutes de Huangguoshu   
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huangguoshuAu sud-ouest de Guiyang, il existe un circuit historique où les brigands n'ont pas eu un rôle moindre. La distance de Guiyang à Huangguoshu est de 142 km ; une nouvelle route, achevée en mai 1992, permet de faire le trajet en deux heures.
Le nom de Huanggoshu vient d'un certain type de mandarinier que l'on trouvait autrefois dans la région. Ils furent arrachés
dans les années 60 pour développer la culture des céréales, les paysans étant contraints de produire un certain quota fixé par l'Etat. Les dix-huit cascades sont la conséquence d'un phénomène unique d'érosion des plateaux calcaires sous l'effet des eaux souterraines. Les chutes les plus importantes se trouvent dans le village de Huangguo, et atteignent 70 m de haut. Lorsque les autorités locales voulurent percer la grotte qui se trouve derrière le rideau d'eau, les paysans racontèrent que les tufei y avaient caché leur butin. La police dut intervenir pour protéger les ouvriers ; la galerie fut creusée tandis que quelques coups de feu mystérieux étaient tirés, mais le butin est resté introuvable !
Un certain nombre de promenades peuvent être faites dans la région à partir de Huangguo. En continuant sur la route, après le village, à 3 km on aperçoit les chutes en spirales de Luositan qui s'étendent sur 90 m. Un peu plus loin, après le village de Baishuixiang, un chemin sur la droite conduit à travers la montagne à la cascade de Dishuitan. Si l'on continue la route après Luositan on arrive à la rivière Balinghe (3 km) où l'on peut encore voir le vieux pont de Baling qui était autre - I fois une étape sur la route de la soie du sud qui passait par le Yunnan et la Birmanie. Au-dessus du pont, on aperçoit les ruines du temple Shuangquan et au sommet de la montagne, une porte d'où l'on aborde la descente sur le bourg de Guanling. En continuant toujours sur la même route on arrive à la mystérieuse «,roche rouge » dont les
 
Anshun   anshun
 
Anshun était autrefois un centre commercial et l'une des villes les plus prospères de la province, vivant du commerce du thé et de l'opium. Aujourd'hui la ville a sombré dans le déclin. Les gens de Anshun ont toujours eu la réputation d'être paresseux, avides au gain et filous.
L'expression chaye (feuille de thé), souvent employée dans la région, signifie « tromper les gens ». Elle remonte à une époque encore proche où les gens d'Anshun trompaient les voyageurs en leur vendant des feuilles d'arbre en guise de thé. Cette pratique a disparu et l'on peut acheter en toute confiance le délicieux thé d'Anshun, peu connu, mais dont la saveur égale celle des meilleurs thés de Chine.
 
La grotte du Palais du Dragon 
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Longgong se trouve dans le district d'Anshun, à 127 km de Guiyang et 27 km d'Anshun. Longgong fait partie d'une zone d'aménagement en parc naturel ouverte depuis peu au tourisme. Le site le plus visité est la grotte de Longgong avec sa cascade, mais c'est aussi une zone de minorités buyi et miao dont on essaie de revaloriser le folklore dans une perspective touristique. 
 
La grotte
longgongLongue de 844 m, elle est divisée en cinq salles : la salle de l'accueil des Dragons, la gorge du Dragon, la salle des Cinq Dragons qui jouent à la balle, la salle du Puits et la salle des Trois Gorges, haute de 75 m. A l'extrémité de cette salle, la rivière souterraine se transforme en rapides. La profondeur des eaux à l'intérieur de la grotte est de 17 m.
 
La cascade
La cataracte haute de 50 m et large de 25 m surgit d'une fente à l'intérieur de la montagne, d'où le nom de porte du Dragon. L'eau de la cascade vient d'un petit lac de montagne qui se trouve à l'entrée de la grotte.

 
Les grottes de Daji   
 
Les plus grandes et les plus belles de la région. Situées dans les monts Zhijing, quarante-sept cavernes se succèdent sur 13 km dont 3,5 aux visiteurs. Un véritable musée du relief karstique parmi lequel "l'arbre de pluie d'argent », une magnifique stalagmite de 17 m de haut.
 
 
Le Yunnan

                  yunnan
 
Sud-ouest de la Chine. Frontières avec la Birmanie, le Laos et le Vietnam.
Zone montagneuse qui comprend d'une part un vaste plateau divisé entre le Yunnan et le Guizhou (altitude moyenne 2000) et d'autre part les contreforts de l'Himalaya au nord-est (5 000 m).
4 fleuves : le Salween, le fleuve Rouge, le Canlangjiang (Mékong) et le Jinshajiang (Yangtsé).
Population : 33 millions d'hatbitants dont le tiers composé de divers minorités nationales..
Capitale : Kunning.
Deux villes importantes : Dongchuan et Wanding.
15 préfectures dont 8 préfectures autonomes.
Cultures : riz, blé, maïs, thé, tabac, coton, sucre.
Peu industralisé.

La province se découpe en 3 régions, 16 districts, 1 bannière et 2 municipalités.
Du point de vue historique, on retrouve des traces de la présence Han sous la dynastie Qin, au IIIème siècle av. J.-C. Les troupes chinoises stationnant aux frontières de l'empire défrichèrent et mirent la région en valeur par la construction d'un immense réseau de canaux d'irrigation. De la fin du X' siècle au début du xiie siècle, la région vit s'établir le royaume Xixia, le royaume des Xia de l'Ouest, attaqué par Gengis Khan et renversé par ses descendants qui allaient contrôler toute la Chine. Ayant obtenu le statut de province en 1928, le Ningxia fut intégré au Gansu en 1954 puis obtint le statut de région autonome en 1958.
On distingue cinq zones géographiques distinctes : Le haut plateau du Ningxia, entre la chaîne des monts Helan et les plateaux de l'Ordoss, à environ 1 100 m d'altitude. C'est là que se concentre l'essentiel des terres arables de la province. La capitale, Yinchuan, se trouve au nord de ce plateau ; les plateaux de loess à l'est ; la région des monts Liuban, longue de 240 km, qui sépare les provinces du Ningxia, du Gansu et du Shaanxi ; le haut plateau de l'ouest, à environ 830 m d'altitude ; la chaîne des Helanshan, longue de plus de 200 km, à une altitude de plus de 2 000 m, à l'ouest de la province. Le climat est de type continental, avec de grands écarts de température, allant de -13 °C en moyenne en janvier, à + 26 °C en moyenne en juillet. Les hauts plateaux ne connaissent que 4 à 5 mois sans gel par an. Les précipitations sont rares, moins de 100 mm par an au nord, et environ 700 mm par an au sud. De plus, les vents de sable sont fréquents et violents. En deux mots, le Ningxia est une région pauvre, aux conditions de vie pénibles.
 
Yinchuan   yinchuan
 
Capitale du Ningxia, c'est une ville industrielle, construite de façon assez déroutante, avec de grands espaces encore occupés par des champs cultivés, entre les zones d'habitation. Elle est située entre les monts Helan (Helanshan) à l'ouest et le fleuve jaune à l'est.
 
La pagode du Nord   yinchuan_haibao
 
La première construction de la Beita remonterait au Vème siècle, -mais celle qu'on observe aujourd'hui date du XVIIème siècle. Haute de 54 m, elle est construite en brique et ses onze étages sont percés de trois ouvertures sur chacune de leurs faces.
 
La pagode de l'Ouest   
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Haute de 64 m, elle comprend treize p étages. Elle fut édifiée en 1820 à l'emplacement du temple bouddhique Chengtian, détruit par un tremblement de terre au XVIIIème siècle.
 
 
Le Xinjiang

                          ningxia
Statut administratif : région autonome ouïghour du Xianjinag.
Superficie : 1 648 800 km²
La plus vaste province de Chine bordée au sud par le Tibet, le Qinghai et le Gansu.
Frontières communes avec le Kazakhstan, le Kirghistan et le Tadjikhistan.
Climat désertique.
Capitale : Urumqi.
Population : 15,3 millions d'habitants.
Ressources : pétrole, uranium, production fruitière.
Minorités nationales : Ouïghour, Kazakh, Hui, Kirghiz, Mongols, Ouzbek, Tadjik, Dawor, Xibo, Russes, Tartares.

Situé aux confins de deux puissants empires, le chinois et le russe, le Xinjiang a connu une histoire mouvementée, revendiqué par les uns ou les autres, indépendant parfois. Dès 91 ap. J.-C., la dynastie Han établit son contrôle sur le bassin du Tarim. Les Huns l'envahirent par la suite et ce n'est qu'au VIIème siècle, sous la dynastie des Tang, que la Chine parvint à y rétablir sa domination. La région était alors occupée par un peuple turc, les Ouïghour. A partir du VIII, siècle, l'islam s'introduisit au Xinjiang et, aidant la création de principautés turques indépendantes, rejeta les Chinois loin à l'est. Ce n'est qu'en 1757 que l'empereur Qianlong récupéra définitivement la région et la baptisa « nouvelles frontières », Xinjiang. L'implantation chinoise se faisait essentiellement à l'aide de garnisons militaires et de marchands venus par la route de la soie. Il y avait aussi des bannis (pour crime de droit commun ou crime politique) et quelques paysans. Mais les Chinois, très minoritaires, étaient mal tolérés par les populations locales. Les oasis se rebellèrent fréquemment et firent sécession avant d'être énergiquement reprises par les Chinois. En 1865, Yakub-beg, musulman, prend la tête d'un soulèvement, ce qui en fait en 1873 le maître du bassin du Tarim et des oasis au sud des Tianshan. En 1878, Zuo Zongtang, célèbre fonctionnaire qui venait d'en finir avec la rébellion des Taiping en Chine, réoccupe les territoires insurgés du Xinjiang et noie l'insurrection dans le sang de centaines de milliers de victimes. Au même moment, la Russie occupe la vallée de l'Ili et ce n'est qu'avec l'un des fameux Traités inégaux que la Chine parvient, en 1881, à récupérer une partie de ce territoire.
Après 1911 et la fondation de la République chinoise, le Xinjiang se retrouve sous la domination d'un Seigneur de la guerre, Jin Shuren. Il se fait rapidement haïr pour son despotisme et des révoltes éclatent, encouragées de façon souterraine par les Japonais, les Turcs, les Britanniques (via l'Inde) et les Soviétiques, successivement. Jin Shuren est remplacé en 1933 par Sheng Shicai. Sheng signe de nombreux accords avec l'URSS qui vont à l'encontre des intérêts de la Chine et le Xinjiang devient un quasiprotectorat soviétique. En 1949, l'Armé populaire de libération, avec l'aide de mouvements locaux dirigés en particulier par Saifudin (qui a été évincé du bureau politique en 1978), réintègre le Xinjiang dans la Chine. Depuis, la population Han ne cesse de croître, notamment au cours de la Révolution culturelle où de nombreux jeunes gardes rouges et intellectuels déchus furent envoyés dans cette lointaine province pour « renforcer les frontières ». Leur présence est plus ou moins bien tolérée et un certain nationalisme local reste vivace. En 1955, le Xinjiang devient une région autonome, ce qui lui donne théoriquement des droits plus importants que ceux d'une simple province. Mais, lorsqu'il fut question parmi les délégués locaux de créer un « Ouïghourstan », Pékin décida d'intervenir (1957) et dégrada des milliers de cadres. Aujourd'hui, les progrès économiques sont tels au Xinjiang qu'ils semblent garantir la stabilité politique. En effet, le sous-sol est riche en pétrole (bassin de Karamai) et en uranium (dans les Tianshan), et d'importants centres industriels, comme celui d'Urumqi, se développent rapidement.
A la campagne, le défrichement des terres et l'irrigation ont triplé en trente ans la surface des terres arables et permis la culture extensive mécanisée dans plusieurs régions. On cultive essentiellement du blé ; viennent ensuite le maïs, le riz et le coton. Mais c'est surtout pour sa production fruitière que le Xinjiang est célèbre : melons, prunes, raisins, pêches et abricots sont exportés dans toute la Chine.
La région autonome ouïghour est une des provinces les moins chinoises de Chine. Au coeur de l'Asie centrale, cette province du Turkestan oriental résonne déjà des rythmes que l'on retrouvera tout près, juste de l'autre côté de la frontière, à Tachkent, ou beaucoup plus loin à Istanbul. Sur les marchés, ce sont les effluves de l'Arabie, épices et poivrons mélangés, qui assaillent les narines. Les visages surtout frappent le touriste de passage : plutôt que des yeux bridés et des cheveux lisses comme on en recontre dans les rues de Pékin, ce sont des nez busqués, de belles boucles châtain et des barbes épaisses qui vous accueillent. Le Xinjiang compte aujourd'hui plus de 15 millions d'habitants dont 36 sont des Han. Les Ouïghour sont, à eux seuls, plus de 6 millions. Le reste de la population est composé de Kazakh, Hui, Kirghiz, Mongols, Ouzbek, Tadjik, Russes, etc.
Situé au nord-ouest de la Chine, le Xinjiang est la plus grande province du pays : avec ses 1 648 800 km', elle représente un sixième du territoire national. C'est plus que la superficie qu'occuperaient la France, l'Angleterre, l'Allemagne et l'Italie réunies. Terre de violents contrastes, elle réunit des montagnes vertigineuses et des déserts impitoyables. Il y fait terriblement froid en hiver et insupportablement chaud en été. Les monts Tian forment l'un des ensembles montagneux les plus importants du monde. Le désert du Taldamakan est l'un des plus arides de la planète.
Les Tianshan, dont l'altitude moyenne est de 4 000 m, divisent la province en deux : au sud, le bassin du Tarim, au nord, le bassin de la Dzoungarie. Le bassin du Tarim (500 000 km2) est encadré au nord par la chaîne des Tianshan (avec des pics allant jusqu'à 7 400 m), au sud par celle des Kunlun (pics de 7 700 m), et à l'ouest celle du Pamir (pics de 7 700 m), au sud-ouest enfin par le massif du Karakoram (pics de 8 600 m). Sa seule ouverture se trouve à l'est : le corridor du Gansu. Plus élevé à l'ouest qu'à l'est, ce bassin se trouve à une altitude moyenne de 1 100 m. C'est dans la partie orientale du bassin, non loin de la province du Gansu, que se trouve la base de Lop Nor, centre d'expérimentations spatiales et nucléaires de la Chine. C'est là qu'explosa en 1968 la première bombe chinoise. Tout le centre du bassin est occupé par le terrible désert du Taklamakan, vaste mer de dunes, dont le nom signifie en ouïghour : « une fois dedans, jamais dehors ». C'est le seul désert du monde où il fasse froid en hiver : la moyenne de janvier se situe entre -10 °C et -15 °C. Au pied des chaînes Kunlun et Pamir s'égrène un mince collier d'oasis, qui mettent à profit les torrents des montagnes avant que ceux-ci n'aillent s'évanouir dans le désert. 40 % de la population du bassin du Tarim est occupée à cultiver ces oasis.
Le bassin de la Dzoungarie est un peu moins élevé et un peu moins aride. Il couvre 380 000 km. Il a la forme d'un triangle dont la pointe serait au nord et la base au sud. Comme il est plus élevé au sud et à l'est qu'à l'ouest et au nord, avec une moyenne de 500 m d'altitude, toutes les rivières coulent d'est en ouest, à l'inverse des principaux fleuves chinois. Comme dans le bassin du Tarim, on retrouve au centre un désert, et des oasis au pied de la chaîne des Tianshan : Urumqi, Wusu, Turfan, etc.

 
Urumqi  urumqi
 
Capitale de la région autonome ouïghour du Xinjiang.
Ville du monde la plus éloignée de toute mer, Urumqi, capitale provinciale du Xinjiang, se trouve à 3 270 km de Pékin. C'est une oasis protégée par une ceinture de verdure soigneusement entretenue. Les hivers y sont très rigoureux et les étés sont chauds et secs. Ville industrielle en pleine expansion, elle abrite aujourd'hui 1,1 million d'habitants. La majorité est composée à 75 % de colons Han. Les minorités sont représentées de la façon suivante : 125 000 Ouïghour, 100 000 Hui, 30 000 Kazakh. Ville de pionniers du Grand Ouest, Urumqi s'est développée de façon assez anarchique et de grandes avenues bordées d'arbres traversent des quartiers de masures en ruine alors que, vingt mètres plus loin, d'étroites ruelles serpentent entre dés immeubles de cinq ou six étages. Seule constante : la poussière, omniprésente.
Urumqi, dont le nom signifie en mongol « beau pâturage », n'a plus grand chose à voir avec son passé pastoral. C'est avant tout une ville industrielle dont on peut notamment visiter les usines textiles et les fabriques de tapis traditionnels, et où l'on peut acheter des pulls en cachemire. La ville est dominée par une pagode située au sommet d'une colline, Hongshan. Lislam étant la religion dominante au Xinjiang, ce sont les petits minarets des quelque cinquante mosquées de la ville qui frapperont le voyageur de passage.

 
Turfan   turfan
 
Prononcé en chinois "Tu-lu-fu". Oasis du désert de Gobi.
Fondée au Ier siècle av. J.-C., sur les ordres de Wudi, empereur des Han de l'Ouest, Turfan connut sa première implantation à une dizaine de kilomètres à l'ouest de la ville actuelle. Elle se nommait alors Yar, ou Kia-ho, soit Jiaohe en pinyin. Jiaohe était une petite commanderie en plein territoire Xiongnu, destinée à maintenir ces nomades hors des frontières de la Chine. De ce premier emplacement ne subsistent que des ruines, après une activité relativement importante qui dura sept siècles. A partir de 376, Jiaohe se trouva sous la domination du roi Fu Jian, assimilé aux Tibétains, qui prit la tête d'un vaste empire en Chine du Nord. Les Xiongnu reprirent le pouvoir en 439 et la région resta sous le contrôle de nomades turco-mongols jusque vers 640.
En 642, les Chinois tentèrent une deuxième implantation à une quarantaine de kilomètres plus à l'est, à Kotcho, soit Gaochang en pinyin. Les ruines de Gaochang sont en meilleur état que celles de Jiaohe. A partir de 744, Gaochang fit partie d'un royaume turc et subit une forte influence islamique jusqu'au XVIIIème siècle, alors que Jiaohe avait baigné dans la pensée bouddhique depuis le Ier siècle de notre ère.
La Turfan actuelle est le troisième emplacement de la ville.
De ce foisonnant passé historique oublié jusqu'au début du XXème siècle, des monuments et des manuscrits restés plus ou moins intacts grâce à la sécheresse du climat ont été découverts par de célèbres explorateurs dont les noms restent associés à la région. Le premier, un Russe, Albert Regel, a daté la ville de Gaochang en 1879. Puis un Hongrois, naturalisé anglais, sirAurel Stein, fouilla les tombes d'Astana et le monastère de Bezeklik en 1915 et emporta de nombreuses fresques arrachées aux grottes des Mille Bouddhas. En 1904, l'Allemand Albert von Le Coq découvrit des peintures abîmées par les paysans locaux qui prétextaient la peur des fantômes, et des bâtiments détruits pour cultiver la terre. De ses fouilles à Gaochang, il rapporta des centaines de caisses contenant des fragments de sculptures et des manuscrits. Dans le même temps, Paul Pelliot fouillait, entre autres, les grands sites de Dunhuang, de Kashgar, de Kuqa et d'Urumqi. Trois expéditions japonaises se succédèrent, entre 1902 et 1912, dans la région de Turfan. Les Américains n'arrivèrent qu'en 1923. On trouve le résultat de ces pillages successifs dans les grands musées de Berlin, Londres, New-Delhi, Paris (musée Guimet), Saint-Pétersbourg, Tokyo, Séoul, Kansas, etc., mais pas grand-chose à Turfan même, dont le musée mérite pourtant qu'on s'y arrête pour les découvertes effectuées ces dernières années dans les tombes de la région. Les objets qui y sont présentés ne sont qu'un pâle reflet des cultures qui ont influencé la région. En effet, des manuscrits permettent d'affirmer que des nestoriens étaient venus s'établir ici après avoir été bannis d'Occident à partir de 432. Fuyant les persécutions de la fin du Vème siècle, des manichéens arrivèrent et leurs idées furent diffusées du vie au x° siècle. Plusieurs bibliothèques manichéennes découvertes autour de Turfan témoignent d'une intense activité intellectuelle. De nombreux Turcs ouïghour s'étaient convertis. Par la suite, l'islam prit le relais du manichéisme. Toutefois, un grand nombre de pièces de monnaies d'argent de la Perse sassanide sont exposées, ainsi que des statuettes funéraires typiquement chinoises et quelques reliques bouddhiques.
Turfan, nom prestigieux qui évoque l'ancienne route de la soie, les chameaux épuisés par la chaleur du désert et le faste de l'oasis miraculeuse, verdoyante et ombragée. Il ne reste pas grand-chose de cette haute Antiquité de l'Asie centrale. Dans Turfan même, on chercherait en vain la trace d'une véritable architecture urbaine. Il reste encore une mosquée coiffée d'un dôme en tuiles de faïence verte. On admirera plutôt les petites maisons d'habitation construites toutes dans le même matériau : la brique de pisé (terre et paille finement hachées, mêlées à de l'eau), matériau qui défie le temps et le climat continental de la région. En été, la température approche de 50 °C et en hiver, elle tombe à -28 °C.
Cependant, une promenade dans les ruelles de la ville permet de découvrir le mode de vie très particulier des habitants de Turfan, et d'observer les rigoles au bord desquelles jouent les enfants et travaillent les femmes, les treilles sous lesquelles les vieux fument la pipe, les bazars... Seule la mosquée Imin, appelée aussi Sugongta, peut être visitée à pied à partir du Turfan binguan. Ce haut lieu de l'islam a été édifié en 1778 dans un style très dépouillé, avec un seul minaret de 44 m de haut, d'où l'on a une vue splendide sur l'oasis et le désert. Sans les karez, Turfan n'existerait pas. Ce système d'irrigation très particulier, qui existe depuis plus de deux mille ans en Chine, a été conçu en Perse. Il s'agit de puits et de canaux souterrains qui vont chercher l'eau au pied des montagnes qui bordent le désert. Chaque karez parcourt une distance de 3 km à 10 km, soit près de 3 000 km de canalisations souterraines pour la seule région de Turfan !

 
La chaîne de Tianshan 
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La chaîne des Tianshan, en chinois « montagnes du Ciel », formée par plusieurs séries de sommets orientés d'est en ouest, est coupée par des vallées et un large col au creux duquel se trouve la capitale provinciale, Urumqi. La vallée la plus, célèbre de cet ensemble est la vallée de l'Ili, à l'ouest, région la plus fertile du Xinjiang. Au sud-est de la chaîne se trouvent les deux dépressions de Turfan et de Hami. La dépression de Turfan atteint 154 m au-dessous du niveau de la mer. C'est le point le plus bas de Chine et le plus chaud en été, avec des températures dépassant 40 °C.
 
Kashgar   
kachgar
 
Kashgar se dit en chinois "Ka-shi".
L'histoire de Kashgar, qui fut une importante halte sur la route de la soie, où commerçants et conquérants affluèrent, n'est plus qu'une ville tranquille au rythme lent. Pourtant, l'histoire de Kashgar, qui portait autrefois le nom de Shule, remonte au IIème siècle av. J.-C. La population de Shule était alors constituée d'une majorité d'Iraniens d'origine indo-européenne. Au Ier siècle de notre ère, la quiétude de ce petit Etat fut brisée par de féroces combats opposant Xiongnu et Han. Au IIème siècle, Shule passa officiellement sous la suzeraineté de la Chine. Le site de Shule est aujourd'hui recouvert par la banlieue sud de la ville et on ne peut plus rien en voir. Sous les Tang, la cité connut un nouvel essor. Bien que portant le même nom, elle se trouvait ailleurs, à 35 km à l'est de la ville actuelle. On y a mis au jour de nombreuses reliques archéologiques. Puis les ancêtres des Ouïghour, les Huihu, les Tibétains, des populations turques et mongoles se partagèrent l'actuel Xinjiang et une civilisation brillante s'y développa, influencée par l'islam et le bouddhisme. Sous les Yuan, ce qui était devenu la Kachgarie devint un Etat vassal de la Chine, un Etat presque complètement islamisé. Sous les Ming, l'influence de la Chine se fit de plus en plus lointaine et il fallut attendre la poigne des empereurs Qing, Kangxi et Qianlong, pour que le pouvoir chinois se réaffirme dans la région.
Au milieu du XIXème siècle, les grandes puissances s'intéressèrent activement à la Haute-Asie : les Anglais et les Russes établirent des consulats à Kashgar et, en 1860, le tsar obtint l'ouverture aux relations commerciales entre le Turkestan chinois et la Russie. En 1862, c'est la révolte des musulmans, dirigés par Yakub-beg ; Kashgar se trouva au coeur des déchirements que connut le Xinjiang et qui se ressentent aujourd'hui encore. Ce n'est, par exemple, qu'en 1983 que la région autonome du Xinjiang et les républiques soviétiques de Kirghizie et Kazakhstan ont rouvert des points de passage qui permettent la circulation des biens et des personnes. Lun de ces points, fermé depuis 1967, se trouve près de Yining, l'autre à 160 km de Kashgar. C'est dire si Kashgar est vraiment « au milieu des empires » !
Depuis 1991, les résidents de l'exURSS, les Pakistanais et les Indiens n'ont plus besoin de visa pour se rendre au Xinjiang. Dès l'ouverture des frontières, mille cinq cents Russes, Estoniens, Kazakh, etc., arrivaient chaque jour à Kashgar pour s'approvisionner en biens de consommation chinois de moindre coût, introuvables dans leurs pays respectifs. Kashgar sort progressivement de son isolement et l'on ressent nettement que l'on se
trouve ici à quelques centaines de kilomètres de Tachkent ou d'Alma-Ata... et à quelques milliers de kilomètres de Pékin.Ce qui fait la beauté de cette ville médiévale, c'est d'abord, dans chaque quartier, le nombre et la splendeur des mosquées. La plus grande est la mosquée d'Id Kar, construite en 1460, qui marque le centre de la ville. Sa porte monumentale est flanquée de deux tourelles de couleur ocre jaune, sans aucune décoration. Une dizaine de milliers de fidèles viennent y faire leurs prières, cinq fois par jour. Sur la grande place, devant la mosquée, sont installées les échoppes d'un bazar gigantesque. Il ressemble à tous les souks orientaux : des venelles encombrées de magasins à volets de bois où s'activent cordonniers, tailleurs, coiffeurs, forgerons, marchands de tapis, herboristes, etc. Chaque ruelle est spécialisée dans un corps de métier et la rue des couteaux, comme celle des chapeaux sont particulièrement renommées dans la province. Ce bazar, qui couvre une surface de 11 ha, abrite huit mille échoppes et reçoit quelque 400 000 visiteurs par jour, est censé être le plus grand d'Asie. Le plus beau monument de la ville est le mausolée d'Abakh Hodja, dont la coupole de faïence vert sombre reflète les rayons du soleil. Descendant, paraît-il, du prophète Allah, la famille Hodja, venant de Samarkand, s'installa à Kashgar au début du xvie siècle. Elle y instaura un Etat théocratique, dont Abakh Hodja fut, au XVIIème siècle, le grand consolidateur. C'est dans ce mausolée qu'on révère la mémoire de son arrière petite-fille, la concubine impériale Xiangfei, bien qu'elle soit en fait ensevelie à Pékin. On raconte que vers le milieu du XVIIIème siècle la belle Ouïghour fut emmenée à Pékin comme trophée de guerre pour servir de concubine à Qianlong mais que, nostalgique et humiliée dans son orgueil national, elle refusa les avances de l'empereur. Finalement la reine mère lui ordonna de se suicider devant elle, ce qu'elle fit en s'étranglant de ses propres mains.
Le mausolée comprend également la bibliothèque (vide) où enseignait Abakh Hodja ainsi qu'une belle mosquée à colonnes et chapiteaux de bois richement décorés.
Le spectacle de la rue, enfin, n'est pas, et de loin, ce qu'il y a de moins intéressant à observer à Kashgar. Les regards, les visages, les attitudes font davantage penser à des enluminures persanes qu'à la puissante Chine. Pour tenter de vous y retrouver dans le labyrinthe des minorités nationales, observez les couvre-chefs : l'homme ouïghour porte un bonnet carré et légèrement pointu, brodé en vert. Sa femme porte une calotte plus petite, avec des dessins de couleurs. La veuve ouïghour a droit à une calotte dorée posée sur un voile blanc. Les Kirghiz portent un bonnet pyramidal, avec un grand bord, blanc ou vert, surmonté d'une petite flamèche. Les Tadjik portent une coiffe ronde, plate comme une boîte à fromage. Les bergers qui vivent en altitude portent des bonnets en mouton retourné. On croise aussi des femmes couvertes d'un voile brun, à maille lâche. Aux environs de Kashgar, on visitera l'emplacement de l'ancienne Shule. Il ne reste malheureusement pratiquement rien de visible et c'est plutôt l'occasion de voir la campagne et ses habitants. Dans le désert, au nord et à proximité de l'aéroport se trouvent les ruines des grottes bouddhiques des Trois Immortels, Sanxiadong. Là aussi, il ne reste plus grand chose à voir, car la rivière a creusé son lit et les grottes, qui étaient autrefois au niveau du sol, se trouvent à plus de 20 m de hauteur.

 
Les grottes des Milles Bouddhas de Kizil kizil
 
Ces grottes se trouvent à quelques dizaines de kilomètres à l'intérieur du désert. Elles comprennent à peu près soixante-dix grottes bien préservées et les trésors qu'elles renferment méritent la peine qu'il faut se donner pour les découvrir. Les fresques qui les ornent couvrent une surface de près de 10 000 ml et sont conservées dans le même état de fraîcheur que les plus belles grottes de Dunhuang. Baicheng était autrefois situé dans l'antique royaume de Guizi. Ce royaume entretenait des relations diplomatiques avec la Chine sous les Han et également sous les Tang. Traversée par la route de la soie, la région fut influencée très tôt par le bouddhisme et on pense que l'exécution des fresques de Kizil s'étendit sur plusieurs siècles à partir du iii' siècle de notre ère.
Les couleurs employées sont surtout le bleu vif, le vert, le blanc et le noir. Le sommet des grottes a été taillé en forme de dôme et les parois de ces dômes sont décorées par des fresques découpées en losanges. Chaque losange décrit une étape de la vie du Bouddha. Certains comprennent le portrait du mécène qui a fait décorer la grotte ou le mur en question. Les murs sont occupés par d'élégants ballets exécutés par les divinités volantes, les apsaras, danseuses et musiciennes. On peut aussi voir de nombreuses scènes de la vie quotidienne du temps du royaume de Guizi : des caravanes, des paysans et des chasseurs, ainsi que les costumes de l'époque. Ces fresques sont un témoignage du très haut degré de culture auquel étaient parvenus les artistes de cette région d'Asie centrale. A 13 km au nord-ouest de Kucha se trouvent les grottes bouddhiques de Kizil Kira.
 
Yining   yining
 
Capitale de la préfecture autonome Kazakh de Ili.
A l'ouest d'Urumqi, sur la frontière entre la Chine et le Kazakhstan.
Ancien nom : Kuldja.

Les riches pâturages de la région de Yining, arrosés par la rivière Ili (qui prend sa source dans les Tianshan), ont attiré de nombreux envahisseurs au cours des siècles. Les Kazakh, descendants des nomades Wusun, sont arrivés là au début de notre ère. En 744, l'empire Tang annexa ces terres alors gouvernées par des khans turcs. Gengis Khan annexa à son tour le Yili en 1218. Puis l'empereur mongol Kubilai Khan y installa une garnison militaire, imité en cela, cinq siècles plus tard, par l'empereur mandchou des Qing, Qianlong, qui y fit déporter de nombreux condamnés chinois, ouïghour et autres, à partir de 1758. Les Russes occupèrent la région de 1871 à 1881, puis à partir de 1949, quand le Yili demanda la protection des Soviétiques pour maintenir l'indépendance de la république du Turkestan oriental. Tandis que Staline et Mao Zedong poursuivaient leurs négociations, les relations économiques privilégiées entre les Russes et les habitants de la région se poursuivirent jusqu'en 1960. La rupture sino-soviétique du début des années 60 conduisit, en 1962, à l'exode massif vers l'Union soviétique de quelque 60 000 Kazakh et Oùighour mécontents de la politique agraire du Grand Bond en avant. Avec l'ouverture actuelle des frontières, ces exilés commencent à revenir progressivement dans la région.
Avec le développement du tourisme entre Urumqi et Alma-Ata, Yining devient une étape intéressante pour les amateurs de ces villes frontières où l'on voit littéralement les grandes cultures se toucher et s'interpénétrer. La variété architecturale de Yining, déjà, témoigne autant de la présence russe que de la présence de l'islam ou de celle de la Chine. La plupart des grands édifices sont de style russe et on peut voir l'église, le cimetière et l'école russe (rouvert en 1985). Mais il y a aussi plus de cent mosquées, fréquentées par les Ouïghour et les Hui. La mosquée Ouïghour, sur Jiefang nanlu, et la mosquée du Shaanxi, sur Shengli jie, sont à voir. Elles sont toutes les deux de style chinois, comme la mosquée de Xi'an. A suivre...

Big-bisous à toutes et à tous. @+Domi&Xiu.report_v3Xiu