Le blog de Xiu

mercredi 27 mai 2009

La culture du thé à Guiyang

Guiyang

GUIYANG, 27 mai : Deux artistes montrent leur dextérité en versant de l'eau dans un verre avec un long bec verseur lors de la cérémonie d'ouverture du festival "Enjoying Fragrant Tea with Health" à Guiyang, capitale de la province du Guizhou (sud-ouest), le 26 mai 2009. Cette activité de cinq jours inclue des représentations artistiques relatives à la culture du thé.

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Une fille montre sa dextérité en versant de l'eau dans deux verres lors de la cérémonie d'ouverture du festival "Enjoying Fragrant Tea with Health" à Guiyang.

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Des filles montrent leur dextérité en versant de l'eau dans un verre lors de la cérémonie d'ouverture du festival "Enjoying Fragrant Tea with Health" à Guiyang.

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mardi 26 mai 2009

La Chine se prépare à
l’Exposition universelle 2010

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Après les JO de Beijing, c’est avec le même enthousiasme que les Chinois attendent l’Exposition universelle 2010 de Shanghai. Qualifiée de Jeux olympiques de l’intelligence humaine et ayant été tenue pour la première fois à Londres en 1851, l’exposition universelle est la plus importante exposition à l’échelle planétaire. Depuis un peu plus d’un siècle et demi, les expositions universelles présentent tous les progrès scientifiques et techniques de l’humanité et les grands défis qu’elle doit affronter. L’Exposition universelle de Shanghai est la première de ces expos à être organisée en Chine et dans un pays en développement. Les organisateurs souhaitent donc offrir au monde une exposition extraordinaire, inoubliable et réussie.

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lundi 25 mai 2009

Les préparatifs vont bon train

Shanghai, la métropole du pays, se trouve dans l’est de la Chine et l’Exposition universelle s’y tiendra du 1er mai au 31 octobre 2010. À une année de l’ouverture de cette exposition, les préparatifs avancent bien. Plus de 200 pays et organisations internationales ont confirmé leur participation.

100 stations de métro seront construites

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L’horloge du compte à rebours de l’Expo

Les défis viennent de la circulation, de l’hébergement et des capitaux.

Les travaux de rénovation de l’aéroport sont en cours. Lors de l’Exposition universelle 2010, l’aéroport de Shanghai sera en mesure d’accueillir 83 millions de personnes.

Le réseau de rails sera le principal moyen de transport dans la ville. Pendant l’Exposition universelle, 50 % des touristes entreront dans la zone de l’exposition par des lignes de métro. Cinq lignes traverseront le parc de l’exposition et dix stations de métro seront construites à l’intérieur et autour de ce parc. À l’entrée de toutes les stations de métro de la ville, les touristes devront subir un contrôle de sécurité. « Une centaine de stations de métro sont actuellement en construction », affirme M. Zhu. À la fin de 2008, il y avait 234 km de lignes de métro dans la ville, ce qui plaçait Shanghai au 9e rang mondial. Fin 2009, la longueur totale sera de 400 km et Shanghai occupera la 3e place dans le monde, après New York et Londres.

D’après M. Zhu, malgré la diversité des formes d’hébergement (familles d’accueil comprises), la capacité actuelle d’hébergement de Shanghai ne satisfait pas la demande. Les villes voisines, comme Hangzhou et Suzhou, hébergeront une partie des touristes. La ligne ferroviaire interurbaine Shanghai-Hangzhou est en cours de construction, et lorsqu’elle sera terminée, le trajet ne prendra plus que 38 min.

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Fin 2009 à Shanghai, la longueur totale des rails en service sera de 400 km, de sorte que la ville occupera la 3e place dans le monde, après New York et Londres.

Tout le monde se soucie du rassemblement des fonds. Selon M. Zhu, économiser est la ligne directrice du processus d’organisation de l’exposition universelle. Dans le parc, on tirera parti des bâtiments existants. Par exemple, l’ancien bâtiment de l’usine sidérurgique n°3 de Shanghai sera transformé en centre de spectacles, et trois docks de l’ancien chantier de construction navale Jiangnan formeront les tribunes. L’utilisation de vestiges industriels est très populaire, explique M. Zhu.

« La participation à une exposition universelle requiert sans aucun doute une grosse somme d’argent. Tout pavillon nécessite des dizaines de millions de $US. La crise financière touche tous les pays, qu’ils soient développés ou en voie de développement. Au moment où la Chine a obtenu le droit d’organisation, nous avons promis de créer un fonds d’aide de 100 millions de $US. Les pays qui correspondent aux conditions à remplir peuvent obtenir de l’aide. Parmi les pays en développement, 120 en ont déjà bénéficié. Pour les pays développés, nous faisons tout ce que nous pouvons pour que les coûts soient les plus bas possible. Dans l’ensemble, les coûts seront moins élevés à Shanghai qu’ils l’ont été dans les pays développés », poursuit M. Zhu.

En dépit des difficultés économiques actuelles, tous les pays manifestent de l’intérêt pour l’Exposition universelle de Shanghai. Même en pleine crise, l’Islande a confirmé, en décembre dernier, sa présence en signant son accord de participation. « Nous honorons l’engagement que nous avons pris au moment du dépôt de notre candidature, c’est-à-dire d’avoir 200 pays participants à l’exposition », affirme M. Zhu. Au 17 mars 2009, 232 pays et organisations internationales avaient confirmé leur présence.

Le pavillon de la Chine, un style des Tang

D’après les règlements du Bureau international des expositions (BIE) et de la Convention concernant les expositions internationales, les pavillons des pays participants doivent être démantelés après la clôture de l’exposition. Cette exigence a pour but d’éviter la commercialisation excessive et la surexploitation du terrain dans le pays hôte. Les architectures permanentes occuperont 30 % de l’ensemble des constructions de l’Exposition universelle de Shanghai. Les autres seront des constructions temporaires. On va conserver l’axe de l’Exposition universelle, le pavillon de la Chine, le Pavillon thématique, le Centre de l’Exposition universelle et le Centre des spectacles. En imitant en grande partie le style traditionnel chinois, ces constructions permanentes représentent les caractéristiques architecturales locales.

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Le chantier du pavillon de la Chine à l’Expo Le pavillon de la Chine, ressemble à la fois au bonnet des anciens fonctionnaires, à un dou (un ancien récipient à céréales), et au dougong (un élément de l’architecture chinoise). (Maquette)

« Quand la conception du pavillon de la Chine a été présentée, on a dit que le pavillon ressemblait à une construction japonaise. En fait, il incarne le style typique de la dynastie des Tang (618-907). Les architectures japonaises ont repris beaucoup d’éléments des Tang et les perpétuent. En Chine, la diffusion du style des Tang a été interrompue. Nous l’adoptons de nouveau dans la construction du pavillon de la Chine », nous explique M. Zhu. Haut de 63 m, ce pavillon ressemble à la fois au bonnet des anciens fonctionnaires, à un dou (un ancien récipient à céréales) et au dougong (un élément de l’architecture chinoise); il représente ainsi la prospérité du pays et l’abondance.

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L’axe de l’Expo

La conception du Pavillon thématique reprend des éléments de la linong (ruelle) et des fenêtres sur les toits, typiques de Shanghai. Le Centre des spectacles incarne la modernité technique. Toutes les constructions permanentes utilisent des technologies d’énergie solaire. L’axe de l’Exposition universelle, longue de 1 045 m et large de 99 à 110 m, permettra de diriger la circulation des visiteurs. Après l’Exposition, il se peut que cet endroit soit transformé en centre commercial.

L’originalité des pavillons des pays participants

En général, les pavillons des pays participants seront des constructions temporaires divisées en trois types : les pavillons conçus, construits et aménagés par les pays participants eux-mêmes; ceux qui seront construits par le pays hôte et loués aux pays participants; et les pavillons conjoints. Par exemple, en tant que pays hôte, la Chine a construit un pavillon commun pour 45 pays africains. « Il est magnifique et reflète le style africain. Comme les chants et danses d’Afrique sont très connus, nous leur avons réservé une place de spectacles. »

Certains pays participants investissent beaucoup dans la construction de leur pavillon national et ce dernier fait souvent preuve d’une grande originalité. Une vingtaine de pays ont terminé la conception, et les travaux de construction commencent les uns après les autres.

Le Royaume-Uni a envoyé six groupes d’enquête à Shanghai. Ces groupes ont présenté six projets et ont laissé le choix aux habitants de Shang-hai. Le projet que ces derniers ont sélectionné est ensuite retourné au Royaume-Uni où s’est opéré le choix du projet final.

Le pavillon du Luxembourg est très intéressant. Sachant qu’aux yeux des Chinois, il est un petit pays, ce dernier a construit un château. Sur le mur, on peut lire, en chinois, la phrase suivante: « Petit, c’est beau aussi. »

Le pavillon de l’Espagne a la forme de la jupe flottante d’une danseuse de flamenco. Cette jupe est faite d’osier, une matière recyclable qui peut aider à réguler la température.

Les pavillons temporaires allient les technologies de pointe et les matières recyclables. Le mur extérieur du pavillon de la Suisse est fabriqué de fibres de soja qui peuvent produire de l’électricité.

D’après M. Zhu, l’exploitation future de l’emplacement des pavillons temporaires va donner à Shanghai un nouveau centre de loisirs, de culture et de commerce.

La présentation des meilleures pratiques urbaines

L’aménagement de la zone des meilleures pratiques urbaines constitue un point exceptionnel de l’Expo universelle de Shanghai.

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Le pavillon de la Grande-Bretagne à l’Expo universelle de Shanghai (Maquette) Le pavillon du Luxembourg est un château présentant quatre caractères chinois gravés : Petit, c’est beau aussi. (Maquette)

Selon la coutume des expositions universelles, les principaux participants doivent être les pays ou les organisations internationales, et les villes n’en faisaient pas partie. Cependant, comme le thème de cette édition porte justement sur la ville, on a aménagé une zone de 15 ha réservée aux meilleures pratiques urbaines. Selon Zhu Yonglei, ce ne sont pas à strictement parler les villes elles-mêmes qui seront présentées, mais plutôt leurs meilleures pratiques.

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Benedetta Tagliabue, l’architecte du pavillon de l’Espagne, présente sa maquette.

Pour l’instant, parmi les 108 exemples proposés par 80 villes, 15 exemples d’édifices et une quarantaine d’exemples de pavillons ont été présentés. Tous font preuve d’une bonne façon de faire en gestion urbaine. On peut les répartir en quatre domaines : villes habitables, urbanisation durable, protection et utilisation du patrimoine historique, ainsi qu’innovation technologique dans un environnement aménagé.

Le projet de restauration et d’exploitation de l’édifice Decheng’an de Macao (Chine) a été sélectionné comme exemple de la meilleure pratique de construction d’une zone urbaine. En 2004, cet emplacement a obtenu le Prix de l’Unesco pour la conservation du patrimoine culturel dans la région Asie-Pacifique. Construit en 1917, cet édifice a été, à un moment donné, le plus grand mont-de-piété de Macao. Il était inoccupé dans les années 1990. En 2001, le gouvernement de la région administrative spéciale de Macao a investi 1,4 million de patacas macanais pour sa restauration et son entretien, avant de confier son exploitation à une personne de l’endroit. Après sa restauration, Decheng’an a été ouvert au public comme salle d’exposition du mont-de-piété et maison de la culture. En plus de la conservation des architectures et de la culture d’un mont-de-piété traditionnel, il a également satisfait aux besoins des bénéficiaires concernés.

Un témoignage du concept sous-jacent à l’Expo

Le parc de l’Expo universelle 2010 de Shang-hai se compose d’une zone clôturée (où l’accès est réservé aux détenteurs d’un billet) et de terrains destinés à diverses installations à l’extérieur de cette première zone. Couvrant une superficie de 5,28 km2, l’ensemble du parc se répartit sur les deux rives de la rivière Huangpu. Pour sa construction, il a fallu déménager 18 000 foyers, dont la plupart relevaient de l’ancien chantier de construction navale Jiangnan (ancêtre du Jiangnan Shipyard (Group) Co., Ltd) et de l’ancienne usine sidérurgique no 3 de Shanghai (ancêtre de la SARL sidérurgique de Pudong de Shanghai relevant du groupe sidérurgique de Baoshan). « On peut dire que ces habitants sont les premiers à avoir vécu de façon très concrète la signification du slogan de l’Expo universelle de Shanghai : “Meilleure ville, meilleure vie”», souligne M. Zhu.

L’ancien chantier de construction navale Jiangnan, dont l’ancêtre avait été fondé en 1865, est surnommé le « berceau de l’industrie moderne chinoise ». Ses 440 000 m2 de surface bâtie représentaient 47 % de la zone ouest de Puxi du parc de l’Expo. Quant à l’ancienne usine sidérurgique no 3 de Shanghai, elle était à l’origine la première en son genre en Chine. Sa fondation remontait à 1913, et elle s’étendait sur une superficie de 2,1 millions de mètres carrés. À propos du déplacement de ces deux entreprises, M. Zhu explique : « Au moment de leur création, ces usines se trouvaient en banlieue. À la suite du développement de la ville, elles faisaient désormais partie de ses zones centrales et les usines influençaient l’environnement de ces zones. Le déplacement des usines leur a fourni une nouvelle occasion de développement. »

On a gardé certains édifices historiques de l’ancien chantier de construction navale Jiangnan qui a été déplacé sur l’île Changxing, sise à l’embouchure du Yangtsé. L’envergure de l’emplacement du chantier naval a quintuplé, et en Chine, ce chantier a désormais les installations les plus avancées et le niveau de modernisation le plus élevé. Il est aussi le plus grand chantier naval de Chine. Pour sa part, l’ancienne usine sidérurgique no 3 de Shanghai se trouve aujourd’hui à Luojing. Avec l’introduction de la technique sidérurgique la plus avancée dans le monde, elle ne pollue désormais que très peu.

Manquant pour la plupart d’installations sanitaires, un grand nombre d’anciennes maisons qui abritaient les habitants déplacés avaient été bâties dans les années 1930. Après avoir touché une compensation monétaire, ces habitants ont pu acheter un logement, soit dans les deux shibo jiayuan (berceau de l’Expo universelle) construits spécialement à leur intention, ou ailleurs, s’ils le préféraient. La grande majorité d’entre eux ont choisi la première option, le prix étant inférieur d’environ 1 000 yuans par rapport aux autres logements situés dans le même quartier. « Pour la plupart d’entre eux, l’Expo universelle de Shanghai a permis de profiter d’une bonne occasion pour améliorer leurs conditions d’habitation », affirme M. Zhu.

Malgré cela, il y a eu de 20 à 30 foyers qui se sont montrés insatisfaits du déménagement. Certains d’entre eux appartenaient à une grande famille et ils espéraient que chaque petite famille puisse disposer d’une demeure indépendante. Vu la superficie limitée de leur ancien logement, le gouvernement local a éprouvé des difficultés à trancher cette question. D’autres cas concernaient des résidants ayant logé autrefois dans les dortoirs collectifs de l’ancienne usine sidérurgique no 3 de Shanghai. Ils habitent maintenant dans des dortoirs de même grandeur. Pour leur part, ils espèrent bénéficier du droit de propriété de leur nouveau dortoir. À ce titre, M. Zhu explique avec regret : « Dans le cadre juridique actuel, on n’arrive pas à résoudre ce problème. »

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dimanche 24 mai 2009

Profiter d’Internet
pour accroître son influence

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L’Expo 2010 en ligne est une innovation de l’exposition.

Dans l’histoire, l’exposition universelle a été plus stimulante que les Jeux olympiques. La première édition des JO n’ayant pas attiré une grande attention de la part du public, Pierre de Coubertin avait décidé de profiter des expositions universelles qui jouissaient alors d’une grande popularité pour élever la réputation des JO. Les trois éditions successives des JO qui ont suivi se sont déroulées parallèlement aux expositions universelles.

« À ce qu’il me semble, une raison importante pour laquelle les JO ont gagné le cœur du public, c’est leur manière de s’associer aux médias modernes. Ce fut le cas des JO de Los Angeles en 1984. Le fait qu’ils ont su coopérer avec la télévision leur a permis de résoudre simultanément les questions liées aux profits et à la diffusion. Ce qui a manqué aux expositions universelles, c’est qu’elles ne sont pas arrivées à bien s’associer aux médias modernes », exprime M. Zhu. Avant d’être nommé directeur adjoint du Bureau de coordination pour l’Exposition universelle de Shanghai, cet homme travaillait dans un média. Encore maintenant, il continue de penser qu’un partenariat avec une télévision est adapté aux expositions universelles en tant que manière de les présenter.

S’il y a association entre le sport et la télévision, c’est que l’approche de communication de la télévision met l’accent sur l’émotion collective. Or, les expositions universelles sont plutôt des événements donnant lieu à des impressions personnelles. Chacun a des demandes différentes et des impressions différentes sur un même pavillon. À ce propos, M. Zhu déclare : « À l’Expo de Shanghai, Internet est le média le plus approprié, étant donné qu’il peut offrir des expériences tout à fait personnalisées. Le public peut choisir à sa guise le contenu qu’il désire, de même que la manière et le temps qui lui conviennent pour le consulter. Puisque le Bureau de coordination pour l’Exposition universelle de Shanghai espérait trouver un véhicule approprié à l’ère d’Internet, nous avons été sur la même longueur d’ondes au premier contact avec les responsables du Bureau de coordination. » Depuis juillet 2006, l’Expo universelle de Shanghai a formulé le concept « Expo 2010 en ligne ».

Dans l’histoire, c’est l’Expo 2000 d’Hanovre qui a, la première, pris l’initiative d’ouvrir un site Web officiel, mais l’Expo de Shanghai en ligne présente des particularités. Sa première page est consacrée au parc de l’Expo présenté en 3D. Il suffit de cliquer légèrement sur la souris pour visiter librement n’importe quel pavillon et apprécier ses expositions en 3D. On peut pratiquement dire que le site recèle plus d’informations qu’une visite sur place.

Pour l’Expo de Shanghai, on prévoit quelque 10 millions de visiteurs étrangers. À ceux qui ne peuvent pas venir sur place, l’Expo en ligne fournit l’occasion de suivre de près le pavillon de leur propre pays. Ceux qui peuvent y venir pourront également, au préalable, parcourir les informations en ligne pour choisir ce qu’ils veulent visiter. D’autres encore qui, même en venant sur place, n’arriveraient pas à compléter leur visite, faute de temps, pourront toujours la continuer en ligne.

Bien évidemment, certains se préoccupent de la possibilité que l’Expo en ligne puisse influencer le nombre de visiteurs sur place. À cet égard, M. Zhu ne se fait aucun souci. Pour lui, au bout du compte, la visite réelle et la visite virtuelle sont différentes. Le site Web de Disney est bien fait, mais il n’influence pas pour autant l’afflux des visiteurs sur place.

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samedi 23 mai 2009

Le thème reflète les progrès
des connaissances de l’humanité

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Le Pavillon thématique sera un site économisant l’énergie et respectueux de l’environnement.

« Le processus de choix du thème a duré un an et demi. Après avoir étudié les thèmes des expositions universelles précédentes, nous avons eu l’impression que tous les thèmes avaient été abordés et qu’il n’y avait plus rien d’intéressant à exploiter », se rappelle le Dr Ji Lude, chef du département de conception du thème, relevant du Bureau de coordination pour l’Exposition universelle de Shanghai. Le Dr Ji a pris part aux recherches sur le thème, dès le moment où Shanghai a décidé de poser sa candidature pour l’Expo universelle de 2010, soit en mai 1999, alors qu’il était professeur à l’université.

« Commémoration du centenaire de la ville de Chicago et célébration d’un siècle de croissance de la science » constituait le thème de l’Expo universelle de Chicago, en 1933, et depuis lors, chaque Expo a eu son thème propre. Avant 1933, non orientée sur un thème concret, l’exposition universelle avait surtout présenté les habiletés et les succès de l’humanité dans sa conquête de la nature, une source de fierté. De nombreuses « premières » ont également été présentées au public lors des expositions universelles. Par exemple : la machine à vapeur de grande puissance, à Londres en 1851; l’ascenseur, à New York en 1853; le béton, à Paris en 1867; et l’ampoule à filaments de tungstène, à Paris en 1878. Tout cela a contribué à ce que la perception populaire soit que tout commence avec l’Expo.

Après la Seconde Guerre mondiale, l’humanité a commencé à délaisser le culte voué à la science pour se tourner plutôt vers la réflexion sur les effets négatifs engendrés par la science et l’industrialisation. La première Expo universelle après cette guerre a été celle de Bruxelles, en 1958, et son thème était : « Bilan du monde pour un monde plus humain ». Dans les années 1970, les expositions universelles ont commencé à accorder de l’importance à la manière de coordonner les progrès techniques avec le bonheur des humains et la préservation de l’environnement naturel. De ce fait, le thème de l’Expo 1970 à Osaka était : « Progrès humain dans l’harmonie ». Depuis le début des années 1990, le développement durable est au centre des conversations. Le thème de l’Expo 2000 d’Hanovre a été « L’Homme, la Nature et la Technologie », et celui de l’Expo 2005 d’Aichi, « La Sagesse de la Nature ».

Une tribune pour étudier les problèmes importants de l’humanité

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Un appareil photo Kodak présenté à l’Expo de Chicago, en 1893

Le groupe d’étude de l’Exposition universelle de Shanghai a finalement choisi trois thèmes parmi les 32 propositions. De ces trois, deux portent sur le concept de ville. Lors de sa visite à Shanghai en 1999, M. Ole Phillipson, alors président du BIE, avait proposé dix thèmes, et tous concernaient la ville et la vie. Le thème final est : « Meilleure ville, meilleure vie ». Le Dr Ji déclare : « La ville suscite l’attention du monde entier. Ce thème est lié à d’autres thèmes dont, entre autres, les sciences et technologies, l’harmonie entre l’homme et la nature, les relations entre l’homme et l’environnement et le problème du développement durable. »

Encore aujourd’hui, le Dr Ji et ses collègues continuent d’expliquer ce choix. Il confie : « Depuis le début, ce thème a toujours été controversé. » D’abord, l’interprétation chinoise du thème anglais « Better city, Better life » pose problème. Si la phrase anglaise est écrite ainsi, c’est juste par souci technique : c’est plus agréable à entendre. Mais il y a un problème pour le chinois. La vie à la campagne n’est-elle pas belle aussi? « En réalité, l’Exposition universelle veut simplement signifier un souhait, pas présenter une conclusion », ajoute le Dr Ji.

Les pays occidentaux sont déjà entrés dans l’époque post-moderne. Ils ont notamment des problèmes de criminalité urbaine, de pollution, de forte consommation d’énergie. Or, la Chine est encore en phase d’urbanisation rapide. La plupart des gens reconnaissent que la ville est un mode de vie, le symbole d’une vie meilleure. Aujourd’hui, la moitié de la population mondiale vit en ville. Dans 20 ans, 70 % des habitants du monde seront des citadins. D’où l’importance du thème : « Comment améliorer la vie urbaine? »

La concurrence entre les différentes candidatures à l’Exposition universelle de 2010 a été fort acharnée. Shanghai, Moscou (Russie), Yeosu (Corée du Sud), Wroclaw (Pologne) et Querétaro (Mexique) ont participé à la phase finale de sélection. Le 3 décembre 2002, à 22 h 15 (heure de Beijing), au cours de la 132e assemblée du BIE qui s’est tenue à Monte-Carlo (Monaco), Shanghai a été choisie par 54 voix, soit 88 % du nombre total.

Si Shanghai a pu saisir cette occasion, c’est qu’il y avait une raison importante qui a permis de le faire. Le thème de cette exposition de Shanghai a été reconnu de tous.

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vendredi 22 mai 2009

La participation des Chinois à toutes les expositions universelles

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Dipl_me_d_honneur

Le Village chinois de l’Expo de St. Louis (Missouri, États-Unis) en 1904 Diplôme d’honneur obtenu par la société de soie Yung Kee, lors de l’Expo de Londres, en 1851

Lors de la première Exposition universelle qui a eu lieu à Londres en 1851, on a présenté une grande quantité de produits industriels et agricoles de la Chine, ainsi que beaucoup d’objets d’artisanat de ce pays. M. Xu Rongcun, un commerçant originaire de Guangzhou qui faisait alors des affaires à Shanghai y a apporté un produit qui a obtenu un grand prix. Ayant entendu dire que les agents et les commerçants britanniques résidant en Chine encourageaient les Chinois à participer à l’exposition universelle, il a sélectionné douze paquets de soie de sa société Yung Kee et les a transportés rapidement à Londres. Même si elles étaient mal emballées, ces marchandises ont été achetées quelques mois plus tard. Finalement, elles ont obtenu un prix. La reine d’Angleterre a décerné une médaille de grande valeur et un diplôme d’honneur à M. Xu. À partir de ce moment-là, la soie de Yung Kee s’est bien vendue dans le monde.

Au cours de l’Exposition universelle de Paris en 1889, Chen Jitong, conseiller de l’ambassade de Chine en France, a accompagné beaucoup de Chinois qui ne maîtrisaient pas de langues étrangères et qui n’étaient jamais allés à l’étranger. Ensemble, ils ont visité la tour Eiffel (l’architecture symbolique de cette exposition), ont découvert le dirigeable et ont visité la Galerie des machines où étaient exposées les techniques de pointe de cette époque.

À cause de la décadence de la Chine, les affaires liées à sa participation aux expositions universelles étaient contrôlées par les étrangers qui ont administré la Douane chinoise jusqu’au début du XXe siècle. En général, ils plaçaient l’intérêt du commerce étranger au-dessus de tout. Parfois même, ils ont montré intentionnellement une image négative de la Chine, notamment à l’Exposition de Saint Louis (Missouri, États-Unis) en 1904, où on a exposé un groupe de sculptures en argile de prostituées, de détenus, de mendiants et d’opiomanes. On a dû attendre jusqu’en 1906, à l’Exposition de Milan (Italie), pour que la Chine mette un terme à la situation où les étrangers décidaient de sa participation à l’exposition. À partir de ce moment-là, les organisations officielles et populaires chinoises ont participé conjointement aux expositions universelles.

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À l’Expo de Knoxville (États-Unis) en 1982, c’était la première participation de la Chine nouvelle à une exposition universelle. Sur la photo, des briques de la Grande Muraille qui y ont été exposées.

C’est en 1982 que la Chine nouvelle a participé pour la première fois à une exposition universelle. C’était celle de Knoxville (États-Unis), où ont été exposés dix vieilles briques de la Grande Muraille et des guerriers et chevaux en terre cuite de l’empereur Shihuangdi de la dynastie des Qin (221—207 av. J.-C.). Chaque jour, le pavillon de la Chine a reçu 30 000 visiteurs, soit le quart du nombre quotidien total de visiteurs à l’exposition. Selon la presse locale, les Américains ont été conquis par les vieilles pierres de la Grande Muraille de Chine. Jusqu’à l’Exposition 2005 d’Aichi (Japon), la Chine a participé à onze expositions universelles et à presque toutes les expositions de la catégorie enregistrée. Les objets exposés représentant la Chine ancienne ont toujours attiré les visiteurs.

Lors des expositions universelles, la Chine présente non seulement ses objets d’artisanat, mais aussi les fruits de son application des sciences et techniques. Lors de l’exposition qui a eu lieu à Brisbane (Australie) en 1988, un court métrage de 18 min intitulé Aperçu de la Chine a été présenté sur écran 360o et a été grandement apprécié par les spectateurs. À cette Expo, le pavillon de la Chine a été élu « Pavillon cinq étoiles » et « Meilleur pavillon ». Au cours de l’Exposition universelle de Séville (Espagne) en 1992, la Chine a exposé plusieurs types de satellites de communication, de même que la fusée Changzheng 2 (Longue Marche). En 1993, les techniques aérospatiales et les travaux du barrage des Trois Gorges sur le Yangtsé ont été présentés dans le pavillon de la Chine de l’Exposition de Taejon (Corée du Sud).

Après le choix du thème de l’exposition, l’interprétation de sa signification a pris de l’importance. Le Dr Ji Lude considère le thème comme l’âme de l’exposition. Les Chinois doivent non seulement présenter au monde leur longue civilisation et ses techniques d’avant-garde, mais aussi leur conception originale.

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Dans le pavillon de la Chine à l'Expo d'Aichi au Japon en 2005, un enfant japonais est curieux de découvrir une série de cloches suspendues de la Chine ancienne.

Au début du XXe siècle, dans presque toutes les expositions universelles, le pavillon de la Chine présentait toujours des architectures typiquement chinoises, dont les remparts de Beijing, la Grande Muraille, le siheyuan (cour carrée avec bâtiments disposés autour) et des temples. En 1993, à l’Exposition de Taejon, on reconnaissait encore le pavillon de la Chine par son portail typiquement chinois. Depuis l’Exposition d’Hanovre (Allemagne) en 2000, le mode de présentation, caractérisé par la culture traditionnelle et les acquis en sciences et techniques chinoises, a incité les chercheurs à se pencher sur cet aspect. Comment, par une exposition universelle, montrer et transmettre la sagesse et la culture d’un pays et d’une nation comme la Chine, voilà l’aspect auquel on devait porter plus d’attention.

« La sagesse chinoise dans le développement urbain », thème du pavillon de la Chine de l’Expo 2010 de Shanghai, comprend les quatre aspects suivants : « Persévérance et perfection », « Large horizon et tolérance », « Respect de la nature » et « Unanimité et différence ». Les deux premiers aspects sont une synthèse parfaite et magistrale de l’essence de la culture urbaine et de l’esprit des citadins, alors que les deux derniers aspects expriment respectivement les rapports entre l’homme et la nature, et ceux entre les hommes eux-mêmes. Quant au projet sur le contenu du pavillon, lors de l’interview qu’il a accordée aux médias, M. Yang Xiong, maire adjoint permanent de Shanghai et directeur adjoint du Comité exécutif de l’Exposition universelle de Shanghai, a exprimé : « Nous tiendrons secret le projet du pavillon de la Chine jusqu’à l’ouverture de l’Expo et nous espérons surprendre tout le monde. »

Informations sur l’Expo 2010 de Shanghai

Classification des expositions universelles

Selon les règlements du Bureau international des expositions (BIE), les expositions universelles sont divisées en deux catégories selon leur contenu, leur envergure et leur durée. Ces deux catégories sont l’exposition enregistrée et l’exposition reconnue.

L’exposition enregistrée (exposition générale) dure six mois. C’est une exposition quinquennale et son niveau est le plus élevé.

L’exposition reconnue (exposition professionnelle) dure trois mois et se tient entre deux expositions enregistrées.

L’exposition universelle qui aura lieu à Shang-hai en 2010 est une exposition enregistrée.

Thème

Meilleure ville, meilleure vie

Emblème

Inspiré par la calligraphie du caractère chinois « » (qui signifie le monde) et par allusion à trois personnes se tenant la main, l’emblème évoque une famille soudée, comblée de bonheur. Il symbolise également la grande famille humaine composée de « toi, moi et lui ou elle », aspirant à une vie belle et harmonieuse. Il souligne ainsi l’idée chère à l’exposition universelle – compréhension, communication, union et coopération – et les objectifs poursuivis activement par l’Expo 2010 de Shanghai Chine, laquelle place l’homme au cœur de ses préoccupations.

Mascotte

Le nom de la mascotte est Haibao. Celle-ci a la forme du caractère ren (l’être humain) en tant que concept central. Non seulement elle reflète la particularité culturelle de la Chine, mais elle fait aussi écho à l’idée que l’on se fait de l’emblème de l’Exposition universelle de Shanghai. La couleur bleue de la mascotte représente la mer et l’avenir, de même que les sciences et techniques.

Durée

Du 1er mai au 31 octobre 2010 (184 jours)

Structure organisatrice

Le gouvernement chinois a créé le Comité national d’organisation qui agit comme instance de direction de l’Expo 2010 de Shanghai, Chine. Relevant du Comité national d’organisation, le Comité exécutif est l’organe qui se charge d’exécuter toutes les tâches confiées par le Comité national. Le Bureau de coordination pour l’Exposition universelle de Shanghai est responsable d’accomplir le travail quotidien lié au rôle de décision et de coordination du Comité exécutif pour l’Expo 2010.

Activités et tribunes

Les tribunes de l’Expo Shanghai comprennent la tribune au sommet, la tribune thématique et la tribune populaire.

La tribune au sommet est celle de la plus haute catégorie. On y discute des problèmes urbains qu’affronte le monde et on y rédigera la déclaration d’action. La Déclaration de Shanghai qui sera publiée par la tribune au sommet est un document programme

On prévoit qu’au cours des 184 jours de l’Expo, il y aura chaque jour, dans les zones d’exposition, plus de 100 activités artistiques de toutes sortes. Leur nombre total durant tout l’Expo dépassera 20 000. Ces activités sont variées, allant des démonstrations de techniques scientifiques, pièces de théâtre et tournées artistiques fournies par le pays organisateur, jusqu’aux activités des pays participants et des organisations internationales.

Emplacement

Les espaces de l’Exposition universelle de Shanghai se trouvent entre les ponts Nanpu et Lupu, sur les deux rives de la rivière Huangpu; la superficie prévue pour l’expo s’étend sur 5,28 km2; 3,93 km2 se trouvent à Pudong et 1,35 km2, à Puxi. Les sites clôturés, qui couvriront 3,26 km2, seront ouvertes aux détenteurs de billets d’entrée.

Répartition des zones d’exposition

Section A: pavillon chinois et pavillons des pays asiatiques (à part ceux de l’Asie du Sud-Est)

Section B: pavillons thématiques; pavillons de certains pays de l’Asie du Sud-Est et de l’Océanie; pavillons d’organisations internationales; centre d’activités publiques; Centre des spectacles

Section C: pavillons des pays d’Europe, d’Amérique et d’Afrique

Section D: pavillons d’entreprises

Section E : pavillons d’entreprises, pavillon de la civilisation urbaine et zone des meilleures pratiques urbaines

Site Web officiel :

www.expo2010china.com

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jeudi 21 mai 2009

Wang yang bu lao

Mieux vaut tard que jamais

Depuis plus de 2 000 ans, wang yang bu lao ou « s’occuper du troupeau après avoir perdu des moutons » est considéré comme un conseil judicieux, parce qu’on s’aperçoit très souvent qu’il n’est jamais trop tard pour être plus réfléchi dans ses décisions.

Cette phrase a été prononcée pour la première fois par Zhuang Xin, un officiel de la cour du roi Xiang de l’État de Chu, pendant la période des Printemps et Automnes (475 – 221 av. J.-C.). Ce roi s’était entouré de quatre fonctionnaires astucieux et serviles qui avaient réussi à gagner sa confiance. Cependant, aucun des quatre ne se souciait vraiment des affaires de l’État.

Wang_yang_bu_lao

Un jour, Zhuang Xin, un aide droit et franc, vint voir le roi et l’avertit que son régime sombrerait dans le chaos, car il faisait confiance aux mauvaises personnes pour gouverner l’État. Cependant, le roi pensa que Zhuang était jaloux du pouvoir et des privilèges qu’il accordait aux quatre officiels.

N’ayant pas réussi à persuader le roi de prendre ses distances par rapport à ces quatre vauriens, Zhuang démissionna et déménagea dans un État voisin. Cinq mois plus tard, l’État de Chu fut envahi par l’État de Qi et sa capitale fut prise par l’ennemi.

Rongé par le remords, le roi se rendit dans la demeure de son ancien aide Zhuang et lui demanda conseil sur la manière de récupérer ses territoires perdus et de reprendre la capitale. Zhuang Xin répondit : « Selon le dicton populaire, même après avoir aperçu le lièvre, il n’est toujours pas trop tard pour libérer les chiens de chasse, et il n’est pas trop tard pour s’occuper du troupeau, même après avoir perdu quelques moutons. Dans la mesure où Votre Excellence fait confiance aux bonnes personnes et mobilise le peuple, elle peut garder l’espoir de repousser les envahisseurs et de récupérer les territoires perdus. » Le roi suivit le conseil de Zhuang et fut en mesure de récupérer ses territoires au cours des mois qui suivirent.

Dans sa vie, chacun fait l’expérience d’une perte ou d’une mauvaise décision, une situation à peu près inévitable. Dans ce cas, ne serait-il pas sage de se souvenir de la sagesse de ce proverbe chinois et de se préparer à s’occuper du troupeau?

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mercredi 20 mai 2009

Admirez-moi ces objets…

La Chine est particulièrement renommée pour le cloisonné qui y est appelé jingtailan. Apparue à la fin de la dynastie des Yuan (1271-1368), cette forme d’art a atteint son apogée sous le règne de l’empereur Jingtai (1450-1457) des Ming (1368-1644). Comme la majorité des objets étaient bleus (lan), le cloisonné en a donc tiré son nom.

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Le corps de l’objet en cloisonné est en cuivre, et le motif qui l’orne a été formé par un fil de cuivre tenu en place par une colle végétale. Puis, on a rempli les différentes sections avec de l’émail coloré, les différentes couleurs pouvant rester bien séparées grâce à ce fil de cuivre. Après cinq ou six cuissons, la pièce a été polie pour en faire un magnifique objet d’art.

Admirez_moi_3Durant les Ming, le cloisonné était fabriqué en différents objets servant à l’usage exclusif du palais impérial : brûleurs d’encens, vases, pots, boîtes et chandeliers, et tous imitaient la porcelaine et les bronzes antiques. Aujourd’hui, Beijing est le principal centre de production du cloisonné, et on met surtout l’accent sur des objets pratiques auxquels on a ajouté une touche décorative.

Une paire de gros chevaux en cloisonné (2,1 m de haut, 2,4 m de long et pesant 700 kg) a aussi été fabriquée. Cette œuvre a demandé huit mois de travail, exigé la participation de centaines de travailleurs et plus de 60 tonnes de charbon pour la cuisson. Ces chevaux constituent le plus gros objet en cloisonné jamais fabriqué depuis la naissance de cet art.

Étant donné que le cloisonné a une surface émaillée qui est dure comme la porcelaine, mais qui peut s’écailler, il faut prendre soin de ne pas frapper l’objet contre quelque chose de dur. Pour entretenir votre cloisonné, il faut éviter d’en enlever la poussière avec un linge mouillé ou de le frotter trop vigoureusement. Un chiffon doux et la délicatesse sont de mise!

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mardi 19 mai 2009

Les personnages de l’opéra de Pékin

DANS l’opéra de Pékin, chaque personnage a un rôle strictement fixé selon des types. Les rôles féminins sont appelés dan, et les masculins sheng. Les personnages féminins se composent de plusieurs types : les qing yi (femmes raffinées d’âge moyen ou jeune), les hua dan (les séductrices ou jeunes femmes), les wu dan ou daoma dan (femmes douées dans les arts martiaux) et les lao dan (vieilles femmes). Quant aux rôles masculins, ils comprennent les lao sheng (vieux monsieurs), les xiao sheng (jeunes hommes) et les wu sheng (adeptes des arts martiaux). Le chou ou clown est facilement reconnaissable avec sa bande de peinture blanche autour des yeux et du nez. Il existe aussi différents types de clowns : les wen chou (clowns à l’esprit fin) et les wu chou (clowns pratiquant les arts martiaux). Les jing (ou hua lian) sont des personnages aux visages peints. Ils représentent des guerriers, héros, hommes d’État, aventuriers ou démons. Certains mettent l’accent sur le chant, d’autres sur le jeu théâtral. Il est aisé de les identifier aux couleurs de leur visage.

chou jing

chou

jing

À l’origine destinée au spectacle en plein air, le maquillage lourd et coloré des acteurs de l’opéra de Pékin est appliqué sur tout le visage de façon exagérée. Par exemple, un acteur jing commencera à peindre ses sourcils en les faisant ressortir, usant d’une technique spécifique pour embellir et revitaliser son visage. Certains costumes actuels de l’opéra évoquent ceux de la dynastie des Ming (1368-1644). À la même époque, d’autres personnages sont apparus dans des vêtements simples et moins apprêtés.

sheng

sheng

dan

hua dan

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lundi 18 mai 2009

Poulet mijoté aux marrons

Poulet_mijot__aux_marrons Poulet_mijot__aux_marrons2

Ingrédients

Un demi-poulet

250 g de marrons

100 g d’ail

Assaisonnements

Sel au goût

Préparation

1. Bien laver le poulet, le couper en morceaux et les faire blanchir; laver les marrons et les faire tremper dans l’eau chaude jusqu’à ce qu’ils soient ramollis ; enlever la coque et l’écorce; retirer la racine de l’ail.

2. Dans une marmite remplie d’eau, faire bouillir les marrons pendant 40 minutes. Ajouter ensuite les morceaux de poulet, l’ail et le sel, avant de continuer la cuisson jusqu’à ce que le poulet soit bien cuit. Servir.

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dimanche 17 mai 2009

Ragoût de mouton à l'angélique

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Ingrédients :
500 g de mouton
40 g d'angélique
15 g de racine d'astragale
Un cube de gingembre
20 g de pulpe de longane
Huit jujubes
Un anis étoilé
Une ciboule

Assaisonnements :
Deux cuillers à soupe de saké
Un peu de sel

Préparation :
1. Bien laver la pièce de mouton et la couper en morceaux; ébouillanter la viande pendant deux minutes avant de la retirer de l'eau; couper la ciboule en tranches et émincer le gingembre. Laver l'angélique et la racine d'astragale et bien les égoutter.
2. Verser de l'eau dans une marmite pour couvrir les morceaux de viande; ajouter tous les ingrédients et deux cuillers à soupe de saké; cuire à feu vif jusqu'à ébullition, puis à feu doux jusqu'à ce que la viande soit tendre; saler et servir.

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samedi 16 mai 2009

Sichuan

Sichuan

Sur les décombres d’un
village des Qiang

Un exemple convaincant qui illustre que, malgré le séisme qui l’a frappé, ce peuple veut reconstruire son village, et surtout, sauvegarder sa culture.

Les_abris_de_secours
Les abris de secours du village de Luobo, après le séisme.

PEUPLÉ par des Qiang, une ethnie minoritaire de Chine, le village de Luobo se trouve dans le canton de Yanmen, à 20 km du chef-lieu du district de Wenchuan, province du Sichuan.

À cause du séisme qui s’y est produit le 12 mai 2008, sur la route montagneuse menant à ce village, on remarque beaucoup de glissements de terrain sur les pentes des hautes montagnes. À l’entrée du village, on est surpris par la quantité de décombres de maisons en terre jaune.

Un village qiang, anéanti en un clin d’œil

Vêtue d’un joli costume qiang, Mme Ma Jihui, 41 ans, est en train de broder devant la tente de secours installée sur le versant d’une colline. De là, on peut voir de haut le vieux village un peu plus loin. Il y a 5 000 ans, le village de Luobo était la capitale de l’ancien royaume des Qiang, et dans cette région, c’est là que se concentre la plus grande agglomération de constructions de cette ethnie. À cette époque, les maisons étaient construites sans plan ni instrument de mesure : on ne se fiait qu’à son expérience. Ces maisons coquettes sont uniques dans la région de la vallée du fleuve Minjiang, dans la partie ouest de la province du Sichuan.

Des braves qui excellent au combat, les Qiang y sont installés depuis des milliers d’années. Pour faire barrage aux attaques ennemies, les maisons étaient toutes reliées les unes avec les autres; on pouvait entrer par la première maison du village et sortir par la dernière, comme dans un grand labyrinthe. Mais malheureusement, lors du séisme, ce village particulier a été anéanti en quelques minutes.

Une année a passé depuis le séisme, mais Mme Ma paraît encore nerveuse lorsqu’elle évoque cette catastrophe. Le village comptait auparavant 1 080 personnes mais, durant le séisme, 42 ont péri et 85 ont été blessées. Un mois après l’événement, sur les décombres du village, les femmes de Luobo ont dansé la guozhuang (danse collective de cette ethnie, exécutée lors des fêtes et autres jours importants). À ce moment-là, les femmes portaient des costumes traditionnels qu’elles avaient sortis de ces décombres. Elles ont formé des cercles et dansé longtemps pour rendre hommage aux disparus. Main dans la main, elles levaient les bras vers le ciel, les yeux tristes, mais le regard clair. « Le séisme a secoué la terre, détruit notre village, emporté nos chères familles, mais il ne pourra jamais détruire notre vie! », ont-elles alors déclaré.

La broderie qiang est toujours là

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Mme Ma Jihui décrit la broderie qiang.

La famille de Mme Ma compte une dizaine de personnes. Heureusement, aucune d’entre elles n’a été blessée lors de cette catastrophe. Cette dame est l’une des meilleures brodeuses du village. Elle brode sans cesse en me parlant : « J’ai commencé à apprendre cette technique de base dès 4 ou 5 ans. Maman me disait souvent que la broderie qiang était un trésor que l’on transmet de génération en génération et qu’il faut tout faire pour qu’elle ne disparaisse pas. » Vers 14 ou 15 ans, sa mère lui a enseigné à broder d’après un dessin. Maintenant, elle peut broder n’importe quel motif, à tout moment et en tous lieux : dans un champ, sous un toit, voire en marchant. Les motifs sont principalement des moutons et des fleurs de montagne.

« Ma fille a 14 ans. Elle sait déjà broder. Après le séisme, l’école du village a été transférée dans le canton de Yanmen. Elle a donc mis du fil et des aiguilles dans son sac. Ces enfants font mieux que nous. Ma fille combine le dessin traditionnel avec le dessin moderne qu’elle a appris à l’école », explique cette dame.

Il y a une chose que Mme Ma regrette vivement, c’est la perte d’un vieux métier à tisser qui a été détruit au cours du séisme. Elle en a ressenti tant de peine qu’elle a encore l’impression d’avoir pleuré toutes les larmes de son corps. Pour les femmes qiang, la broderie est un artisanat ancestral et la toile sur laquelle elles brodent n’est tissée qu’avec ce type de métier. En la voyant si affligée, un membre d’une équipe de soutien venu de la province du Guang-dong l’a consolée en lui promettant d’en fabriquer un nouveau pour elle. Timidement, elle lui a alors répondu : « Vous nous avez déjà fourni tout ce dont nous avons besoin. Nous nous sentons dans l’embarras, mais nous ne pouvons pas compter que sur vous et sur le gouvernement. »

Comment faire connaître l’art de la broderie des Qiang et comment aider les femmes de ce village à gagner leur vie en brodant? En août 2008, l’organisme One Foundation, fondé par Jet Li, une vedette de cinéma de Hong Kong, a établi des centres d’aide à Wenchuan et dans d’autres endroits. L’un des buts de la fondation est de donner aux femmes du village l’occasion d’augmenter leur revenu; pour cela, elle leur fournit du tissu, des dessins et de l’argent. Avant le séisme, grâce à leurs broderies, les femmes qiang gagnaient beaucoup d’argent. À Luobo, le tourisme prospérait. Mais, après le séisme, les touristes n’osaient plus s’y aventurer. Mme Ma a été très émue de voir tant de personnes de grand cœur découvrir leur broderie et venir leur tendre la main.

Un professeur de beaux-arts d’une école du district l’avait invitée à réaliser une grande broderie; cette dernière a été achevée récemment et elle a été présentée lors d’une exposition consacrée au premier anniversaire du séisme du Sichuan. Cette œuvre lui a permis de gagner près de 700 yuans.

Le seul shibi du village

Wang_Jieming
Wang Jieming, le seul shibi du village, effectue des rituels de culte avec un tambour recouvert de peau de mouton.

Depuis le séisme, Wang Mingjie, 69 ans, est le seul shibi (prêtre des Qiang) à Luobo. Comme les Qiang n’ont pas d’écriture, leur culture et leur histoire sont transmises oralement par les shibi, considérés comme des savants.

Lors du séisme, le patrimoine culturel des Qiang a subi un coup dur. Les shibi étant le symbole de cette culture, leur sort fait maintenant l’objet de l’attention de tous. Ces shibi président les rituels sacrificiels de la célébration des fêtes importantes, comme le Nouvel An du calendrier qiang, ainsi que les cérémonies comme les noces et les funérailles.

Le plus vieux shibi du village a péri lors du séisme; il avait 92 ans. En même temps, le plus important objet de culte employé lors des rituels religieux avait disparu : un crâne desséché de singe au nez retroussé. Vieux de 600 ans, ce crâne n’était utilisé que lors du Nouvel An du calendrier qiang. La perte de cet objet de culte a créé une inquiétude pour tous les villageois. Pour eux, cet objet représente l’esprit de leurs ancêtres. Sans ce crâne, les victimes du séisme ne pouvaient pas entrer au paradis. Wang Mingjie a donc cherché jour et nuit dans les décombres.

Heureusement, grâce à ses efforts inlassables, il a retrouvé le crâne et d’autres objets de culte importants. Le jour où le crâne a été découvert, agenouillés, tous les villageois le caressaient et le baisaient. « Les Qiang sont encore victorieux! », s’est écrié M. Wang.

L’histoire que ce shibi raconte en chantant compte trois parties, et chacune comprend douze couplets. Le contenu de la première partie relate les activités sacrificielles à la montagne et la formulation de vœux. La deuxième partie raconte la cérémonie d’exorcisme et celle du mariage. Pour ce qui est de la troisième partie, elle est destinée aux défunts qui ont été victimes d’accidents. Avant la mort de son maître, M. Wang n’avait pas eu le temps d’apprendre la dernière partie de l’histoire.

Après la découverte de l’objet de culte, en costume de shibi et l’air grave, M. Wang a entonné, devant sa maison en ruines, des vers en dansant et en battant le tambour recouvert de peau de mouton...

La protection et la transmission de la culture des Qiang

Lors du séisme du 12 mai 2008, la plupart des villages des Qiang ont été dévastés. Sur le site des vestiges de la cité Jiang Wei (un général du royaume de Shu à l’époque des Trois Royaumes (220-280), qui a été en garnison dans le village des Qiang et qui y construisit une ville), il ne reste que les assises des murs d’enceinte datant des dynasties des Han (206 av. J.-C. – 220 apr. J.-C.) et des Ming (1368-1644). Deux shibi et cinq artisans qiang y sont morts lors du séisme. À la suite de ce drame, la protection de la culture des Qiang est devenue le sujet de l’heure. La sauvegarde du patrimoine des Qiang est une question urgente.

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On danse la guozhuang parmi les décombres.

Selon le Bureau de la culture et du sport du district de Wenchuan, des projets de restauration des architectures anciennes ont été élaborés. Le projet de reconstruction des villages de Luobo et de Qiangfeng est en cours de préparation. D’après le responsable du Bureau de la culture et du sport du district de Maoxian, la reconstruction du Musée des Qiang, qui se trouve dans ce district, est classée parmi les projets prioritaires. Ces travaux de reconstruction seront amorcés le 12 de ce mois.

Dans les décombres du bâtiment des archives du district de Wenchuan, M. Yang Xinsong, président de l’Association de la littérature et de l’art de ce district, a découvert des écrits sur les Qiang de Thomas Forsyth Torrance, un pasteur anglais, et il les a fait traduire en chinois. M. Yang a aussi découvert d’autres documents sur l’histoire et les mœurs des Qiang. Maintenant, ce quinquagénaire se livre à la préparation de documents sur cette ethnie.

Le débat est ouvert sur le choix des sites de reconstruction des villages qiang. Certains insistent pour reconstruire les villages sur les lieux mêmes. D’après eux, la culture des Qiang est liée à l’environnement qui leur est propre. Les Qiang vivent dans de hautes montagnes et on les a toujours appelés l’« ethnie dans les nuages ». S’ils étaient déménagés dans un nouvel endroit, les Qiang ne seraient plus eux-mêmes.

Or, le groupe de personnes représentées par Mme Hu Fei, du Bureau de conception et d’aménagement de la construction du district de Wenchuan, disent le contraire. « Je ne suis pas aussi inquiète et pessimiste. La transmission de la culture dépend des Qiang, qu’ils soient nombreux ou non. Cette transmission est plutôt la diffusion de l’esprit des Qiang. Nous le perpétuerons où que nous soyons », affirme Mme Hu.

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vendredi 15 mai 2009

Prenez vos bons et

partez pour Miyun

La crise financière n’a pas que des aspects négatifs. Elle offre des occasions d’être plus créatifs pour attirer les touristes. Exemple d’un district en banlieue de Beijing.

«DEPUIS le 1er avril jusqu’au 31 décembre prochain, le Bureau du tourisme de Miyun, un district dans la banlieue nord-est de la capitale, offre des cadeaux promotionnels d’une valeur totale de 5 millions de yuans. Ceux-ci comprennent 100 000 billets d’entrée dans des sites touristiques, 6 000 chambres d’hôtel et 100 000 kg de céréales écologiques, déclare M. Guo Lixin, directeur du Bureau du tourisme de ce district. Dans le marché touristique de Beijing, Miyun est un district touristique typique. Et, étonnamment, la crise financière entraîne le développement économique de la banlieue. En effet, selon l’enquête effectuée par l’Administration nationale du tourisme, parmi les gens ayant le désir de voyager en 2009, 74,4 % choisissent un itinéraire court, par exemple en banlieue. C’est une bonne occasion pour notre district. »

De riches ressources touristiques

Le_tron_on_de_Simatai
Le tronçon de Simatai de la célèbre Grande Muraille
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Fête de la neige et de la glace qui se tient dans le district.

Le district de Miyun possède non seulement des us et coutumes intéressants, mais aussi de riches ressources touristiques. Le réservoir de Miyun est la source d’eau potable la plus importante de la capitale. Les deux tiers de la superficie du district sont protégés comme zone écologique de protection de l’eau. D’après le directeur Guo, « les recettes touristiques représentent actuellement le dixième du revenu brut total des habitants locaux. »

D’une superficie de 188 km2, le réservoir de Miyun possède une capacité de 4,375 milliards de mètres cubes, soit 10 % de la superficie du district. Pour l’instant, 63 % de ce dernier est couvert par la forêt. Miyun ressemble à un parc verdoyant avec des eaux limpides, de l’air pur et des terres fertiles. En 2008, l’Administration nationale de l’environnement a conféré deux titres à Miyun : « district écologique national » et une des six zones expérimentales pour l’excellence de l’environnement écologique.

Selon M. Guo, le district compte une centaine de sites touristiques ayant un potentiel d’exploitation. Parmi ceux déjà exploités, Miyun compte des sites naturels, dont l’étang Heilong, les vallées Taoyuanxian et Qingliang, et la montagne Tianmen. De plus, le tourisme sur les us et coutumes locales y est bien développé. Pour sentir la culture locale, les visiteurs peuvent se promener dans un château ancien, un village antique et une vieille maison. « Après des excursions agréables au cœur de ces beaux paysages, le visiteur peut déguster des spécialités culinaires préparées par les familles paysannes dans les villages folkloriques. Un vrai retour à la grande nature », suggère M. Guo.

Le tourisme de Miyun est bien organisé pour satisfaire aux besoins du marché. Il peut offrir non seulement d’excellents services de voyage et de loisir, mais aussi ceux liés aux achats, à l’hébergement et à la restauration. En utilisant les ressources naturelles, agricoles et sylvicoles, des paysans locaux ont aussi commencé à faire du commerce pour s’enrichir. Le tourisme sur les us et coutumes de Miyun est devenu une partie importante de l’économie touristique locale.

Bien saisir l’occasion

Le directeur Guo affirme : « En misant sur la supériorité de ses sites naturels et de son environnement, le district de Miyun a lancé, cette année, une série de programmes touristiques axés sur la santé. » Or, on ne s’occupe pas que de la santé du corps; on a aussi conscience de l’importance de l’esprit. C’est un concept important pour populariser la « marque de commerce » du tourisme de Miyun.

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« Sceau de Chine », sculpture rupestre dans le district de Miyun Le cours de la rivière Baihe

De plus, les entreprises touristiques locales ont fait beaucoup d’efforts pour améliorer la qualité du service. Par exemple, quatre hôtels du site de Baihedaxiagu (grande gorge de Baihe) ont aménagé un jardin et mettent des vélos à la disposition des visiteurs.

Pour l’avenir, le tourisme dans les villages sera aussi un aspect important du tourisme de Miyun. Ce type de voyage attire les citadins qui aiment effectuer un retour à la campagne et se plonger dans une atmosphère de simplicité. D’ailleurs, en mettant à profit ses ressources touristiques, le district a résolu le problème de la pauvreté des villages montagneux et en a transformé la structure économique. Miyun a développé activement son économie.

Établir sa réputation

Comme nouvelle mesure, le district de Miyun fournit des bons à usage touristique, non seulement aux habitants de Beijing, mais aussi aux voyageurs d’autres provinces et aux paysans venus y travailler. Bien que chacun puisse obtenir seulement un bon, il est libre de choisir le site et la date de sa visite.

M. Guo explique : « Dans le district, il y a environ 30 sites participants, et chacun fournit gratuitement dix billets d’entrée par jour. Pour ce qui est des hôtels, chacun fournit gratuitement une chambre par jour à l’intention des visiteurs qui détiennent des bons. »

Le gouvernement n’a pas acheté ces bons, ce sont les sites touristiques et des hôtels locaux qui les offrent, pour une valeur totale de 5 millions de yuans. « Les bons constituent une façon intéressante de faire de la publicité pour bien établir la réputation de nos sites touristiques », affirme M. Guo. Et pour les hôtels, ce n’est pas difficile de fournir une chambre par jour.

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jeudi 14 mai 2009

Un endroit de rêve
en Chine du Sud-Ouest

La région autonome zhuang du Guangxi abrite un district encore peu connu, mais il semble que le bouche-à-oreille fera changer cette situation, tant sa beauté émerveille ceux qui s’y rendent.

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La mer de nuages de Motianling, à Tiandong

J’AI visité Tiandong parce qu’une photo, une chanson et un poème m’y ont attirée.

La photo de la page couverture du magazine Science (É.-U.) montrait une hache en pierre ayant la forme d’une mangue; elle a 800 000 ans (époque du paléolithique). Cette découverte a fait taire les voix des Occidentaux qui soutenaient que, durant les périodes anciennes, l’Asie tirait de l’arrière par rapport à d’autres continents sur le plan du progrès culturel. Aucune hache en pierre de la sorte n’a été trouvée en Europe.

La chanson appartient au folklore des Zhuang et je l’avais entendue lors d’une rencontre entre amis. Dès la période des Trois Royaumes (220-280), les gens de l’ethnie minoritaire des Zhuang ont laissé leur marque dans l’histoire, et les enfants grandissent parmi les chansons.

Le poème en est un qui avait été publié dans la revue Minzu wenxue (Littérature ethnique). Un vers se lit ainsi : De passage dans cette beauté millénaire, rencontrons-nous à Tiandong, si charmant.

Sur une carte, le district de Tiandong ressemble à une mangue et, est-ce un hasard, il en produit beaucoup. Son chef-lieu se trouve à seulement une heure de voiture de l’aéroport de Nanning. Dès la dynastie des Tang (618-907), cet endroit était une escale importante sur la route menant à Nanning. Plus tard, durant la dynastie des Song (960-1279), il était un marché célèbre pour le commerce des chevaux. Avec le temps, son chef-lieu est devenu une ville servant aux transactions du thé et des chevaux. Aujourd’hui, les chemins de fer, les routes et les voies d’eau s’y entrecroisent, fournissant un accès très facile vers les provinces du Yunnan, du Guizhou, du Sichuan et du Guangdong, de même que vers la municipalité de Chongqing.

Le village de Hengshan

Au moment de notre arrivée dans le district de Tiandong, c’était la fin de l’après-midi, et les lueurs de fin de journée avaient déjà commencé à faire leur apparition dans le ciel. Avant même d’avoir eu la chance de nous installer, Wang Xiji, le secrétaire du Comité du Parti du district, a commencé à nous raconter une série d’anecdotes fascinantes sur l’histoire locale. Par exemple, en 622, sous le nom de Hengshan (un nom évoquant une colline s’étendant dans la vallée), l’endroit était un centre administratif d’échelon de district.

En 1126, avec la chute de la dynastie des Song du Nord, son dernier empereur s’est sauvé à Hangzhou en empruntant le Yangtsé, et il a établi la dynastie des Song du Sud dans cette ville. Comme l’ennemi occupait le nord de la Chine, la traditionnelle route de la Soie était coupée. L’empire des Song du Sud n’avait donc aucun moyen de se procurer du ravitaillement, notamment des chevaux, auprès de ses sources traditionnelles du Xinjiang et de la Mongolie, de sorte qu’il a dû se tourner vers le Sud-Ouest. Selon les registres, chaque année, les Song du Sud ont obtenu de cette région entre 1 500 et 3 500 chevaux pour leurs forces terrestres. La plupart de ces chevaux venaient des régions d’alors de Dali et de Luodian, et ils étaient échangés contre du thé, du sel, de la porcelaine et de la soie; cela se passait le long d’une route qui allait jusqu’à Kunming, Dali, Lijiang, le Myanmar, l’Inde et même l’Asie de l’Ouest. C’était la route de la Soie de la Chine du Sud-Ouest.

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Des pierres disposées en échiquier Vue panoramique du pied du mont du Lotus

Pendant ces années-là, sur cette route, le village de Hengshan était le centre le plus important pour le commerce du thé et des chevaux. Les gens y apportaient aussi d’autres objets, entre autres des livres. La culture de la région de la Plaine centrale s’est diffusée par cette route jusque dans des lieux reculés. Grâce à ces échanges culturels des temps anciens, le Vietnam, la Thaïlande et le Myanmar gardent encore aujourd’hui, avec le groupe ethnique des Zhuang du Guangxi, des similitudes sur le plan de la langue et des coutumes.

Alors que les Song du Sud et leur ennemi juré, le royaume des Jin, se trouvaient dans une impasse sur le champ de bataille, les Mongols montèrent en puissance et prirent rapidement la place des Jin comme ennemi no 1 des Song du Sud. D’ailleurs, ils étaient beaucoup plus redoutables. Lors d’un gigantesque incendie, le village de Hengshan a été rasé, ne laissant que quelques ruines pour rappeler aux générations futures son existence passée. Ces vestiges sont toujours là, et les gens locaux y ont maintenant aménagé un site historique pour stimuler le tourisme. En juillet 2007, le gouvernement local a aménagé dans ce secteur le premier camping du Guangxi pour les automobilistes; en 2008, il a aménagé un site touristique de démonstration de l’agriculture, et en décembre de la même année, un site pittoresque AAA d’échelon national.

Séjourner dans les maisons locales de style ancien et se réveiller avec le gazouillis des oiseaux dans les arbres près de la fenêtre est une expérience très agréable. Autrefois la douve entourant le village, l’étang de lotus, qui a été aménagé et appelé « Le Monde du lotus », s’étend sur quelques kilomètres et figure en tête de liste des huit sites paysagers locaux célèbres. Les soldats qui étaient stationnés dans le village avaient l’habitude de planter du lotus, d’où cet étang de lotus séculaire.

Admirer les lotus s’étendant à l’horizon et cueillir des graines de lotus en se laissant dériver dans des barques sont des activités que l’on décrit souvent dans la littérature. Pourtant, à moins de l’expérimenter personnellement, il est impossible de ressentir vraiment tout le plaisir de cette activité.

Tiandong occupe aussi une place spéciale dans l’histoire moderne. Le district abrite un grand nombre de sites ayant une importance historique, dont des bateaux, des écoles et des quais que l’Armée rouge a utilisés. L’usine qui fabriquait autrefois des uniformes pour les soldats de cette armée s’y trouve toujours. Dans le village de Baigu, parmi les 86 familles, 131 personnes de 85 familles faisaient partie de l’Armée rouge, et 16 sont mortes au combat. Le général Zhu Heyun de l’Armée populaire de Libération est originaire de ce village. On comprend donc que le tourisme local est centré sur l’histoire de l’Armée rouge.

En plus du tourisme, une activité importante des habitants est la culture du riz et des légumes. Bien sûr, la vie des villageois est beaucoup mieux qu’auparavant. Toutes les familles possèdent maintenant des électroménagers, et la majorité d’entre elles habitent dans des maisons à étages.

Des pierres disposées en échiquier

Situé à 45 km du chef-lieu du district, un magnifique rivage se trouve dans la zone montagneuse septentrionale de Tiandong, juste au pied du mont du Lotus.

Il a une partie haute et une partie basse, et chacune est parsemée de plusieurs rangées de pierres noires d’environ 1 à 2 m2, disposées comme les pièces d’un échiquier. L’eau s’écoule lentement entre elles et se rejoint avant de se jeter dans la vallée.

Descente_de_la_rivi_re_de_la_Barbe_du_dragon
Descente de la rivière de la Barbe du dragon

Un ami m’a demandé si je jouais aux échecs. « Non je ne joue pas », lui ai-je répondu. À ma réponse, il a proposé que je saute d’une roche à l’autre. J’avais l’impression d’être devenu un pion sur l’échiquier de quelqu’un d’autre. Comment ce grand échiquier de 210 m par 150 m s’est-il formé? Certains attribuent sa formation à l’écoulement de l’eau, alors que d’autres croient qu’il a été formé à partir d’une ancienne coulée de lave.

Puis, en levant la tête, j’ai pu admirer le mont du Lotus, le plus haut pic de Tiandong. Ses arbres anciens sont bien préservés, mais ce qui est le plus exceptionnel, ce sont ses variétés de bambous. Ailleurs, le bambou est généralement rond, alors qu’ici, le bambou local a une tige triangulaire ou carrée, et l’on croit qu’il appartient à une très vieille espèce remontant au temps des dinosaures.

Tout près se trouve une gorge de 50 m de long par 5 à 10 m de large. Avec la végétation qui la borde des deux côtés, c’est un endroit merveilleux pour la promenade.

La rivière de la Barbe du dragon

Cette rivière qui zigzague dans des plantations de bambou se trouve à 7 km du chef-lieu du district. Mis à part Jiuzhaigou, un lieu magique de la province du Sichuan, aucun autre endroit ne peut s’enorgueillir d’avoir une eau aussi verte que celle-ci. Coulant entre les bambous qui sont caressés par la lumière du soleil, et comme gardée dans le cœur des montagnes, cette rivière semble appartenir à un autre monde, comme surgir d’un rêve.

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La rivière de la Barbe du dragon

Alors que nous descendions le courant sur un radeau en bambou, nous avons été salués par une succession de plantations de bambous, de fleurs exotiques en pleine floraison, de singes espiègles qui se balançaient dans les arbres, de maisons des Yao, construites en bois et nichées dans la forêt. Nous nous sommes sentis comme faisant partie d’une peinture sur rouleau. On nous a dit que ce n’était qu’un début et que la meilleure partie du voyage allait être entre la rue Zuodeng et l’embouchure, un trajet d’environ 20 km. Nous y avons vu une chute dont l’eau tombait de 20 m, du haut de deux falaises, avant de se retrouver dans un vaste étang. Ce très beau panorama et la puissance énorme de la chute m’ont rappelé la puissance de la nature.

J’ai été impressionnée par cette expérience unique. Les gens de l’endroit m’ont dit qu’il y a beaucoup d’autres attractions comme celle-ci. Malheureusement, mon emploi du temps ne me permettait pas de prolonger mon séjour. À regret, j’ai dû quitter cet endroit, en espérant y revenir un jour pour saluer de nouveau tous ces gens.

Selon Wei Xiaodong, le chef du district, 350 000 touristes ont permis à Tiandong de récolter des revenus de 5 millions de yuans en 2008. Cette année, ces chiffres devraient encore beaucoup augmenter. Où ailleurs pouvez-vous trouver une nature intacte aussi attrayante qu’à Tiandong?

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mercredi 13 mai 2009

Les capitales chinoises
de la céramique

De_haut_en_bas
De haut en bas : Zhejiang, Jiangxi et Guangdong

Un itinéraire pour découvrir ce qui a émerveillé les caravaniers de la route de la Soie.

EN 851, décrivant à ses compatriotes un superbe objet chinois qu’il avait eu l’occasion de contempler, un commerçant arabe déclara : « C’est un vase à fleurs appelé “porcelaine”. Il est aussi transparent que le verre, de sorte que, de l’extérieur, on peut voir l’eau qu’il contient. Pourtant, il est fait à base de terre. »

Émerveillés par la technologie porcelainière de la Chine, depuis très longtemps, les commerçants arabes importaient en grande quantité ses objets d’artisanat de haute qualité. Un grand nombre de porcelaines s’ajoutaient au thé et à la soie qui circulaient sur la célèbre route de la Soie reliant la Chine aux régions arabes et européennes. Vers le XIVe siècle, les porce-laines chinoises étaient vendues en Afrique, en Europe et au Proche-Orient.

Cependant, en raison du long trajet à parcourir, l’offre était bien loin de satisfaire l’énorme demande. Les pays européens ont donc commencé à étudier les secrets de la cuisson des porcelaines chinoises. En 1712, le missionnaire français François Xavier d’Entrecolles est venu à Jingdezhen (province du Jiang-xi), lieu célèbre de production des porcelaines de Chine. Il y a vécu sept ans avant d’exporter en Europe les technologies porcelainières qu’il avait apprises, y compris la fabrication de la poterie non cuite, l’émaillage et la cuisson. De nos jours, l’industrie de la céramique étant prospère, ces capitales célèbres de la céramique jouissent toujours d’un énorme prestige.

Le_12_juillet_2005

Le 12 juillet 2005, dans la salle des ventes de Christie’s à Londres, un vase Guiguxiashan en porcelaine bleu et blanc de la dynastie des Yuan (1271-1368) a été vendu pour 15,688 millions de livres sterling. Ce prix a battu le record mondial de vente d’œuvres chinoises.

Peindre_sur_la_poterie

Peindre sur la poterie crue s’appelle aussi « peindre le bleu et blanc ». On peint et on écrit avec des pigments bleus et blancs, avant d’émailler et de faire cuire.

Jingdezhen, un nom
conféré par l’empereur

Située dans le nord-est de la province du Jiangxi, sur la rive sud du Yangtsé, Jingdezhen (autrefois appelée Changnanzhen) a une histoire deux fois millénaire. C’est à partir de la dynastie des Tang (618-907) que cet endroit a commencé à produire des porcelaines qu’on offrait en tribut à la cour impériale. En 1004, première année du règne de l’empereur Jingde des Song (960-1279), ce dernier donna son nom de règne (Jingde) à Changnanzhen, d’où le nom de Jingdezhen.

Sous la dynastie des Ming (1368-1644), Jingdezhen connut une période florissante de production porcelainière. Des fonds importants furent investis par l’État dans la fabrication d’objets sacrificiels et d’usage courant pour la famille de l’empereur et celles des ministres. Sous le règne de l’empereur Chenghua (1465-1487), les porcelaines peintes produites à Jingdezhen atteignirent la perfection. La coupe décorée de poule et de poulets était l’objet le plus représentatif. De nos jours, le prix d’une coupe de ce genre s’élève à 30 millions de yuans. Selon les collectionneurs, ce type de coupe possède deux caractéristiques rares : d’une part, elle est aussi mince que le papier et aussi transparente que le verre; d’autre part, ses cinq couleurs sont éclatantes. Le bleu, le rouge, le jaune, le vert et le pourpre forment un beau contraste. Durant toute la période des Ming, Jingdezhen a abrité non seulement des fours officiels utilisés pour la cour impériale, mais également des fours populaires, ce qui permettait de satisfaire les nombreuses demandes provenant des marchés intérieurs et du marché international.

Jingdezhen
À Jingdezhen, des voyageurs assistent à la présentation des techniques traditionnelles manuelles de fabrication de la céramique.

À son arrivée à Jingdezhen, pour ses amis, François Xavier d’Entrecolles a décrit cette capitale porcelainière de l’Orient dans les termes suivants : « Elle est située sur une plaine entourée de petites collines. Cette plaine est arrosée par deux rivières qui coulent des montagnes du voisinage et qui se rejoignent pour former un port de 1 km. En entrant dans le port, on aperçoit d’abord la silhouette d’une ville de flammes et de fumées. Dans la nuit, elle semble être entourée de flammes. » Encore de nos jours, la porcelaine demeure une production importante de Jingdezhen, et les vestiges anciens de la fabrication porcelainière font l’objet de protection.

Dans la ville, la zone d’exposition des anciennes céramiques mérite d’être visitée. Grâce à cette exposition, la zone reproduit de manière vivante l’histoire de Jingdezhen durant les XVe et XVIe siècles. Cette zone comprend trois parties : l’Atelier des porcelaines anciennes; les bâtiments populaires des dynasties des Ming et des Qing; et le Musée d’histoire de la céramique.

L’Atelier des porcelaines anciennes permet de découvrir le processus complet de fabrication de l’ancienne céramique à Jingdezhen. Les six complexes d’anciens bâtiments en briques crues sont considérés comme des exemples précieux d’une ancienne construction industrielle en Chine. Chaque complexe est constitué de trois ou quatre bâtiments disposés autour d’une cour carrée et ouverts sur cette cour. Dans ces bâtiments, des artisans fabriquent la porcelaine à la façon traditionnelle. On y trouve encore un haut four rudimentaire du style des Ming qui est alimenté au bois de pin. Long de 18 m, ce four ressemble à un œuf d’oie ovale, l’avant étant plus grand que l’arrière. Dans la partie arrière se dresse une cheminée à paroi mince, haute de 21 m. Malgré sa structure simple, ce four peut, simultanément, cuire plusieurs dizaines de sortes de porcelaines à différentes températures, ce qui est impossible dans un four moderne.

Situé à une heure de voiture de Jing-dezhen, le bourg ancien de Yaoli est également un site historique important. Le caractère yao de Yaoli se prononce de la même façon que le caractère pour le mot four. En tant que berceau de la céramique de Jingdezhen, Yaoli a fait briller la flamme de ses fours de la période des Royaumes combattants (475 – 221 av. J.-C.) jusqu’à la dynastie des Ming. Au début des Ming, avec l’établissement des fours officiels à Jingdezhen, les fours de Yaoli ont été déménagés, et Jingdezhen a pris sa place. Cependant, Yaoli a toujours été le centre de fabrication de la glaçure, la matière première utilisée pour émailler la porcelaine de Jingdezhen. Aujourd’hui, un grand nombre d’ateliers anciens s’y dressent encore. À Raonan, dans le parc thématique de la céramique, des vestiges de la production de céramique ont été restaurés, notamment l’atelier artisanal de youguo (une sorte de pierre destinée à la fabrication de l’émail), l’atelier artisanal de céramique, les vestiges des fours Longyao, dont la forme ressemble à un dragon, ainsi que la noria.

Les fours pluricentenaires de Yixing

Règle générale, les Chinois qui sont de vrais amateurs de thé préfèrent la théière de Yixing, parce qu’elle permet de révéler la saveur particulière de cette boisson. Située dans la province orientale du Jiangsu, Yixing est connue comme l’une des capitales célèbres de la poterie de Chine. Cette ville est également connue pour la fabrication des théières en grès pourpre.

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Grand bol en porcelaine dite coquille d’œuf fabriqué à Jingdezhen

Liu_Qiaorong
Liu Qiaorong (à g.), un maître potier, en train de fabriquer une théière en grès pourpre.

L’histoire de la poterie de Yixing peut remonter à il y a 5 000 ans. Sous la dynastie des Han de l’Est (25-220), Yixing était un des centres de la poterie de la région du Sud du Yangtsé. Après le Xe siècle, la poterie à base de grès pourpre s’est développée progressivement, et au début du XXe siècle, sa production a pris nettement de l’envergure. À la fin des années 1950, Yixing était reconnue comme la « capitale de la poterie ».

À Yixing, en plus de découvrir la fabrication des théières en grès pourpre, les fours Longyao valent également la peine d’être visités. C’est une création exceptionnelle réalisée par les potiers de la Chine antique.

De nos jours, un four Longyao en bon état se trouve toujours dans le village de Qianshu du bourg de Dingshu. Construit à l’époque des Ming, il est le seul four Longyao de Yixing à fabriquer encore de la céramique de manière traditionnelle. On l’appelle le « dernier four Longyao en opération » de Yixing. En Chine, il est également l’un des deux fours des Ming à produire encore de la céramique. L’autre four se trouve dans le bourg de Shiwan de Foshan (province du Guangdong) et est appelé Nanfeng Guzao.

Niché dans le village de Qianshu, ce four Longyao ressemble, vu de loin, à un dragon imposant qui ondule. Avec sa tête, au nord, et sa queue, au sud, ce vieux four mesure environ 50 m de long. La paroi intérieure en voûte est bâtie en briques réfractaires, et l’extérieur est recouvert de blocs de pierre et de terre blanche des bords du lac Taihu. Les 42 paires d’orifices creusés des côtés est et ouest du four servent à mettre le combustible et à observer la température du feu. La poterie en grès pourpre y est cuite à 1 150 °C. Dans le côté ouest du four, il y a cinq autres ouvertures permettant aux potiers d’y mettre ou d’y prendre les produits. Au-dessus du four, on peut voir des abris, soutenus par des colonnes de granit et recouverts de poutres de bois et de petites tuiles. Le combustible utilisé est principalement le charbon, le bois de pin et le bambou.

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Des récipients en grès pourpre

« Le four Longyao de Qianshu est le plus ancien pour ce qui est de la fabrication des ustensiles à base de grès pourpre. Maintenant, on y fabrique surtout des articles d’usage courant tels que des théières, des cuvettes, des jarres et autres pots. La pente de 32 degrés de ce four permet de monter naturellement la température du feu et contribue à économiser l’énergie. Le feu brûle à l’arrière, alors que les produits finis sortent à l’avant. Les nouveaux produits semi-finis sont placés dans un espace libre, avant d’être séchés et cuits par la chaleur qui reste », nous a informé un potier local.

De nos jours, les fours Longyao sont peu à peu remplacés par des fours de nouveau type ayant le charbon, le gazole et l’électricité pour combustible. La qualité des produits finis est meilleure que ceux cuits au bois de pin. De plus, la durée de cuisson est également raccourcie à quelques heures seulement. Selon des habitants locaux, il y a encore quelques dizaines d’années, Yixing abritait une trentaine de fours Longyao. Inutilisés depuis longtemps, la majorité de ces fours se sont toutefois effondrés. Il reste seulement celui de Qianshu. En 2006, la ville de Yixing l’a fait restaurer pour bien le préserver.

La céramique artistique de Shiwan

Situé dans la ville de Foshan (province du Guangdong), le bourg de Shiwan est connu pour la fabrication de céramiques artistiques et d’usage courant. Si Shiwan est connu, c’est qu’il est un important centre moderne de production de céramique. En effet, 40 % des produits céramiques dans le monde en proviennent, et le septième des maîtres artisans chinois dans le domaine s’y trouve. Dans l’Antiquité, Shiwan était aussi un important centre de fabrication. La céramique artistique de Shiwan regroupe cinq genres principaux : statuettes de personnages, statuettes d’animaux, récipients, petites sculptures et faîteaux.

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Faîteaux en céramique de Shiwan du temple ancestral de la famille Chen de Guangzhou (Guangdong)

D’après des documents historiques conservés au Musée de la céramique artistique de Shiwan, l’art céramique de Shiwan remonte aux dynasties des Tang et des Song et a prospéré à l’époque des Ming et des Qing (1644-1911). À son apogée, le bourg de Shiwan abritait 107 fours à céramique et employait 60 000 personnes. En plus de la céramique d’usage courant, la céramique artistique produite comprenait des objets décoratifs, des statuettes de bouddhas et d’Immortels, des ornements de jardin, du matériel du cabinet du lettré, des personnages, des fleurs, des oiseaux, des insectes et des poissons. Ces produits étaient non seulement vendus dans les marchés du pays, mais également dans ceux d’Asie du Sud-Est, d’Europe et d’Amérique. Shiwan est ainsi devenu un important centre de production de céramique; ses techniques de production et son économie étaient avancées. Le bourg était aussi célèbre que Jing-dezhen.

De nos jours, Shiwan abrite des vestiges en bon état de la fabrication de poterie: le four Nanfeng Guzao. Dans le monde, ce dernier est l’un des plus anciens fours en forme de dragon bien préservés et utilisés sans interruption jusqu’à nos jours. Inscrit au Guinness des records du monde, il est surnommé « monument vivant de 500 ans » et « trésor national inamovible ». Shiwan conserve non seulement ses vestiges intacts, mais également ses us et coutumes liés à la fabrication de la céramique. À côté de ce four se dresse une statue du dieu du Feu, haute de plus de 3 m. « Afin de fabriquer les meilleurs produits, toutes les personnes qui participaient à la fabrication de la céramique devaient se prosterner devant le dieu du Feu avant de commencer à travailler. Il s’agit d’une règle transmise par les anciens artisans », disent des gens de l’endroit.

figurine_de_Shiwan
La « figurine de Shiwan » est le nom populaire de la céramique artistique de Shiwan.

Le temple Zumiao est un autre lieu à visiter pour découvrir le charme de la céramique de Shiwan. Les artisans locaux se réunissent régulièrement dans ce « temple ancestral des maîtres de la céramique ». Selon de vieux artisans, le temple Zumiao a été construit à l’époque des Song du Sud (1127-1279), mais il a été détruit durant des guerres. Dans ce temple, on collectionnait, à l’époque, les meilleurs produits céramiques de Shiwan, et même de Foshan. En termes d’envergure architecturale et de conception raffinée, c’est le plus grand et le plus beau des temples ancestraux commémorant le souvenir des maîtres artisans de Foshan.

Dans la petite cour de la salle antérieure du temple Zumiao, on peut, en levant la tête, admirer des faîteaux vivants et expressifs. Comme les fresques, ces sculptures en céramique semblent raconter des contes légendaires et des scènes du théâtre classique. Sur la corniche de la troisième porte de la salle antérieure, il y a 152 personnages en terre cuite vus de face, et 149 vus de dos. Dans l’antiquité, les faîteaux en céramique artistique étaient destinés à décorer les logements; on les appelle « faîteau de Shiwan ». Dans cette région, c’est l’une des caractéristiques de l’architecture ancienne.

Le temple Zumiao est décoré de six faîteaux de Shiwan. Celui au-dessus de la troisième porte est le plus grand, avec 32,03 m de long et 2,10 m de haut. Dans le musée du temple Zumiao sont exposés des faîteaux qui ont été fournis par la population. Ils valent la peine d’être admirés.

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mardi 12 mai 2009

La peinture chinoise,
propice à la longévité

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Le grand maître Lou Shibai

IL y a 200 ans, parmi une centaine de grands peintres et calligraphes chinois, une vingtaine avaient plus de 85 ans, et le plus âgé, 109 ans. Des chercheurs ont étudié les raisons expliquant la longévité de ces grands peintres et calligraphes, et d’après eux, la pratique continue de la peinture et de la calligraphie chinoise favorise la santé.

Dans l’histoire de la Chine, depuis la dynastie des Xia (XXIe siècle — XVIe siècle av. J.-C.) jusqu’à la dynastie des Qing (1644-1911), l’espérance de vie moyenne des Chinois était de moins de 35 ans. Cependant, même à cette époque, il n’était pas rare de voir des peintres et calligraphes atteindre un âge vénérable. Le grand calligraphe Liu Gongquan a vécu 87 ans (778-865) et le grand peintre Wen Zhengming, 90 ans (1470-1559).

Splendeur_des_montagnes_et_rivi_res_du_pays
Splendeur des montagnes et rivières du pays, Zhu Qizhan

Aujourd’hui, la qualité de vie et les conditions sanitaires se sont améliorées, de sorte que l’espérance de vie des Chinois a beaucoup augmenté. Cependant, les peintres et calligraphes vivent aussi plus longtemps qu’auparavant. En voici quelques exemples. À 106 ans, Su Juxian (1882-1991), un calligraphe très connu de Shanghai, écrivait encore. Le maître calligraphe Sun Mofo (1883-1987) et le grand peintre Zhu Qizhan (1892-1996) ont tous les deux cessé la création artistique à 104 ans. à 100 ans, le célèbre peintre Li Jianchen (1900-2002) a tenu à assister à son exposition de peinture. Wu Guanzhong, 90 ans, déclare :« Je ne peux mener une vie oisive; je ne dois pas m’arrêter de peindre. » Pour ce qui est du peintre Huang Yongyu, 86 ans, c’est un bon vivant; quand il achève une création artistique, il invite des amis à l’apprécier et à partager la joie.

Pourquoi vivent-ils si longtemps ?

Peindre est un travail intellectuel. En effet, quand les gens écrivent ou peignent, leurs hémisphères cérébraux gauche et droit travaillent en alternance. C’est comme un exercice cérébral. De plus, la création artistique est une activité tranquille. Règle générale, le peintre doit d’abord concevoir mentalement sa peinture, puis l’exécuter tranquillement pendant une période continue. À ce moment-là, l’artiste ne pense qu’à des thèmes agréables, notamment les fleurs, les oiseaux, un beau paysage ou un poème. Ces images mentales égaient et réconfortent. Le physiologiste russe Pavlov (1849-1936) a dit : « La joie vous rend sensible à chaque battement de cœur et à chaque image de la vie. Elle fortifie votre corps. »

Neige_au_printemps
Neige au printemps, Wu Guanzhong

La création de calligraphies et de peintures stimule également les fonctions physiologiques. Âgé de 91 ans, le grand peintre Lou Shibai nous a présenté son point de vue sur la relation entre création picturale et longévité : « Le geste approprié permet non seulement de créer une bonne œuvre, mais aussi de faire faire des exercices au corps. » Quand on peint, il faut garder la tête bien d’aplomb, les épaules horizontales et les deux bras détendus. De plus, il faut cambrer la taille et respirer naturellement et doucement. Il faut aussi laisser le poignet et le coude en équilibre. Quand on peint, le poignet et le bras bougent en même temps dans des directions différentes, les muscles et les méridiens s’étirent comme dans le tai-chi.

Village Neige_dans_les_monts_Taibai
Village, Lin Fengmian Neige dans les monts Taibai, Zhang Ding

La nature que les peintres et calligraphes saisissent sur le vif est un autre élément qui favorise leur longévité. Quand ils vont dans la nature, l’environnement ravit leur esprit. Beaucoup d’artistes aiment écouter de la musique tout en créant, et cela sert également à calmer leur corps et leur esprit. Depuis des dizaines d’années, Yang Taiyang, maître de l’école de peinture Lijiang (rivière Lijiang), sillonne toute la région touristique de la rivière Lijiang (région autonome zhuang du Guangxi). À 100 ans, il est encore en pleine forme, Son secret pour garder la santé : enrichir sa vie en peignant et se rendre souvent dans la nature pour dessiner sur le vif. ?

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lundi 11 mai 2009

Tian Fengyin, l’âme chinoise
aux couleurs occidentales

Contrairement aux lavis à l’encre de Chine qui, pour beaucoup de gens, constituent la marque de la peinture chinoise, les peintures de Tian Fengyin nous replongent dans l’univers de la peinture à l’huile et de ses couleurs contrastées. Mais au-delà de la forme, la réalité qu’elles illustrent est totalement imprégnée du caractère typique de la vie de la Chine du Nord.

Tian_Fengyin
Tian Fengyin

«JE m’exprime en tentant de marier la peinture à grands traits – typique de la peinture traditionnelle chinoise – avec la peinture à l’huile, et je le fais en présentant la vie locale », confie Tian Fengyin. Elle sait bien que, pour certains peintres chinois, cette façon de faire peut sembler inacceptable, mais elle y tient. « J’aime la vivacité des couleurs et le relief que me permet l’huile. De plus, présenter mes impressions sur la vie en utilisant l’art traditionnel chinois, pour moi, ce serait difficile », ajoute-t-elle. D’emblée, Tian Fengyin exprime sa différence, et il semble bien que cette dernière ne l’empêche pas de séduire les collectionneurs de ses peintures, bien au contraire.

Le_beau_paysage
Le beau paysage ne se présente qu’ici, huile sur toile, 100 x 120 cm, 2008

« À dire vrai, la première fois que je vis un de ces tableaux, j’eus un coup de cœur, déclare l’écrivain Alfred Gilder, tant la toile que je découvrais montrait une technique accomplie, tant le tableau que je détaillai recelait de qualités, tant il traduisait un regard vivant, tant il déclenchait d’émotions bénéfiques. Comme devant une jolie femme, je fus aussitôt sous le charme. En regardant les tableaux de Tian Fengyin, j’entends la Symphonie pastorale de Beethoven, quand ce compositeur de génie exprime le retour bienfaisant du soleil après l’orage. Tian n’est pas une artiste tourmentée, torturée de douleur; c’est un peintre heureux de vivre : elle magnifie les joies de la nature dans sa symphonie picturale. »

Une enfance digne d’un conte de fées

Fille de paysans, Tian Fengyin a toutefois eu un parcours assez exceptionnel. « À ma naissance, confie-t-elle, ma famille était pauvre et comptait déjà cinq garçons et une fille. Mon père avait 50 ans et ma mère plus de 40. Ils se croyaient incapables de me nourrir et avaient promis à un couple sans enfant qu’ils leur donneraient le bébé en adoption. Pourtant, la nuit où elle a accouché, ma mère a rêvé qu’un phénix argenté entrait dans la maison par la fenêtre et qu’il éclairait toute la chambre, ce qui l’a réveillée. Je suis née quelques heures plus tard. Il y avait dans le village un homme âgé qui connaissait la médecine, et ma mère lui a raconté son rêve bizarre. Croyant que cette enfant ne serait pas comme les autres, cet homme leur a proposé de la garder et de l’appeler Fengyin (phénix argenté). Comme il le disait : “ Le Ciel offre un phénix argenté à la famille, pourquoi vouloir le laisser à quelqu’un d’autre? ” »

Chanson_pastorale
Chanson pastorale, huile sur toile, 100 x 180 cm, 2008

Dès l’âge de 2 ou 3 ans, les talents en dessin de Tian Fengyin se manifestaient déjà et elle s’amusait à dessiner partout; d’abord sur des pierres avec des petits cailloux, alors qu’elle gardait les moutons. Son premier vrai dessin a été réalisé un soir, à l’endos d’une estampe du Nouvel An qui avait décollé du mur; elle avait un peu moins de 6 ans et son dessin s’inspirait du film Baoliandeng (Lanterne du lotus miraculeux). C’était neuf fées aux vêtements colorés, mais chose surprenante pour une enfant de cet âge, le dessin mesurait 60x130 cm! Puis, un jour, un critique d’art est passé par la campagne de Huairou et lui a permis de se perfectionner. Sa véritable vie d’artiste allait commencer.

L’amour de la région natale

M_moire__ternelle

Mémoire éternelle, huile sur toile, 100 x 140 cm, 2005

Tian Fengyin est originaire du district de Huairou, en banlieue de Beijing. C’est une zone montagneuse aux paysages exceptionnels où serpente la célèbre Grande Muraille. La région est également renommée pour ses arbres fruitiers, dont le châtaignier, qui est le symbole du district. Ses sentiers sinueux, ses arbres séculaires, ses lacs calmes et ses rivières aux eaux claires se retrouvent sous le pinceau de Tian Fengyin, qui nous les dépeint sous différents angles. « Depuis toujours, mon pinceau illustre la beauté de ma région et note la vie et la mémoire de mon enfance. Je ne dessine pas pour la célébrité. J’aime enregistrer les belles images et les impressions marquantes de la vie, de sorte que ma création ne m’impose aucune pression; ma peinture est simple et naturelle », confie-t-elle. En somme, qu’une peinture soit chinoise ou occidentale, ne serait-ce pas le naturel et la simplicité qui lui permettent d’exalter les valeurs universelles? Tian Fengyin semble l’avoir bien compris.

Née en 1968 à Huairou, tout près de Beijing (capitale de la Chine), Tian Fengyin a obtenu son diplôme de la faculté des Beaux-Arts de l’Université normale de la capitale, en 1992. Trois ans plus tard, elle a commencé une formation plus poussée à l’Institut central des arts appliqués. Elle est maintenant membre de l’Association des peintres à l’huile de Beijing et de la section de Beijing de l’Association des artistes de Chine. Peintre professionnelle, elle assume la direction de la Galerie Baiyun de Beijing. Plusieurs de ses peintures ont été acquises par des entreprises et par des collectionneurs de l’intérieur du pays et de Hong Kong, ainsi que de France, de Grande-Bretagne et de Corée du Sud. Parmi ces œuvres, Le vieux châtaignier donne à nouveau des fleurs fait maintenant partie de la collection du Palais de la culture nationale de Chine et La pivoine au clair de lune a été acquise par la mairie du 13e arrondissement de Paris. à l’automne, plus de 70 de ses huiles seront exposées à Paris et à Oslo.

12 mai 2008, 14 h 28

Un moment gravé dans les mémoires

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Espérance en un paradis, huile sur toile, 80 x 200 cm, 19 mai 2008

Mes impressions sur la création de la peinture à l’huile
Espérance en un paradis

« Le séisme de magnitude 8 survenu dans le district de Wenchuan, province du Sichuan, a bouleversé les 1,3 milliard de Chinois. Comme tous mes compatriotes, j’ai éprouvé beaucoup de compassion pour les sinistrés. En même temps, la mort d’un grand nombre de ces derniers m’a beaucoup peinée; dans ces moments difficiles, alors qu’on ne peut plus rien pour eux, il ne me restait qu’à espérer que leurs âmes soient au paradis.

Le 19 mai 2008 à 14 h 28, au moment du début du deuil national, tout comme le reste de la population chinoise, j’ai observé, le cœur lourd, trois minutes de silence pour rendre un hommage ému. Dans cette situation particulière, j’ai pris la décision de créer immédiatement une œuvre à la mémoire des personnes qui venaient de nous quitter afin d’exprimer aux sinistrés mon affection sincère.

Sous la forme d’une peinture que j’ai intitulée Espérance en un paradis, cette œuvre était complétée trois heures plus tard. Espérer que les âmes des victimes du tremblement de terre soient au paradis après nous avoir quittés est une forme de consolation pour nous.

Cette peinture m’a apporté calme et soulagement. Malgré mes faibles moyens, j’avais apporté ma contribution à la population des régions sinistrées.» -- Tian Fengyin

Il y a un an, un puissant séisme causait mort et désolation dans la province du Sichuan. À la fois bouleversée et impuissante, Tian Fengyin n’a pu s’empêcher, au moment du deuil national, de prendre son pinceau pour rendre un dernier hommage aux nombreuses victimes. Voici la peinture qu’elle a faite à ce moment-là et les impressions que sa plume nous a laissées.

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dimanche 10 mai 2009

Nanluoguxiang,
entre bars et murs écrans

L’exemple d’une ruelle typique de Beijing qui mise sur son aspect traditionnel, tout en y intégrant des éléments au goût du jour.

Le_Pass_By

Le Pass By

JIN Xin est propriétaire du bar Pass By dans le hutong (ruelle) Nanluoguxiang. C’est l’un des premiers bars à y avoir été ouverts. Autrefois paisible, Nanluoguxiang est devenu depuis 1999 une zone touristique et commerciale où l’on vend des produits traditionnels de Beijing. Située à 1 km de la Cité interdite, cette ruelle n’a que 800 m de long. Jin Xin confie : « Il y a dix ans, Nanluoguxiang ressemblait à une fille qui ne savait pas se faire belle, mais aujourd’hui, elle est bien habillée. »

Nanluoguxiang, autrefois

Aménagé durant la dynastie des Yuan (1271-1368), le hutong Nanluoguxiang (ruelle du Gong et du Tambour du Sud) s’appelait autrefois Luoguoxiang (ruelle de la Bosse). Il a pris son nom actuel en 1750, 15e année du règne de l’empereur Qianlong de la dynastie des Qing (1644-1911). Suivant le rythme de développement économique de la Chine, Beijing n’est plus la ville tranquille offrant un paysage de bâtiments bas et symétriques. C’est une métropole internationale qui attire l’attention. Malgré tout, Nanluoguxiang n’a pas changé d’aspect : c’est l’un des nombreux hutong à avoir conservé le style des constructions traditionnelles de Beijing.

Les hutong forment sans aucun doute la plus importante caractéristique du paysage urbain de Beijing. Dans l’Antiquité, les quartiers de la ville de Beijing étaient bien distincts, et les hutong les reliaient entre eux. Selon le Répertoire des rues et ruelles de Beijing, publié en Chine en 1986, cette année-là, la ville comptait 6 104 hutong. Avec la modernisation, la plupart d’entre eux ont disparu. Il n’en reste qu’environ 1 300.

Dans l’histoire, ce sont des nobles, des riches et des personnalités que l’on retrouvait dans le quartier axé sur cette ruelle; Sun Yat-sen et Tchang Kaï-chek y ont entre autres habité. Parmi les milliers de siheyuan (cour carrée entourée de maisons) du quartier, la structure de plusieurs centaines d’entre elles a été bien conservée, y compris leurs aspects les plus caractéristiques, comme la tour surmontant la porte et le mur écran devant la porte d’entrée. Maintenant, la noblesse a disparu, mais ces bâtiments et ces sculptures élégantes illustrent son histoire.

L_environnement_culturel

L’environnement culturel de Nanluoguxiang attire les visiteurs.

C’est en 1999 que le Pass By a ouvert dans une pièce de 40 m2 situé dans ce hutong. Maintenant, il a emménagé dans un siheyuan et a ouvert une autre succursale non loin de là. Le peintre Yan Yimin révèle : « Ce hutong a gardé bien vivantes l’image et la couleur de la Beijing d’autrefois. » Au Pass By, on sent cette influence.

Dans le bar, un crâne de mouton est suspendu à une poutre; Jin Xin l’a rapporté du Tibet. Il y a aussi des souvenirs de toutes les provinces du pays, entre autres des sandales en paille, un fouet, des cartes géographiques de provinces, des revues touristiques et plusieurs gros albums de photos. Il est facile de constater que Jin Xin adore voyager. Ancien étudiant aux Beaux-Arts, M. Jin a été attiré par l’environnement culturel de la capitale, et il s’y est installé en 1998. « À mon arrivée, je sortais rencontrer des amis, bavarder avec eux tout en prenant un verre; parfois, on y passait même la nuit. Les voyageurs ont aussi besoin d’un espace pour partager leurs expériences et leurs aventures. J’ai donc voulu trouver un lieu tranquille et ouvrir un bar pour mes amis. Nanluoguxiang était le lieu qui convenait. »

Un voyageur avoue : « J’adore me promener dans cette ruelle dallée, tout en écoutant la musique légère qui émane des boutiques et des bars. » Chaque soir, quand les lanternes du Pass By s’allument et que la lumière se répand sur l’enseigne du bar, on se sent à l’aise, comme chez soi.

Marier le traditionnel et le moderne

Avec son histoire de 800 ans, Nanluoguxiang est très connue pour sa couleur typique de Beijing. Des boutiques traditionnelles et modernes vendent des produits dernier cri ou d’autres qui sont typiques de la Chine ancienne, comme la porcelaine, des cahiers en cuir de bœuf et des produits d’artisanat. Le traditionnel et le moderne s’y marient bien. Par exemple, de nombreux cafés et bars ont un aspect traditionnel chinois, mais ils offrent des plats qui n’ont rien à voir avec un repas chinois. Pass By sert du thé au lait et des mets italiens, dont la pizza. Pas étonnant que les étrangers adorent s’y rendre pour prendre un verre, bavarder avec des amis et surfer sur Internet.

Les_bars_et_les_boutiques

Les bars et les boutiques bordent le vieux hutong Nanluoguxiang, dans le centre-ville de Beijing.

En plus du Pass By, la ruelle compte 115 boutiques, cafés et bars. Chengjia jiaju (Art-at-home) se trouve dans une cour tranquille et colorée qui est bien conservée. On y vend des broderies avec des motifs illustrant des fleurs, des oiseaux, des poissons et des belles de la Shanghai d’autrefois. Ces produits attirent les touristes.

La boutique Chuangketie (Plastered T-shirts) a été fondée par le Britannique Dominic Johnson Hill (Jiang Senhai, de son nom chinois). Il y a 14 ans, cet homme a été fasciné par Beijing et s’est établi dans le quartier Nanluoguxiang. Sa boutique vend des t-shirts imprimés de phrases et expressions en chinois telles que « Vive le Président Mao! », « Servir le peuple! » et « Sauté de poulet aux cacahouètes et aux piments ». Un t-shirt vendu 20 yuans dans un marché y coûte 90 yuans, mais ses affaires sont prospères.

D’après Dominic, Beijing possède beaucoup d’objets dignes d’intérêt, surtout ceux des années 1970 à 1990. Voilà pourquoi il fabrique des t-shirts arborant des dessins et des phrases évoquant le passé. « Ces phrases et expressions nous présentent le charme de l’histoire. »

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Un bar à la décoration remarquable

Dans les environs de la boutique, il y a des siheyuan et des bars de style occidental. Certaines personnes pensent que cette contradiction est choquante, mais la plupart des visiteurs étrangers adorent ce style. Plusieurs d’entre eux s’exclament : « C’est Beijing, comme nous l’avions imagimée. »

Depuis que Nanluoguxiang est devenu un site touristique, les visiteurs y affluent. La plupart veulent voir de vieux bâtiments pour découvrir la culture des hutong. Même en décembre, durant la basse saison, les boutiques fourmillent de touristes. Selon l’agence de services du quartier Nanluoguxiang, en haute saison, plus de 1 000 personnes visitent le secteur chaque jour. Dans la mesure où on peut gagner de l’argent, partout en Chine, on veut exploiter le secteur touristique et reproduire les objets et les sites historiques pour attirer les touristes.

Durant notre conversation avec le patron du bar, ce dernier nous a confié ses inquiétudes sur le changement de cette ruelle. Plusieurs fois, il a répété l’expression « tenir bon », a insisté sur son mode de vie et la gestion de son bar. « Au début, le Pass By était seulement un bar, mais aujourd’hui, c’est toute ma vie. Je ne fermerai ce bar que si, un jour, cette ruelle perdait son caractère traditionnel. »

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samedi 9 mai 2009

Allez, hop! on bouge

Allez hop on_bouge

Adeptes de l’exercice physique depuis toujours, les Chinois profitent de la période postolympique pour améliorer encore plus leur condition physique. Pour certains d’entre eux, la salle de gym a même nettement détrôné le cocooning. Après le travail ou entre deux rendez-vous, les jeunes cols blancs des villes aiment livrer leur corps stressé aux bons soins de leur entraîneur particulier. Et quoi de mieux que d’exhiber une carte de membre d’un salon célèbre, preuve de sa qualité de vie? À ce niveau, pas question de regarder à la dépense; protéger sa santé, ça n’a pas de prix. Les cartes de membre ont beau coûter parfois plus de 10 000 yuans par année, les salons de gym ont la faveur et poussent comme des champignons.

tai_chiPour attirer ceux qui résistent encore à la musculation ou au stretching, ces « salons de la forme » offrent également divers types de cours : danse latine, gymnastique rythmique, yoga et même danse du ventre. Pendant que les muscles s’échauffent et que les bras et les jambes s’étirent, l’esprit se détend au rythme de la musique. Ces cours sont particulièrement populaires auprès de la clientèle féminine, toujours soucieuse de garder la ligne. Et à cette fin, yoga et danse du ventre sortent champions.

Plus économes, les gens du troisième âge ne partagent pas cet engouement pour la salle de gym, mais n’allez pas croire qu’ils ne bougent pas. Les plus âgés aiment fortifier leur santé… mais sans payer. Dans ce cas, un petit coin dans un parc ou dans une place publique d’un quartier ou encore une zone sous un échangeur routier peuvent faire l’affaire pour pratiquer des pas de danse. C’est le royaume de la danse sociale et de la musique disco. Les visages sont épanouis et tous rayonnent de santé.

Démodés les qi gong, tai-chi, kung-fu et autres? Loin de là! Abonnement dans une salle de gym et participation à des groupes de danse ne sont que des ajouts plus récents à la panoplie de moyens que prennent les Chinois d’aujourd’hui pour protéger leur santé.

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vendredi 8 mai 2009

La signification des pierres
dans l’univers chinois

Tout au long de l’histoire, les pierres ont joué un rôle important pour les Chinois. Et comme l’article nous le présente, ils ont parfois dû remuer Ciel et Terre pour les utiliser à leurs fins…

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Dragon propice, l’une des peintures que l’empereur Huizong des Song a complétées pour son Atlas des pierres du lac Taihu.

L’HISTOIRE de l’humanité a commencé il y a des centaines de milliers d’années, quand nos ancêtres ont appris à façonner des outils à partir des pierres, se distinguant ainsi des autres singes anthropoïdes qui ne se servaient des pierres que pour casser la coquille des noix. En quelque sorte, les pierres ont marqué le début de l’évolution du genre humain. Leur rôle dans cette évolution témoigne également de l’affinité innée du genre humain avec son environnement.

Légendes à propos des pierres

Selon la mythologie chinoise, la déesse Nüwa modela l’homme et la femme à partir de l’argile. Peu de temps après cette création, une gigantesque catastrophe s’abattit sur le genre humain : Gonggong, dieu de l’Eau, combattit Zhurong, dieu du Feu, mais en vain. Pris de colère, Gonggong se frappa la tête contre le mont Buzhou, et une seconde plus tard, le mont explosa, la terre se fissura et le pilier qui se dressait entre elle et le ciel se brisa, faisant s’effondrer la moitié de ce dernier. De plus, ces phénomènes mirent le feu aux forêts et causèrent des crues qui inondèrent la terre. Voyant la ruine de l’environnement de vie de ses fils et de ses filles, Nüwa se montra si préoccupée qu’elle décida, en utilisant des pierres, de boucher le trou qui s’était ouvert dans le ciel. L’humanité fut ainsi sauvée du désastre.

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La « Cime encapuchonnée de nuages », du jardin Liuyuan de Suzhou

L’importance de la pierre dans l’évolution du genre humain est également démontrée ailleurs dans la littérature chinoise. Trois des « quatre plus grands romans classiques » chinois (Le Roman des trois royaumes, Au bord de l’eau, Le Pèlerinage vers l’Ouest et Le Rêve dans le pavillon rouge) s’ouvrent avec une histoire dans laquelle il est question de pierres. Au bord de l’eau, qui raconte les aventures d’un groupe de rebelles, se passe dans le contexte historique de la fin de la dynastie des Song du Nord (960-1127), alors que l’empereur Huizong mobilisa les ressources du pays pour extraire et transporter des roches et des pierres de fantaisie vers la capitale afin d’y construire son jardin impérial. Cette activité rendit la vie des gens du pays si misérable que beaucoup se révoltèrent contre la tyrannie impériale.

Le Pèlerinage vers l’Ouest présente le roi-singe Sun Wukong, conçu et né à partir d’une pierre surnaturelle. À l’origine, le roman Le Rêve dans le pavillon rouge était intitulé L’Histoire de la pierre. Ce dernier s’ouvre par la description de l’origine du protagoniste masculin, Jia Baoyu : une pierre multicolore, que la déesse Nüwa avait laissée derrière elle après avoir réparé le ciel, a acquis un esprit puisqu’elle avait absorbé l’essence du ciel et de la terre pendant des millénaires. Cette pierre s’est alors réincarnée comme être humain et est venue au monde comme petit-fils de la famille aristocratique des Jia. L’enfant est né avec une pièce de jade lumineux dans la bouche, témoignage de son existence antérieure, et c’est pour cette raison qu’il a été nommé Baoyu (Jade précieux).

Dans les temps anciens, les gens ne pouvaient pas distinguer l’émeraude, l’agate, le jade et d’autres pierres précieuses à partir de leur composition chimique, de sorte qu’ils en parlaient en employant le terme général de « pierre ». Pour faire la distinction entre les différentes pierres précieuses et les pierres ordinaires, ils ont appelé les premières « belles pierres », sauf qu’ils donnaient également ce nom aux pierres qui s’étaient formées naturellement et dont les formes bizarres leur procuraient une valeur esthétique.

Quelques amoureux des pierres

Les Chinois, en particulier les intellectuels, ont un amour spécial pour les belles pierres uniques qu’ils considèrent comme des « chefs-d’œuvre de la nature », et ils personnifient souvent leurs caractéristiques en se basant sur un concept philosophique selon lequel existe une « unité entre l’homme et la nature ». Beaucoup de Chinois collectionnent des pierres de valeur esthétique, installent de grosses pierres comme décorations architecturales dans leur jardin et enchâssent des petites pour les placer sur des bureaux et des étagères comme ornement pour leur demeure. Les amoureux des pierres découvrent toujours un lien émotif avec des pierres uniques et perçoivent des attributs personnels aux rochers. Beaucoup d’hommes de lettres célèbres de la Chine antique étaient des amoureux des pierres, dont les poètes Bai Juyi et Du Fu, de la dynastie des Tang (618-907), ainsi que Mi Wanzhong, de la dynastie des Ming (1368-1644).

Mi Wanzhong (1570-1628) était un officiel et un lettré. Il aimait lire et était un esprit universel. Ses peintures et ses calligraphies étaient hautement respectées pour leur élégance et leur bon goût. Il était tellement connu comme amoureux des pierres qu’on l’a surnommé l’« Ami des pierres ». La pierre énorme qui se dresse maintenant sur une base en marbre blanc, dans la cour du palais de la Joie et de la Longévité, au palais d’Été à Beijing, est un témoignage de son obsession pour les pierres.

Pour décorer le jardin de sa maison, alors qu’il demeurait à Beijing (où il occupait un poste qui, aujourd’hui, serait l’équivalent de vice-ministre des Transports), cet homme a parcouru les monts autour de la capitale et a finalement découvert, à Fang-shan, une pierre énorme qui semblait avoir poussé tout droit du sommet d’une colline. Il a grimpé au sommet pour s’incliner devant cette pierre et s’est pâmé d’admiration pour elle. Il a donc décidé de l’installer dans son jardin. Il a dépensé sans retenue pour embaucher des ouvriers qui allaient extraire cette pierre, ouvrir une route de montagne et creuser des puits à intervalles réguliers le long de cette voie. L’hiver venu, il a demandé à ces ouvriers d’arroser la route et a loué des dizaines de chevaux pour traîner la pierre sur cette voie glacée. On dit qu’avant qu’elle n’arrive à Liangxiang, Mi Wanzhong avait dépensé tout son argent et a été forcé de laisser cette énorme pierre où elle était.

Quand l’empereur Qianlong des Qing (1644-1911) s’est arrêté dans cette région, alors qu’il allait rendre hommage à ses ancêtres aux tombeaux impériaux de l’Ouest (situés dans le district de Yixian, Hebei), il a entendu parler de cette pierre et a demandé de la voir. Étant également tombé sous son charme en raison de son caractère unique, il a ordonné qu’elle soit transportée au palais d’été, à Beijing.

L’« empereur des pierres »

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La pierre énorme qui se dresse au palais d’été, à Beijing, est un témoignage de l’obsession de Mi Wanzhong pour les pierres.

Lorsque l’empereur Huizong a accédé au trône, en 1101 (il a gouverné jusqu’en 1127), la dynastie des Song du Nord amorcait déjà son déclin. Malgré cela, ce nouvel empereur se préoccupait peu de l’intérêt national et utilisait son pouvoir pour s’adonner à ses passe-temps personnels. Un exemple frappant concerne son utilisation des ressources pour la construction du jardin impérial Genyue, à Bianliang, capitale des Song (l’actuelle Kaifeng, au Henan).

La construction a commencé en 1117 et a été achevée six ans plus tard. Selon L’Histoire de la dynastie des Song : Annales de la géographie, des plantes et des pierres étranges de diverses parties du pays « ont convergé » dans le jardin. À la différence des jardins précédents qui avaient hérité de la formule traditionnelle d’« un étang et trois rocailles », instaurée pendant les dynasties des Qin (221 – 206 av. J.-C.) et des Han (206 av. J.-C. – 220 apr. J. C.), dans le jardin Genyue, d’une circonférence de trois kilomètres, on trouvait un grand nombre de rocailles énormes. Les deux cimes principales, la plus élevée ayant 150 m, se dressaient respectivement dans le sud et dans le nord et s’étendaient d’est en ouest en deux tronçons qui se refermaient peu à peu à l’extrémité. Au centre, c’était un terrain plat. L’empereur Huizong a décerné différents titres aux pierres qu’il y avait fait apporter et a décerné des ceintures d’or à certaines d’entre elles. Il les a également cartographiées.

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Stèle sans caractères, de Wu Zetian

Bianliang était située près du fleuve Jaune et ne disposait ni de collines ni de pierres naturelles qui auraient pu être employées pour construire un jardin. La région du lac Taihu, dans le Jiangsu, était et est toujours la meilleure région de production de pierres de jardin. L’empereur Huizong a donc établi un bureau spécial à Suzhou, située tout près, et a donné à ce bureau le mandat de rassembler des plantes à fleurs uniques et des pierres. Parallèlement, les fonctionnaires des gouvernements central et local ne ménageaient aucun effort pour que l’empereur puisse s’adonner à son passe-temps. Ils ont utilisé leur pouvoir et mobilisé des ressources militaires et civiles pour extraire et transporter des pierres. Le lac Taihu était situé à quelque 1 000 km de Bianliang, et les pierres offertes en tribut, extraites dans la région, étaient habituellement énormes. Selon les registres, le Bureau de collecte des tributs de Suzhou « a fait l’acquisition d’une pierre énorme au lac Taihu, laquelle dépassait 10 m de largeur et de longueur; elle a été transportée par un gros bateau, tiré par 1 000 personnes et a nécessité qu’on élargisse la voie d’eau, qu’on enlève des ponts, qu’on démolisse des barrages et qu’on démantèle des écluses. Il a fallu plusieurs mois pour que la pierre arrive à destination. »

À l’hiver de 1126, une décennie après l’aménagement du jardin Genyue, les troupes des Jurchen (Jin) l’ont pillé et ont volé des rocailles. Durant le transport, certaines pierres, trop lourdes, ont dû être abandonnées. Les pierres restantes ont finalement été laissées à Yanshan (maintenant Beijing, qui a été la capitale des Jin peu après qu’ils ont eu envahi la région). Aujourd’hui, ces pierres peuvent encore être vues à Beijing, dont au parc Beihai, au Palais impérial, au parc Zhongshan et au palais d’Été.

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Sceau en pierre Tianhuang, de la dynastie des Qing Trois sceaux Tianhuang enchaînés ensemble.

Les jardins de Suzhou ont également quelques pierres du lac Taihu qui, au départ, étaient destinées au jardin Genyue, mais qui n’ont pas pu être transportées. La plus célèbre est la « Cime encapuchonnée de nuages » du jardin Liuyuan (Attardez-vous); elle a 5,6 m de haut.

Témoins de l’histoire

Avec le développement de la gravure, la pierre a été employée couramment en architecture ornementale et dans la construction de tombeaux. Elle est ainsi devenue un témoin fidèle de l’histoire chinoise. La dynastie des Han est exceptionnelle pour ce qui est des tombeaux de grande valeur, et beaucoup de gravures sur pierre de cette dynastie ont été déterrées, dont l’une avec un motif de filage et de tissage. Cette dernière présente de manière vivante l’industrie textile familiale de cette dynastie ainsi que les métiers à tisser à pédale, utilisés il y a 2 000 ans et dont la technologie était très avancée pour l’époque.

Pour les gens d’aujourd’hui, les inscriptions sur stèles de même que les inscriptions rupestres et sur falaises illustrent fidèlement le passé. C’est le mont Taishan (Shandong) qui abrite le plus grand nombre d’inscriptions sur falaises laissées par diverses dynasties. La plus ancienne est un décret impérial écrit par le premier ministre Li Si de la dynastie des Qin. Parfois, même des stèles en pierre qui sont restées vierges parlent d’elles-mêmes, comme celle qui se dresse devant le mausolée de l’impératrice Wu Zetian. La décision de cette impératrice de laisser l’histoire parler d’elle-même, en laissant en blanc la stèle de son tombeau, a permis aux gens d’aujourd’hui de décoder les messages tacites qui sont écrits entre les lignes des registres. Ainsi, ils découvrent d’eux-mêmes le sens de la gouvernance et le charisme de cette femme d’État.

Des pierres d’une valeur inestimable

Certaines pierres sont plus précieuses que l’or, notamment la pierre Tianhuang du Fujian. Durant la dynastie des Qing, le gouverneur du Fujian a offert à l’empereur Qianlong un ensemble de trois sceaux enchaînés ensemble qui avaient été fabriqués à partir d’un seul bloc de pierre Tianhuang. L’empereur a beaucoup apprécié ces sceaux et les a soigneusement conservés en tant que trésor de la famille impériale. À la chute de la dynastie des Qing, le dernier empereur Puyi a cousu les trois sceaux à l’intérieur de sa robe ouatée et a ainsi pu les sortir du palais.

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Pierre ornementale « Sang de poulet »

On dit que cette pierre avait été produite dans le champ d’une ferme de moins d’un kilomètre carré, à Shoushan, au Fujian. Puisqu’elle a une couleur jaunâtre, la pierre a été nommée Tianhuang (champ jaune). Sa texture douce en a fait un matériau de premier choix pour la gravure. Pendant les dynasties des Ming et des Qing, cette pierre était populaire comme tribut impérial et on l’a surnommée « pierre impériale ». On dit que ce champ a produit seulement 100 kg de pierre Tianhuang avant d’être épuisé. Par conséquent, les pierres Tianhuang qui restent aujourd’hui ont une très grande valeur. Pesant 74,4 g, une sculpture d’un animal, exécutée sur une pierre Tianhuang, a été vendue l’an dernier à plus d’un million de yuans, un montant plus élevé que l’or.

La pierre « Sang de poulet » produite à Changhua (au Zhejiang) a une valeur comparable à la pierre Tianhuang, et le mot « fou » est souvent employé pour décrire le prix qu’elle décroche parfois.

En somme, au cours des millénaires, la pierre a toujours accompagné le genre humain dans les hauts et les bas qu’il a vécus.

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